Afrique de l'Ouest: Traite transfrontalière - Huit enfants burkinabè interceptés en Côte d'Ivoire regagnent le bercail

28 Décembre 2018

Le Burkina Faso, engagé dans la lutte contre la traite des personnes a signé un accord bilatéral de coopération le 17 octobre 2013 avec la Côte d'Ivoire en matière de lutte contre la traite transfrontalière des enfants.

Le 28 novembre dernier, neuf enfants dont un de 14 ans, cinq de 16 ans, un de 17 ans et un de 18 ans ont été interceptés à Aboisso. Parmi ces enfants, un a fugué durant leur séjour dans un centre d'accueil ivoirien.

C'est l'Ambassade du Burkina Faso en Côte d'Ivoire qui, une fois informée de la situation, a saisi le ministère de la Femme, de la Solidarité nationale et de la Famille le 18 décembre dernier. Ces enfants travaillaient sur des sites d'orpaillage à Man en Côte d'Ivoire vers la frontière du Libéria.

Selon la ministre en charge de la Famille, Laurence Ilboudo, à la lumière des informations recueillies lors des entretiens avec les enfants, ils sont arrivés en terre ivoirienne par le concours des intermédiaires qu'eux même ont cité : Mahamadou Ouédraogo, Paul Kabore et Karim Sawadogo.

« Des informations obtenues avec la partie ivoirienne, il est ressorti que Karim Sawadogo a été interpellé, jugé et condamné à trois ans de prison pour faits de traite des personnes » a expliqué la ministre.

Les profondes motivations qui ont conduit les enfants dans le circuit de la traite sont, entre autres, l'idée de se faire une fortune pour une vie en rose.

Selon l'un des enfants ressortissants de Bittou (Région du Centre-Est) , l'argent récolté après la vente des produits céréaliers l'a permis de se rendre en Côte d'Ivoire : « J'ai décidé de quitter le village à la recherche d'une vie meilleure parce je voyais certains de mes ainés revenir enrichis de ce pays. C'est en Côte d'Ivoire que j'ai connu Sawadogo Karim. Dans le site d'orpaillage, en fonction de l'or trouvé, nous recevions quotidiennement entre 30 000 et 40 000 F CFA ».

Même si certains parents n'étaient pas informés du départ de leurs enfants, d'autres affirment avoir été mis au courant.

C'est le cas de Boukary Bougouma, ressortissant de Zorgho, chef-lieu de la province du Ganzourgou (Région du Plateau Central) : « Les enfants, après nous avoir informé de leur intention, avaient l'habitude d'aller en ville à la recherche d'une vie meilleure mais nous ne savions pas que cette fois, ils allaient quitter le pays.

Quand nous avons appris qu'ils étaient en Côte d'Ivoire, nous avons vraiment eu peur. Nous ne sommes pas contents de les voir partir mais comme nous n'avons pas ce qu'ils veulent nous sommes obligés de les laisser partir à l'aventure ».

Aux dires de la ministre, des dispositions sont prises pour la prise en charge des enfants. Elle a également noté qu'ils ne retourneront pas pour l'instant dans leurs familles respectives.

« Nous allons placer ces enfants au centre d'accueil d'urgence, ils vont voir un psychologue et nous allons faire un projet pour chacun d'eux. Si nous les laissons rentrer chez eux, ils fuiront à nouveau... » a estimé Laurence Ilboudo.

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