Congo-Kinshasa: Appel à une journée morte contre le report partiel des élections

Photo: Radio Okapi/Axel Gontcho
Vue de l'avenue de la Libération (ex-24 Novembre) à la hauteur de l'Académie des beaux Arts
27 Décembre 2018

Avis de tempête sur le Congo

Il en faut plus pour faire reculer Kabila. C'est le moins que l'on puisse dire depuis l'annonce par la Commission électorale indépendante (CENI) du report partiel, en mars 2019, des élections générales dans trois régions que sont Beni et Butembo dans l'Est et Yumbi dans l'Ouest, réputées être des fiefs électoraux du candidat de Lamuka, Martin Fayulu, pour ne pas le nommer. En réaction à cette décision qui traduit, une fois de plus, la mauvaise foi du président Joseph Kabila de quitter le pouvoir, qui joue des coudes pour que triomphe son dauphin, Emmanuel Ramazami Shadary, ont éclaté des manifestations spontanées un peu partout à travers la RDC, ce pays-contient constamment en proie à la violence.

Des échauffourées qui ont opposé manifestants et forces de l'ordre, certaines sources indiquent qu'au moins six personnes ont été arrêtées. C'est dans ce contexte pour le moins tendu que le candidat de Lamuka, Martin Fayulu, protestant contre le report en fin mars des élections générales pour 1,2 million d'inscrits sur un total de 40 millions dans trois régions touchées par des troubles et Ebola, appelle à une journée ville morte, ce jour 28 décembre 2018, sur toute l'étendue du territoire national.

Il faut craindre un report des élections générales aux calendes congolaises

Quand on sait qu'en RDC, la moindre manif peut dégénérer en un bain de sang, on ne peut que croiser les doigts de peur qu'il ne pleuve sur Kinshasa. En fait, on ne le sait que trop bien bien ; conscient que les populations de Beni-Butembo et Yumbi, abandonnées à elles-mêmes, ne feront pas de quartier à son poulain Shadary dans les urnes, Kabila use de stratagèmes pour leur denier le droit de vote.

Assurément, il en faudra plus pour faire reculer ce jeune timonier, tant il semble avoir bien préparé son plan. Et à l'allure où vont les choses, il faut craindre, face à la tension qui va crescendo, un report des élections générales aux calendes... congolaises. C'est pourquoi l'opposition doit savoir raison garder pour ne pas jouer le jeu de Kabila. Car ce dernier, en vérité, joue la carte du pourrissement et ne ratera pas la moindre occasion, face au chaos général qui se dessine, de se braquer au grand dam de la communauté internationale.

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