19 Décembre 2018

Burkina Faso: Putsch de 2015 - L'ex-chef de la diplomatie Djibrill Bassolé à la barre

Photo: L'Observateur Paalga
Le général Djibrill Bassolé

Après le général Gilbert Dienderé, c'est au tour du général Djibrill Bassolé, l'un des cerveaux présumés du putsch avorté de 2015 d'être entendu devant le tribunal depuis mercredi.

Assis sur une chaise à la demande de ses avocats, le général Djbrill Bassolé était tout de blanc vêtu. Poursuivi pour complicité d'attentat à la sûreté de l'Etat, meurtres, coups et blessures et trahison, l'ex-chef de la diplomatie burkinabè a rejeté toutes les charges et plaidé « non coupable ».

Avant même que le président du tribunal ne lui demande de donner sa version des faits, l'un de ses avocats prend la parole et sollicite une suspension. Les conseils de Djibrill Bassolé ont déposé une plainte pour faux au tribunal de grande instance de Ouagadougou contre les rapports d'expertise téléphonique.

Selon Maître Dieudonné Bonkoungou, l'un des avocats de Djbrill Bassolé, le rapport d'expertise versé dans le dossier aurait subi des modifications après sa première présentation aux différentes parties et la signature de l'expert changent d'un document à l'autre.

« Ce qui est curieux, c'est que la prestation de serment qui est intervenue bien après et qui devrait au moins comporter la même signature que celle apposée dans le dernier rapport est différente. Nous avons compris qu'à un moment, l'expert a dû reprendre son rapport pour purger les vices, pour le rendre valable, estime-t-il. Or, ce n'est pas possible. »

Le parquet militaire accuse les avocats de Djibrill Bassolé de vouloir empêcher l'interrogatoire de leur client. Une accusation soutenue par les avocats des victimes. « Pourquoi à quelques jours de la comparution de leur client attaquent-ils les rapports devant la justice ? », dénonce Maître Prosper Farama.

Pour les deux parties, le rapport d'expertise figurant dans le dossier n'a subi aucune modification ou manipulation.

« Toutes les irrégularités concernant ce rapport d'expertise ont été soulevées par la défense de Djibrill Bassolé, tranché par les juges au niveau de la chambre de contrôle, donc en réalité ce rapport d'expertise est aujourd'hui, juridiquement, gravé dans le marbre. Il est irréversible », insiste Maître Guy Hervé Kam, l'un des avocats des victimes.

Après des heures de débat, le général Djibrill Bassolé prend alors la parole et demande à être interrogé sur le fond du dossier. « J'aimerais qu'on commence mon interrogatoire, quitte à revenir plus tard sur le débat concernant les pièces incriminées », déclare-t-il.

Malgré ce souhait exprimé par le général Djbrill Bassolé, le président du tribunal décide de poursuivre les échanges autour des préoccupations de ses avocats.

Burkina Faso

Radicalisation - Eviter à tout prix que les jeunes se lancent dans la gueule du loup

Les faits sont établis et constants. De plus en plus de jeunes Burkinabè rejoignent les groupes… Plus »

Ne ratez pas ce que tout le monde regarde

Plus de: RFI

à lire

AllAfrica publie environ 700 articles par jour provenant de plus de 140 organes de presse et plus de 500 autres institutions et particuliers, représentant une diversité de positions sur tous les sujets. Nous publions aussi bien les informations et opinions de l'opposition que celles du gouvernement et leurs porte-paroles. Les pourvoyeurs d'informations, identifiés sur chaque article, gardent l'entière responsabilité éditoriale de leur production. En effet AllAfrica n'a pas le droit de modifier ou de corriger leurs contenus.

Les articles et documents identifiant AllAfrica comme source sont produits ou commandés par AllAfrica. Pour tous vos commentaires ou questions, contactez-nous ici.