27 Décembre 2018

Tunisie: Vers une année blanche

Les mêmes revendications

On note un important volet qui a trait à la revalorisation des primes. A ce sujet, le syndicat exige le doublement de trois primes : la prime spécifique, la prime de rentrée scolaire et la prime des examens nationaux (correction des copies et surveillance). La question de la retraite anticipée à l'âge de 57 après 32 ans de service est toujours à la une des revendications. Ceci, sans parler de la révision du montant des promotions.

Les directeurs et les censeurs doivent, eux aussi, recevoir des primes de fonction en raison des responsabilités qui leur échoient. Il y a, aussi, d'autres revendications que le syndicat a choisi de mettre en exergue (avant les demandes matérielles). Il s'agit, à titre d'exemple, de l'augmentation des budgets réservés aux institutions éducatives, de la nécessité de revenir au processus de réforme du système éducatif ainsi que la pénalisation des agressions commises contre le corps enseignant.

Ce que l'on retient, par ailleurs, de la motion publiée par la Commission administrative sectorielle, c'est que les participants persistent et signent pour aller de l'avant dans l'escalade. Bien sûr, pour eux, le responsable de cette impasse n'est autre que le ministère ou le gouvernement. Comme l'ont souligné tous les responsables syndicaux, il n'y a pas de lignes rouges. Pour en convaincre tout le monde, ils annoncent clairement le programme des jours à venir.

D'abord, il n'y aura pas d'examens pour le deuxième trimestre. Tous les enseignants sont appelés, en outre, à participer à la grève générale prévue dans la Fonction publique le 17 janvier 2019. Au niveau des régions, les responsables du syndicat vont organiser des rassemblements de protestation. Ces mouvements se dérouleront les 9 et 23 janvier 2019. Le 6 février aura lieu une autre «journée de colère» devant le siège du ministère de l'Education à partir de 11h00.

Devant ces décisions qui sont sans appel, le simple citoyen ne peut que se rendre à la seule évidence, à savoir que l'on se dirige, bel et bien, vers une année blanche. Car les discours, de part et d'autre, n'ont pas changé. Chaque partie demande des «négociations sérieuses» et de «véritables propositions». Entretemps, l'avenir d'un million d'élèves est livré à l'inconnu.

Il est vrai que les déclarations «rassurantes» abondent du côté syndical. Les cours devraient reprendre «normalement» dès le 2 janvier tant qu'il «n'y aura pas de provocation» du côté de l'administration. Autrement dit, même les cours ne seraient plus garantis puisqu'ils ne tiendraient qu'à un fil. Le moral des élèves n'en sera qu'au plus bas et le climat général ne sera, nullement, propice à un apprentissage serein. La démotivation des élèves sera totale car pour eux il n'y a pas d'enjeu. A quoi bon travailler puisqu'au bout du chemin ils ne seront pas évalués et ne sauront pas le résultat de leurs efforts.

Déjà, le ministre de l'Education, lui-même, a qualifié le premier trimestre de «trimestre blanc».

Faut-il s'attendre à un deuxième et à un troisième trimestre blancs ? C'est fort probable au vu de ce qui se prépare. Non seulement au niveau de l'enseignement (du primaire au supérieur) mais, également aux niveaux politiques et socioéconomiques. La conjoncture actuelle est explosive et elle n'augure rien de bon.

De ce fait, nos élèves peuvent, déjà, s'inquiéter, sérieusement, sur le sort qui va leur être réservé au cours des prochains mois. Ils peuvent, dès à présent, s'interroger sur le calendrier du contrôle continu. Va-t-il être appliqué en partie, du moins pour ce qui est des devoirs de contrôle ou aucune évaluation ne sera effectuée ?

La radicalisation de la partie syndicale irait dans le sens du boycott total. En d'autres termes, le calendrier officiel du contrôle continu élaboré conjointement par le ministère et la partie syndicale sera mis de côté. On sait que ce calendrier prévoit une période allant du 2 janvier au 16 février pour les devoirs de contrôle. Une autre pour la semaine ouverte allant du 25 février au 2 mars et une troisième période qui sera consacrée aux devoirs de synthèse dans le cadre de la semaine bloquée. Elle est programmée du 4 au 9 mars.

Toute cette programmation devrait tomber à l'eau.

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