18 Décembre 2018

Congo-Kinshasa: Des dizaines de morts dans des violences intercommunautaires dans l'Ouest

Photo: Radio Okapi /Ph. Neuilly Kabena
Un milicien manipulant son arme dans une brousse (archive)

Des affrontements entre les ethnies banunu et batende ont fait plusieurs dizaines de morts dans la province de Maï-Ndombe. Un contingent de trente militaires est arrivé sur place ce mardi 18 décembre pour rétablir l'ordre.

Les affrontements entre Banunus et Batendes ont fait plus de 150 morts, dont l'administrateur du territoire et deux militaires de la force navale, selon différentes sources sur place. Le bilan fait également état de nombreux blessés graves. Des centaines d'habitants ont fui dans la forêt, d'autres ont tout simplement traversé le fleuve pour se réfugier au Congo-Brazzaville.

Le Père Jean-Pierre, curé de la localité de Yumbi raconte :

Il n'y a plus d'affrontements mais il y a toujours cette insécurité. Les gens ne savent pas si l'autre tribu pourrait revenir pendant la nuit ou demain pour les attaquer.

Le conflit entre les deux communautés a resurgi dans le contexte des obsèques la semaine dernière du chef coutumier banunu, Mantoma Bompinda Fedor, décédé à Kinshasa et dont le corps a été rapatrié pour être inhumé à Yumbi.

Et, selon la coutume, la mise en terre de la dépouille du chef coutumier est intervenue la nuit le 14 décembre dans la concession familiale. Là même où reposent depuis 2005 les restes de son prédécesseur et père Bompinda Ntambu. Un acte provocateur, selon la communauté rivale, les Batendes qui se revendiquent propriétaires des terres de Yumbi.

« Cette communauté a alors décidé d'entreprendre une action punitive pour laver l'affront », explique le gouverneur de la province de Maï-Ndombe. Gentiny Ngobila déclare avoir lui-même interdit l'inhumation du chef dans la concession, conseillant plutôt de le faire dans un cimetière. Il explique :

C'est une guerre ethnique qui a fait beaucoup de morts, des maisons ont été brûlées, et nous condamnons avec la plus grande énergie ces comportements barbares.

Selon la communauté banunue, les Batendes, qui les ont attaqués, utilisent des armes de guerre. Les Banunus accusent aussi leurs agresseurs de bénéficier de l'appui des militaires actifs, assurant même en avoir capturé trois.

A quelques jours des élections générales prévues dimanche 23 décembre, la situation sécuritaire est très préoccupante dans le territoire de Yumbi comme dans d'autres endroits du pays.

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