Somalie: Election dans le Sud-Ouest - L'ONU demande des explications au pays

Citoyenne votant.

Dans un courrier envoyé le 30 décembre qui a fuité sur Internet, Nicholas Haysom, envoyé spécial de l'ONU en Somalie, demande des explications à Mogadiscio sur les évènements récents dans l'Etat du Sud-Ouest. Mi-décembre, ce territoire a élu un nouveau dirigeant dans un contexte chaotique. Le pouvoir avait arrêté l'un des favoris, Mukhtar Robow, un ancien shebab, puis réprimé les manifestations qui s'en étaient suivi, faisant au moins 17 morts.

Le courrier ferme du Sud-Africain Nicholas Haysom, l'envoyé spécial des Nations unies en Somalie, contient des menaces à peine voilées et plusieurs révélations. Selon lui, les troupes éthiopiennes de l'Amisom, la mission de l'Union africaine dans le pays, auraient arrêté l'ex-shebab Mukhtar Robow avant de le livrer aux Somaliens. L'information contredit les déclarations de la force africaine, qui avait juré ne pas avoir participé à l'interpellation.

Le pouvoir somalien accuse l'ex-terroriste d'avoir violé les conditions de son amnistie. Dans cette affaire, l'envoyé spécial de l'ONU veut de la transparence. Il demande au gouvernement quelles sont les conditions de réhabilitation de l'ancien shebab, toujours détenu au secret, qui l'a arrêté, pourquoi et sur quelle base légale. L'envoyé spécial parle d'une possible arrestation arbitraire.

Menace de suspension de l'aide

Le diplomate ne lance pas d'accusation directe au sujet des violences lors des manifestations, mais signale le déploiement des forces de sécurité. Il écrit avoir « de sérieuses inquiétudes sur le respect de la légalité, de la prudence, de la nécessité et de la proportionnalité dans l'usage de la force ». Il demande donc au gouvernement de lui dire où en sont les enquêtes, quelles forces étaient présentes, qui commandait et quels étaient les ordres.

Dans une partie de sa lettre, l'envoyé spécial liste toute l'aide apportée par l'ONU aux forces de l'ordre : salaire, équipement, formation. On devine entre les lignes une menace de suspension. Il révèle en tout cas que l'Union européenne, l'Allemagne et le Royaume-Uni ont cessé leur soutien à la police de l'Etat du Sud-Ouest.

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