Congo-Kinshasa: À la barre

Photo: Radio Okapi/Axel Gontcho
Vue de l'avenue de la Libération (ex-24 Novembre) à la hauteur de l'Académie des beaux Arts
28 Décembre 2018

À trois jours des élections présidentielle, législatives et provinciales en République démocratique du Congo, les doutes persistent encore sur la matérialisation des scrutins. La Céni, à travers son président qui s'était montré très optimiste sur la tenue de ce triple scrutin le 23 décembre, manque à l'heure actuelle des arguments pour justifier toutes les équations auxquelles elle est confrontée.

Machines à voter incendiées, quelques territoires (Beni, Beni-ville, Butembo et Yumbi) écartés du scrutin du 30 décembre... L'opinion congolaise s'interroge sur le pourquoi de tous ces désagréments. Alors que le président de la Céni donnait, il y a peu, toutes les assurances sur la bonne tenue des élections à la bonne date. Là où tout le monde voyait le noir, lui voyait le blanc. Que s'est-il donc passé pour que Nangaa face un tel revirement spectaculaire ?

Pourtant, le processus électoral de la RDC était biaisé dès le départ. Toutes les critiques et propositions faites à Nangaa par la communauté internationale et l'opposition politique congolaise étaient justement dans l'objectif d'arranger les choses en amont pour éviter une crise post-électorale. Mais la Céni avait choisi la voie de l'arrogance.

Face à toutes ces atrocités, une seule personne doit répondre à la barre. Il s'agit bel et bien de la Ceni, à travers son président Corneille Nangaa. Il doit des explications cohérentes aux Congolais qui n'attendent que les élections ce dimanche 30 décembre sur l'ensemble du territoire national, conformément à la loi électorale.

La Céni évoque l'insécurité à Yumbi et le virus Ebola à Beni, Beni-ville et Butembo ! Certes, c'est juste une carte politicienne qui exclut 1. 256 177 d'électeurs de leur droit de vote. Curieusement, l'on constate que ces territoires exclus du processus sont restés longtemps le théâtre des affrontements militaires et ont enregistré des tueries en masse depuis que le président Kabila est au pouvoir. 80% des populations de ce coin exigent le changement avec le candidat Martin Fayulu Madidi.

Les interrogations ne cessent de tomber. Ce dimanche 30 décembre, les Congolais iront effectivement voter ? Tout le monde est en état d'éveil.

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