Madagascar encore dans une zone de turbulence politique

Vue sur le Lac Anosy en juillet 2009, au centre de la ville d'Antananarivo, capitale de Madagascar.

Madagascar ne s'est pas encore éloignée de la zone de turbulence où elle se trouve depuis 2009. L'espoir de voir une élection présidentielle crédible et dont le résultat serait accepté par tous ne parait pas pour l'instant se concrétiser.

Les règles établies pour mener à bien le processus électoral ont été respectées, mais elles n'empêchent pas l'existence de nombreuses anomalies qui ont faussé l'élection. On se retrouve au bord d'une crise postélectorale qui risque de nous faire vivre une nouvelle descente dans les abîmes.

Le candidat n°13 Andry Rajoelina est proclamé vainqueur d'après les résultats provisoires de la CENI et il attend la confirmation de son triomphe par la HCC. Son rival conteste énergiquement les scores qui ont été établis et crie à la fraude et à la manipulation.

L'équipe de Marc Ravalomanana est bien décidée à faire entendre ses raisons et veut amener ses partisans à manifester. L'absence du candidat n°25 lors de la cérémonie organisée par la CENI est un signe qui ne trompe pas.

La campagne d'explications et de dénonciations s'est intensifiée ces derniers jours et elle aboutit à une logique d'affrontement. La manifestation qui va avoir lieu aujourd'hui sur le parvis de l'hôtel de ville donne des sueurs froides aux autorités qui multiplient les mises en garde.

Le préfet a affirmé que ce rassemblement n'avait pas été autorisé. Les forces de l'ordre ont pris position un peu partout en ville depuis jeudi et vont certainement renforcer leur dispositif aujourd'hui.

Les « zanak'i Dada » estiment que cela est exagéré et qu'ils ne vont faire que dénoncer des anomalies constatées par eux. Les observateurs y voient une forme de pression avant la proclamation des résultats officiels de la HCC.

L'attitude du camp Ravalomanana va à l'encontre des appréciations des membres de la communauté internationale qui se sont réjouis du déroulement de ce deuxième tour. La HCC attend maintenant les requêtes qui vont influer ou non sur les résultats de cette élection présidentielle.

Sur le plan international, c'est le « shutdown » des Etats-Unis qui focalise l'attention des médias. Les démocrates américains refusent la demande de crédit de Donald Trump destiné à financer la construction d'un mur à la frontière avec le Mexique. A l'origine, il s'agissait de contraindre les autorités mexicaines à le faire, mais le locataire de la maison blanche s'est heurté à un refus catégorique.

C'est vers le Sénat qu'il s'est donc tourné, mais la majorité démocrate lui a signifié qu'il était hors de question de débloquer les cinq milliards de dollars nécessaires. Dans la foulée, on assiste à un gel des crédits nécessaires au fonctionnement de l'administration. Ce « shutdown » comme on l'appelle met encore plus à mal la popularité du président auprès des Américains. Seuls ses électeurs le soutiennent, le reste de la population le traitant avec mépris.

En France, le président Emmanuel Macron essaie de retrouver son crédit auprès des Français. Après une baisse spectaculaire dans les sondages à la suite de la crise des gilets jaunes, il a essayé de remonter la pente.

Le mouvement des gilets jaunes s'est certes essoufflé, mais l'opinion soutient majoritairement les objectifs qu'ils poursuivent. C'est un nouveau tournant que chef de l'Etat va négocier au début de l'année 2019. Les analystes se perdent en conjonctures sur sa manière de procéder.

Madagascar est à nouveau face à son avenir. Nul ne sait comment vont s'aplanir les difficultés qui pointent à l'horizon. Les raisons de protester à propos de cette élection présidentielle sont nombreuses, mais la population ne pourra pas supporter une nouvelle crise. La voie légale est la seule qui doit débloquer la situation. La sagesse va certainement l'emporter.

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