Djibouti: Les services du FMI concluent leur mission de consultation au titre de l'article IV de 2018 à Djibouti

document

Les communiqués de presse publiés en fin de mission par les services du FMI incluent des déclarations qui expriment leurs observations préliminaires au terme d'une mission dans un pays. Les opinions exprimées dans ces conclusions sont celles des services du FMI et ne sont pas nécessairement celles du Conseil d'administration. Sur la base des observations préliminaires de cette mission, les services du FMI établiront un rapport qui, sous réserve de l'approbation de la direction, sera soumis à l'examen et à la décision du Conseil d'administration du FMI.

Une équipe du Fonds monétaire international (FMI) dirigée par Stéphane Roudet s'est rendue à Djibouti du 4 au 17 décembre pour des discussions dans le cadre de la consultation au titre de l'Article IV. A la fin de la visite, M. Roudet a fait la déclaration suivante :

« La stratégie d'investissement dans les infrastructures, qui vise à transformer l'économie djiboutienne et positionner le pays en tant que pôle logistique et commercial pour la sous-région, offre de grandes opportunités de croissance économique et de développement. Pour autant, le financement de cette stratégie à travers l'accumulation de dette a abouti à une situation de surendettement qui présente des risques considérables. En effet, la dette publique et garantie par l'État devrait se situer autour de 104 pour cent du PIB à fin 2018. De plus, en dépit d'une croissance soutenue ces dernières années, le taux de chômage reste élevé.

« Les autorités djiboutiennes ont commencé à mettre en œuvre des réformes pour gérer les risques intrinsèques à leur stratégie de développement et maintenir une croissance forte. Ces réformes devraient être approfondies et accélérées afin d'assurer la viabilité de la dette publique et de permettre la transition vers une croissance plus inclusive et durable, tirée par l'investissement et le développement du secteur privé, génératrice d'emplois et réduisant la pauvreté.

« La croissance économique ralentit-de près de 9,5 pour cent en moyenne au cours de la période 2014-16 à environ 6,5 pour cent cette année, du fait de la diminution sensible des investissements publics dans les infrastructures. Cependant, elle devrait rester robuste à moyen terme, de l'ordre de 6 pour cent, tirée par une croissance soutenue des exportations et de l'investissement privé, si toutefois les réformes structurelles continuent à avancer.

« Pour assurer la viabilité de la dette, il est important que les réformes permettent de garantir la rentabilité économique et sociale des nombreux projets mis en œuvre. Il convient par ailleurs de générer des excédents primaires du secteur public suffisants pour réduire la dette publique. Tout cela nécessite la mise en œuvre de réformes des entreprises publiques, de la gestion des finances et de la dette publiques, de la fiscalité, ainsi que du climat des affaires et des politiques de développement humain.

« Générer davantage de ressources pour l'État en réformant les entreprises publiques, en réduisant les dépenses fiscales, et en améliorant l'efficience des dépenses permettrait non seulement d'assoir une amélioration de la viabilité de la dette, mais également de créer l'espace nécessaire aux dépenses prioritaires pour réduire la pauvreté.

« Des progrès importants ont été réalisés ces dernières années pour améliorer l'environnement des affaires. Les autorités sont encouragées à poursuivre les efforts dans ce domaine ainsi qu'à favoriser davantage la concurrence dans l'économie. Des réformes ambitieuses dans le secteur des télécommunications et de l'électricité sont indispensables pour réduire les prix et améliorer la qualité des services. Il est également important de poursuivre les efforts pour accroître le rendement de l'éducation et la productivité du travail. Ces réformes sont nécessaires pour stimuler l'investissement et la compétitivité du secteur privé. Enfin, les efforts en cours pour renforcer la supervision bancaire et l'inclusion financière sont importants pour solidifier la stabilité financière et la croissance et réduire la pauvreté.

«Renforcer la gouvernance est également nécessaire pour encourager la stabilité macro-financière et la croissance inclusive. Il s'agit notamment d'encourager la mise en œuvre des cadres juridiques et institutionnels visant à améliorer la gestion des finances publiques et la gouvernance des entreprises publiques, la prévention et la lutte contre la corruption et le blanchiment de capitaux.

L'équipe du FMI remercie vivement les autorités djiboutiennes pour leur hospitalité, leur excellente collaboration, et la grande qualité du dialogue. »

Ne ratez pas ce que tout le monde regarde

A La Une: Djibouti

Plus de: IMF

à lire

AllAfrica publie environ 600 articles par jour provenant de plus de 150 organes de presse et plus de 500 autres institutions et particuliers, représentant une diversité de positions sur tous les sujets. Nous publions aussi bien les informations et opinions de l'opposition que celles du gouvernement et leurs porte-paroles. Les pourvoyeurs d'informations, identifiés sur chaque article, gardent l'entière responsabilité éditoriale de leur production. En effet AllAfrica n'a pas le droit de modifier ou de corriger leurs contenus.

Les articles et documents identifiant AllAfrica comme source sont produits ou commandés par AllAfrica. Pour tous vos commentaires ou questions, contactez-nous ici.