19 Décembre 2018

Madagascar: Présidentielle - Peu d'affluence à l'ouverture des bureaux de vote

Photo: L'Express Mada
Les candidats Andry Rajoelina (à dr) et Marc Ravalomanana

Un peu moins de 10 millions d'électeurs sont appelés à élire leur président à Madagascar pour le deuxième tour de l'élection présidentielle. Il s'agit de départager les deux finalistes, deux ex-présidents, Andry Rajoelina et Marc Ravalomanana. Et à l'ouverture du scrutin, les électeurs ne se pressaient pas dans les bureaux de vote.

Les bureaux de vote ont ouvert à l'heure prévue mais les électeurs ne se pressent pas dans les bureaux de vote, rapportent nos envoyée spéciale et correspondante.

Journée de vote fériée

A Antananarivo, ce centre de vote -un lycée- d'une quinzaine de bureaux est très calme et certaines salles sont quasiment vides. A l'ouverture du scrutin, alors que les rues grouillaient de monde, il y avait plus d'observateurs que d'électeurs dans les bureaux de vote. Où sont les gens ? s'interrogeait une observatrice d'une organisation locale, c'est inquiétant. Il faut dire que la campagne n'a pas été vraiment motivante, nous disait encore une électrice: les deux candidats n'ont pas arrêté de se chamailler.

Le gouvernement a décrété cette journée fériée pour inciter les gens à se déplacer dans les bureaux de vote. Mais à Tulear, la grande ville du sud de la Grande île, il n'y a pas non plus foule dans les bureaux de vote, rapporte notre envoyée spéciale. Il faut préciser cependant que le travail informel prédomine dans cette ville: pas de congé donc pour la majorité des Tuléariens.

Le taux de participation va être déterminant ce mercredi. Rappelons qu'au premier tour, le 7 novembre dernier, 45 % des électeurs ne sont pas venus voter. Ces dernières semaines, les candidats ont sillonné le pays pour tenter de convaincre les indécis, les abstentionnistes, car les deux candidats Marc Ravalomanana et Andry Rajoelina sont au coude à coude.

«Ce peuple a manqué de dirigeants honnêtes, patriotes et humanistes»

On verra si ces deux hommes, les deux protagonistes de la crise de 2009, ont réussi à convaincre les électeurs qu'ils ont changé et peuvent aider au développement du pays. Un pays où 90 % de la population vit sous le seuil de pauvreté et où les trois quarts de la population vivent avec moins de deux euros par jour (selon la Banque mondiale). Une pauvreté qualifiée de « honte » par le père Pedro.

« Les politiciens à Madagascar ne se sont jamais impliqués à combattre la pauvreté réellement dans la vie quotidienne. Ils ne se sont jamais vraiment occupés du social, insiste le père qui est à la tête d'une communauté de plus de plus de 25 000 désœuvrés à l'extérieur d'Antananarivo. Le peuple, il se meurt et avant de mourir il éclate. Il veut dire: mais nous sommes aussi les citoyens de ce grand pays qui est Madagascar, s'insurger contre cette indifférence des politiciens qui promettent et qui ne font pas. Alors celui qui va gagner maintenant, il est obligé de faire quelque chose, sinon ici ça va éclater plus fort encore ».

« Les gens sont à bout du souffle, la misère à Madagascar est insoutenable et inacceptable, c'est une honte, ce n'est pas possible. Pourquoi on les fait souffrir ? Ce peuple a manqué de dirigeants honnêtes, patriotes et humanistes. Celui qui va être choisi, je pense qu'il est conscient qu'il faut faire quelque chose. J'espère parce que sinon pourquoi on fait des élections ? »

Il y a un certain désenchantement des Malgaches qui pensent que cette élection ne va pas changer grand-chose à leur quotidien. « Je n'en attends rien, nous disait une électrice, mais c'est un devoir de voter, c'est pour ça que je suis là. »

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