Tunisie: Initiation aux alternatives journalistiques

29 Décembre 2018

La forte participation féminine au programme était marquante. Représentantes de divers médias publics et privés mais également participantes en freelance, les journalistes ont produit une panoplie d'enquêtes très diversifiées en termes de contenu, mais également en termes de formats.

Le journal francophone La Presse, l'agence TAP, la Radio Tunisienne via ses deux radios régionales, à savoir Radio-Sfax et Radio-Tataouine, le journal électronique Réalités, le journal arabophone Assabeh, ont tous encouragé leurs représentants à se lancer dans le programme. «J'étais agréablement surprise par la forte participation des médias publics.

Ce qui dénote une prise de conscience de nos médias nationaux de l'importance d'un journalisme responsable, de qualité. Mais, j'ai regretté l'absence des télévisions dans ce programme.

Pourtant, elles sont très influentes puisqu'elles touchent un large pan de la société», déclare la journaliste d'investigation et formatrice Mabrouka Khedhir, lors de la cérémonie de clôture.

Par ailleurs, elle a déploré la situation actuelle des médias et des journalistes appelant à l'impératif d'une restructuration urgente des médias tunisiens, pour améliorer la qualité et la performance du produit journalistique.

Le journalisme citoyen : le futur de la correspondance

Manoubi Marouki a affirmé dans une déclaration aux médias que son engagement dans le programme « La Richesse des Nations » était motivé par sa conviction du rôle que jouera le journalisme d'investigation, mais aussi le journalisme citoyen dans les régions, dans l'amélioration de la performance et de la qualité de la matière journalistique. « Avec la décentralisation, les informations régionales gagneront de l'ampleur sur le paysage médiatique.

D'où l'importance du journalisme citoyen. Par ailleurs, le récepteur ne se contente plus de la simple information instantanée, continuellement diffusée. Il faut trouver de nouvelles formes pour intéresser le lecteur, le téléspectateur en leur fournissant un maximum d'informations et d'analyses.

L'encombrement médiatique par des informations courtes et instantanées a embrouillé le citoyen. Il est devenu nécessaire de fournir une alternative afin d'éclairer l'opinion publique », explique Manoubi Marouki. Il a ajouté que l'éclosion du journalisme d'investigation en Tunisie se fera progressivement et s'inscrira dans la durée.

La Tunisie accueillera en 2019 des journalistes des pays voisins

De son côté Walid Mejri a suggéré la création d'une communauté de journalistes d'investigation en Tunisie qui sera un noyau dur dans le journalisme d'investigation. Par ailleurs, chacune des participantes a pris la parole pour témoigner de son expérience et parler des principaux obstacles qu'elle a dû affronter lors de la réalisation de l'enquête.

À la fin de l'événement, des recommandations et des propositions ont été synthétisées afin d'améliorer la prochaine phase du programme, notamment au niveau de la formation en Cross Media et de la promotion des enquêtes produites. « La Richesse des Nations » se poursuivra durant l'année 2019 avec un nouveau groupe de 10 journalistes tunisiens et un groupe de 10 journalistes issus des pays nord-africains (Mauritanie, Maroc, Algérie, Tunisie, Libye, Egypte et Soudan).

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