18 Décembre 2018

Burkina Faso: Enseignement - Brouille entre élèves et responsables de l'Ecole des cadres supérieurs en travail social

L'Ecole des Cadres Supérieurs en Travail Social forme les agents concepteurs du ministère de la Femme de la Solidarité nationale et de la Famille. A en croire Ladenté Sansan Hien, le délégué général des élèves, ils vivent des situations «très difficiles» durant leur formation dues à une mauvaise interprétation et une application «inhumaine» de certaines dispositions du règlement intérieur par l'administration de l'INFTS (Institut nationale de formation en travail social).

En espace de deux ans explique Ladenté Sansan Hien, ils ont enregistré deux cas pour lesquels l'administration de l'INFTS décide de sanctionner les élèves en leur faisant reprendre une année scolaire pour des raisons de santé et avec des certificats médicaux établis «en bonne et due forme».

«En fin 2016, un élève inspecteur d'éducation de jeunes enfants a été victime d'un accident de circulation, après son séjour à l'hôpital, il a justifié son absence par des certificats médicaux.

Malgré tout, l'administration n'a trouvé autre chose que de le traduire en conseil de discipline comme si tomber malade ou être victime d'un accident de circulation relevait d'un acte d'indiscipline», a expliqué le délégué général.

En juin 2018, alors que ce dernier s'apprêtait pour sa soutenance, il fut à nouveau victime d'un accident et malgré sa double fracture (jambe et bras), il s'est déplacé en ambulance médicalisée sous civière pour défendre son document. Il a rendu l'âme dix jours après sa soutenance d'après Brahima Soulama, délégué au sport.

Le second cas sur lequel porte la lutte actuelle concerne un élève administrateur des affaires sociales qui a lui aussi été victime d'un accident le 21 avril 2018. A la sortie de l'hôpital, et au moment où il s'apprêtait pour son stage, il est informé qu'il ne peut effectuer le stage.

Les demandes d'audiences pour comprendre les raisons d'une telle décision «injuste et empreint d'un abus de pouvoir» auprès du directeur général de l'INFTS sont restées sans suite d'après le bureau.

C'est constatant le refus du dialogue à ce niveau et une note adressée au ministère de tutelle que le président du conseil d'administration a été saisi le 26 juin 2018.

L'élève en question ayant pu commencer son stage avec un mois de retard à constater le refus de l'administration de prendre en compte certaines de ses notes malgré les copies attestant ses notes dans ces modules.

« Une autre demande d'audience à l'endroit du directeur général est restée sans suite. Nous avons alors décidé de ressaisir le conseil d'administration le 15 octobre 2018 mais depuis lors notre requête n'a pas de suite», ajoute M. Hien.

Par conséquent, les conférenciers exigent, entre autres, une satisfaction des doléances transmises et une prise en compte des notes réelles de leur camarade afin de lui permettre de valider son année. Si rien n'est fait, ils se donneront les moyens nécessaires pour engager toutes actions utiles en vue de trouver des solutions à leurs problèmes a conclu Sansan Hien.

Les explications du DG de l'INFTS

Suite à ces propos, Fasozine a rencontré l'administration de l'INFTS et de l'ECSTS. Léonard Sawadogo explique que les notes de l'élève concerné n'ont pas été prises en compte parce qu'elles ont été obtenues en fraude des principes de l'évaluation.

«L'article 19 du règlement intérieur indique que la participation à un contrôle est subordonnée à la présence effective de l'élève à au moins 80% du volume horaire de ce cours.

A défaut, la note zéro lui est attribuée. Il n'y a pas d'exception. C'est la règle qui prévoit son exception en droit. Ce n'est pas selon les sentiments ou émotions d'un élève qui crée son exception», fait remarquer M. Sawadogo qui à l'occasion, était assisté du directeur de l'ECSTS, Issaka Tapsoba.

Issaka Tapsoba explique d'ailleurs que c'est parce que les devoirs ont été faits en groupe que l'élève en question a eu des notes autre que les zéros attribués par l'administration.

Pour lui, l'élève ne pouvait pas composer si les devoirs étaient faits individuellement en classe. «On ne peut pas permettre à un élève de composer s'il n'a pas suivi les cours», martèle M. Sawadogo.

Du reste, il révèle que par soucis d'allègement, l'administration et l'élève en question avait déjà trouvé un consensus pour qu'il reprenne les huit cours non suivis. Il ne comprend pas pourquoi les élèves exigent alors que leur camarade soit intégré au mépris des textes en la matière.

Pour ce qui est de la révision du règlement intérieur exigé par les élèves, M. Sawadogo estime qu'on ne modifie par des textes juridiques en fonction de situations particulières.

Il fait d'ailleurs remarquer ledit règlement intérieur a été rédigé par consensus et amendé par le ministère de tutelle en mars 2018 seulement. Toutefois, le DG de l'INFTS dit être ouvert au dialogue si et seulement les «frondeurs» s'en tiennent aux textes règlementaires.

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