4 Janvier 2019

Ile Maurice: Conditions de travail - Les gardiens de prison annoncent un «go-slow»

Manque de motivation et moral à plat chez les gardiens de prison. La cause : un manque de considération de la part du commissaire des prisons concernant leurs conditions de travail. Ils disent que la situation dure depuis plusieurs mois.

En sus des actions légales que compte entamer la Prison Officers Association (POA), les officiers envisagent un go slow dans les milieux carcéraux. Les gardiens de prison ont confié qu'une lettre de protestation avait été envoyée en septembre mais en vain. Ils gardent l'anonymat de peur des représailles du commissaire des prisons, Vinod Appadoo.

Les conditions de travail dans les prisons ont drastiquement changé. Ceux qui sont en service la nuit, commençant à 18 heures pour finir à 7 heures le lendemain, doivent dîner avant de commencer le boulot, soit à 17 h 30.

Durant les 13 heures passées à la prison, ils ne reçoivent qu'un pain au fromage et un yaourt nature de l'administration, regrettent-ils. Certains officiers auraient commencé à développer des problèmes d'estomac.

La quantité d'heures travaillées a aussi augmenté au fil des mois, par 30 minutes ou une heure. Par exemple, un officier dont le shift était de 6 h 30 à 12 h 30, termine aujourd'hui son service à 13 h 30. «Nous sommes moralement fatigués. Pé tret nu pli pir ki bann prisonier».

De plus, avance-t-on dans les prisons, depuis 29 ans, tous les officiers profitaient d'un jour de week-end - samedi ou dimanche - pour passer du temps avec leur famille. Les choses ont changé et le commissaire des prisons a déclaré que le travail était la priorité et que le samedi ou le dimanche devait être un jour de travail comme les autres.

Il obligerait, également, tous les officiers malades à se munir d'un certificat médical délivré par un hôpital public, uniquement, en cas d'absence, avancent-ils. «Le certificat délivré par un médecin privé ne compte pas du tout», déplorent-ils.

En outre, les agents sont coupés du monde extérieur une fois en service. Pas de téléphone portable, pas de télévision, pas de radio. «Kan nu rantré mem si nu fami inn mor nu pa pou koné tan ki nu pa fini nu travay», expliquent-ils. D'ailleurs, traiter avec des détenus n'est pas une tâche facile.

«Pas obligé d'offrir à manger»

Il ne faut pas oublier que quelque 300 officiers n'ont pas reçu leur boni de fin d'année le mois dernier. Hanson Mungrah, le président de la POA, a expliqué qu'il essayait d'obtenir un rendez-vous au ministère du Travail pour en discuter.

Vinod Appadoo s'étonne, pour sa part, des revendications des gardiens de prison. «Taler zot pa gayn enn f... ... », s'est-il insurgé hier, jeudi 3 janvier, lorsqu'il s'est exprimé à l'express. Il soutient qu'il n'est pas dans l'obligation d'offrir de quoi manger aux gardiens de prison. «Kan bolom Nwel si pasé zot pa kontan !»

Les gardiens de prison qui font les horaires de nuit n'ont pas le droit d'apporter des contenants de nourriture. Mais l'année dernière, Vinod Appadoo a surpris des publications de certains gardiens de prison sur Facebook. «Zot ti pé dir ki manzé lisien sa», indique-t-il, à propos de la nourriture partagé aux gardiens. C'est la raison pour laquelle il a décidé de tout changer.

Dans un premier temps, les gardiens de prison du soir recevaient chacun un massepain accompagné de thé ou de café et un yaourt.

Toutefois, l'association des gardiens de prison est montée au créneau. «Nu finn ékout zot ek nou finn tom dakor pou donn dipain diber avek la vache qui rit dan plas maspin. Li pli konsistan», a soutenu le commissaire des prisons.

Quid du fait qu'ils font plus d'heures qu'avant ? Vinod Appadoo est catégorique. C'était important pour lui d'être en phase avec le Pay Research Bureau qui recommande 40 heures. «Avan zot ti pé travay ant 30 à 33 er. Monn oblizé sanz sa.»

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