27 Décembre 2018

Burkina Faso: Réalisations du PNDES - Le ministère de la Santé ausculte ses chantiers

Dans le but de donner un peu de visibilité aux infrastructures sanitaires réalisées dans le cadre du Plan national de développement économique et social (PNDES), le ministère de la Santé a organisé une sortie de terrain dans plusieurs localités. C'était du 18 au 22 décembre 2018.

Il était 9 heures environ lorsque le minibus qui avait à son bord une vingtaine de journalistes s'est immobilisé devant le bâtiment administratif du CHU de Tengandogo. Lentement mais sûrement, nous avons arpenté les couloirs fortement imprégnés de cette odeur typique des hôpitaux. Difficile de ne pas remarquer le silence glacial qui y régnait. Notre guide nous conduit devant une porte vitrée à travers laquelle on pouvait apercevoir des patients couchés sur des lits et plein d'appareils installés autour. « La santé, il n'y a rien de tel », « Que Dieu nous en préserve », pouvions nous entendre çà et là. Tout de suite, on nous fait savoir qu'il est impossible d'avoir accès au service d'hémodialyse sans prendre au préalable quelques précautions. Les uns et les autres vont ainsi recevoir des cache-nez et des chapeaux pour couvrir les cheveux et les chaussures. On pouvait dès lors aller à la découverte de cette partie de l'hôpital inaugurée il n'y a pas si longtemps. (lire encadré)

« Des automates rapides et fiables »

Au CHU de Bogodogo, nous sommes allés directement au niveau du laboratoire dirigé par le Dr Absatou Ky/Ba. Après avoir demandé quelques minutes pour enfiler rapidement sa blouse blanche, la maîtresse des lieux nous a gentiment invités à la suivre. D'une salle à l'autre, elle prenait le soin de nous expliquer à quoi servent les automates que le gouvernement a mis à leur disposition grâce au partenariat signé en 2017 avec la société japonaise Sysmex, convention qui a d'ailleurs permis d'équiper plusieurs CHU, CHR, CMA et hôpitaux de district avec au total 112 appareils. « Nous fonctionnons 24h/24 », nous a-t-elle affirmé. Selon ses dires, les examens les plus demandés sont l'hématologie (numération formule sanguine), la biochimie, la glycémie, la créatinine, l'hologramme sanguin, etc. A la question de savoir s'il leur arrive d'envoyer des prélèvements à l'étranger pour des tests complémentaires, le Dr Ky, sans sourciller, nous a assuré que non. Louant par la même occasion la particularité de ces équipements, elle a déclaré qu'en plus d'être rapides, ils donnent des résultats fiables.

Au niveau de la réanimation qui fonctionne depuis mai 2017, nous n'avons pas eu grand-chose à nous mettre sous la dent. Explications : un protocole strict en termes d'hygiène (pas de tenue et chaussure de ville, pas de contacts avec le patient et les visites par jour sont limitées pour la famille) a été établi à cause des germes qui sont très résistants aux antibiotiques. En effet, selon les précisions de Salifou Napon, médecin anesthésiste réanimateur, cette section accueille les cas les plus graves de l'établissement, notamment ceux qui souffrent de plusieurs pathologies. « La plupart des patients viennent de la maternité. Pour le moment nous ne pouvons pas en prendre beaucoup car nous n'avons que six lits et six médecins spécialistes. Ce serait bien si on pouvait avoir une nouvelle infrastructure... », a-t-il émis comme vœu. Espérons qu'il sera entendu par le père Noël.

C'est vers 14 heures que nous avons pris la direction de la ville de Sya où nous arriverons à la nuit tombée. Sans perdre une minute, nous reprenons des forces dans un restaurant de la place avant de nous faire conduire à l'hôtel. Comme vous devez certainement vous en douter, nous nous endormirons sans peine, après une douche bien chaude.

Vendredi 21 décembre 2018 : un rapide coup d'œil sur notre téléphone nous apprend qu'il est 10 heures. Déjà ! A l'hôpital Sourou Sanou de Bobo, nous sommes face à Brahima Sanon qui vient justement d'être investi directeur général par intérim de la formation sanitaire. Après quelques civilités, nous sommes guidés vers le tout premier service d'hémodialyse de la ville. (Lire également encadré)

« Les marchés ont été lancés pour la troisième tranche du CHRU de Dédougou »

A Dédougou où nous nous sommes rendus le lendemain, nous avons fait la connaissance d'Aboubacar Sanou, coordonnateur du Projet de construction et d'équipement de 3 CHR (PCE 3CHR) lancé en 2014. Au début, le gouvernement voulait réaliser des Centres hospitaliers régionaux à Dédougou, Fada N'Gourma et Gaoua. Par la suite, la vision de l'Etat a évolué, passant de CHR à CHRU. « Actuellement nous sommes à 35 milliards par hôpital et c'est principalement financé par le budget de l'Etat. Pour le moment, les travaux se déroulent à Dédougou », a indiqué notre interlocuteur. Parlant du retard constaté, il dira que c'est en 2017 qu'ils ont pris les rênes, ajoutant qu'une première société a vu son contrat résilié car elle n'arrivait pas à assurer normalement le travail.

« Depuis le chantier a beaucoup avancé. Par exemple la maternité a été totalement achevée et réceptionnée ». En parcourant un peu le bâtiment, l'on a pu se rendre compte qu'elle compte trois blocs opératoires et huit boxes d'accouchement, séparés les unes des autres. « Elle a été construite selon les normes internationales. Nous espérons ouvrir la section mère-enfant en 2019 », a indiqué Aboubacar Sanou. De ce que nous avons pu comprendre, les marchés ont été lancés pour la dernière tranche qui va comprendre la cardiologie, les urgences, la banque de sang et les blocs opératoires. L'hôpital sera constitué de 64 ouvrages construits sur 25 hectares et la fin des travaux est prévue pour 2020 2021. Il semble que le ministère est en train de chercher des partenaires pour financer les CHR de Fada et de Gaoua.

La dernière étape de la tournée a été marquée par un retour à Tengandogo, plus précisément au Centre de cancérologie en cours de réalisation. En descendant du véhicule, les jambes un peu engourdies, nous tombons sur le bruit des marteaux qui cognent et le vrombissement des machines. Dans l'air, la poussière reste suspendue et partout hommes et femmes travaillent durement, munis d'une protection de la tête aux pieds. Nos hôtes nous proposent des casques avant de nous permettre de nous faufiler à travers les pièces déjà construites. « Ici c'est l'accueil, là le secrétariat, voici les salles de consultation... », nous précise-t-on au fur et à mesure.

En pénétrant dans l'un des bunkers (qui sont au nombre de trois) dont l'épaisseur se situe entre 2 et 3,6 mètres, nous perdons le réseau de téléphonie mobile. En nous indiquant le cercle où sera installée l'accélération linéaire, l'appareil sur lequel sera installée la table du patient qui va pivoter autour de ladite machine pour administrer les soins, Bienvenu Tamini, ingénieur d'application, a expliqué qu'aucun rayon de soleil ne peut pénétrer dans cette partie de l'hôpital. Nous avons également pu voir la zone qui va permettre aux physiciens nucléaires de faire des simulations pour calculer, à l'aide de machines sophistiquées, la dose de traitement qu'il faut aux malades.

Selon Benjamin Bamogo, coordonnateur du projet de construction et d'équipement, ce centre de cancérologie est composé de deux phases dont la première comprend les unités de radiothérapie et de médecine nucléaire. La deuxième compte la médecine nucléaire, la chirurgie thérapie, l'oncologie médicale et les services de diagnostic. Cette infrastructure va permettre de diagnostiquer le cancer et de le traiter. Il y aura aussi les missions de recherches et d'enseignement d'autant plus qu'elle va être un institut national de cancérologie. Lancé en avril 2017 pour 17 mois, le taux d'exécution est à 57%. Prévu pour être construit en R+1, le centre couvrira une superficie de 10 ha. La première phase (médecine nucléaire et radio thérapie) doit être livrée d'ici fin mai 2019. Le montant global du projet est de 30 milliards 800 millions et est financé par le budget de l'Etat.

«Le Centre de médecine traditionnelle à Tengandogo est fin prêt»

«Dans le cadre du PNDES, trois autres chantiers sont en cours à Tengandogo » : il s'agit du Centre de soins spécialisé de haut niveau en neurochirurgie de Ouagadougou, structure qui va s'occuper des traumatismes crâniens et des problèmes de nerfs nécessitant des interventions chirurgicales. Il y a aussi le Programme de renforcement des capacités en médecine physique et de réadaptation qui est exécuté par le ministère de la Santé en partenariat avec l'Association pour la promotion de l'éducation et la formation à l'étranger et Wallonie Bruxelles internationale qui sont deux organes de coopération belge. Son coût total est de 408 millions de F CFA. Bâti sur 1 200 m2, il comporte des services de kinésithérapie, de péri néologie, d'ergothérapie, d'orthophonie et d'une piscine de balnéothérapie. Le coordonnateur, Joseph Moukassa Méda, a promis que le bâtiment serait prêt d'ici janvier 2019. Le dernier chantier concerne le centre de médecine traditionnelle et des soins intégrés de Ouagadougou qui va permettre une collaboration avec les acteurs de la médecine conventionnelle pour améliorer l'offre de soins. Selon le premier responsable, le Dr Bice Evance Zoungrana, cette structure qui dispose d'un jardin botanique va regrouper des tradipraticiens reconnus car ayant déjà fait leurs preuves. « Nous espérons avoir des milliers de patients par an. On ne fera pas d'hospitalisation et pas de grabataires », a-t-il précisé. D'un coût de trois milliards de F CFA, la réception provisoire a été faite le jour de notre visite, même s'il y aura d'autres travaux comme le marché de plantes médicinales.

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