19 Décembre 2018

Ile Maurice: Rodrigues - Roussety demande que les éleveurs de bétail soient indemnisés

«L'élevage à Rodrigues est à genoux.» Propos de Johnson Roussety, leader du Front patriotique rodriguais écologique (FPRe) lors d'une conférence de presse à Port-Mathurin, le 18 décembre. Il estime que la levée de l'embargo sur l'exportation des animaux vers Maurice ne résoudra pas tous les problèmes auxquels font face les éleveurs.

Cette année, constate Johnson Roussety, a été catastrophique pour les éleveurs. La majorité n'a pu exporter d'animaux. «La commission de l'agriculture a complètement failli sur ce dossier et nous dénonçons son incapacité à aider les éleveurs.» Résultat, fait-il valoir, «aujourd'hui, il a un surnombre d'animaux dans l'île mais ceux-ci ne peuvent pas encore être exportés».

«La commission de l'agriculture a complètement failli sur ce dossier et nous dénonçons son incapacité à aider les éleveurs.»

Or, poursuit le leader du FPRe, «beaucoup d'éleveurs n'ont pour seule source de revenu que le produit de leurs fermes. Ils font face à beaucoup de dépenses avec l'approche de la rentrée scolaire». Raison pour laquelle il demande aux autorités régionales d'étudier la possibilité d'indemniser, à titre spécial en cette fin d'année, les éleveurs qui n'ont pas pu vendre leurs animaux.

Au dire de l'ancien chef commissaire, la commission de l'agriculture et le service vétérinaire n'ont pas su gérer et contenir l'épizootie de fièvre aphteuse. Ce qui a résulté en un embargo. «Il y a un surnombre d'animaux, mais paradoxalement, il y a une pénurie aiguë de porc.»

Johnson Roussety se pose des questions sur le Breeding Centre, à Baie-Topaze, pour la production de porcelet. «Il n'existe aucune politique pour augmenter la production de porc», déplore-t-il. La solution, selon lui, serait d'identifier des zones spécifiques pour l'élevage de porc, comme cela se pratique à Maurice, tout en offrant des plans d'aide afin de relancer l'élevage.

«Le FPRe est un parti d'avenir qui a sa place sur échiquier politique. Nous nous préparons pour les prochaines élections générales.»

Évoquant la production du poulet local, il soutient qu'il y a également un manque d'acheteurs. «Éna bann ti-dimounn ki ti abitié nouri zot poul ek vann avek bann asterr pou gagn en ti-larzan mé péna débousé.» Et même les éleveurs de cabris et de moutons n'arrivent pas à écouler leurs produits, remarque Johnson Roussety. «Rodrigues a été victime de l'embargo pendant plus de deux ans et les autorités agissent de manière irresponsable.»

Poursuivant sur la même lignée, le leader du FPRe avance qu'il y a un problème concernant le marquage (tagging) des bêtes. «Les animaux ne peuvent pas être vendus s'ils ne sont pas tagués. Des éleveurs témoignent qu'ils ont fait la demande auprès de la commission de l'agriculture mais ils attendent depuis six mois. En ce moment il y a un surplus d'animaux sur le marché, les acheteurs vont donc baisser leur prix, au détriment des éleveurs.»

Il parle de perte d'argent considérable, estimant que c'est contre l'intérêt des éleveurs. «C'est une faillite de l'élevage à Rodrigues et les conséquences sont graves car beaucoup de familles en dépendent.»

Par ailleurs, Johnson Roussety dit constater beaucoup de découragement au sein de la population. Il estime que l'avènement des médias sociaux a éveillé une prise de conscience politique des jeunes. Pour lui, il est clair que les discours politiques sont en déphasage avec les attentes de la population. «Le FPRe est un parti d'avenir qui a sa place sur échiquier politique. Nous nous préparons pour les prochaines élections générales.»

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