4 Janvier 2019

Cote d'Ivoire: Année 2019 - Les grandes attentes du monde des ARTs et de la culture

L'année 2019, les animateurs du landernau artistique et culturel ivoirien la souhaitent fructueuse. Car, pour tous et chacun, cette nouvelle année connaîtra un véritable regain d'activités.

Surtout des activités de qualité, qui permettront au monde des créateurs de s'épanouir, bref de vivre du fruit de leur labeur. Cette conviction, les acteurs artistiques et culturels, que nous avons interrogés la tiennent de la floraison d'activités qui a émaillé l'année 2018.

Mais, pour parvenir à cette embellie, tous les praticiens des métiers des arts et de la culture, en Côte d'Ivoire, sont unanimes pour dire que le pays doit satisfaire un certain nombre d'attentes.

L'une de celles-ci reste la construction d'infrastructures. Surtout, l'érection d'une salle de spectacles digne de la Côte d'Ivoire émergente. Beaucoup de promoteurs et organisateurs de spectacles le disent, le palais de la Culture de Treichville, l'unique espace qui abrite les spectacles grand public est dépassé.

La salle "Anoumabo" de près de six cents places ne répond plus aux attentes, de telle sorte qu'elle est vite engorgée pendant les spectacles. Ces temps-ci, il n'est pas rare de voir les travées de la bonbonnière d'Anoumabo obstruées par des chaises pour permettre au maximum de spectateurs de s'y asseoir. Et cela pose un réel problème de circulation et même de sécurité.

Que ce soit des initiatives privées ou venant de l'Etat, la Côte d'Ivoire a, indubitablement, besoin d'une salle de spectacles de grande capacité arrimée aux nouvelles donnes technologiques à Abidjan.

Il en est de même pour les grandes villes de l'intérieur; surtout les capitales régionales qui sont quasiment pauvres en matière d'infrastructures de cette nature. Les événements qui drainent des foules se déroulent toujours en plein air avec les sempiternels calculs basés sur la clémence de la météo, même si certains organisateurs s'offrent les services d'un « attrapeur de pluies»!

Encourager l'émergence de nouveaux talents Par-dessus tout, l'effervescence artistique et culturelle de la Côte d'Ivoire remet au goût du jour la question des centres culturels.

Ces salles multifonctionnelles qui ont permis à ce pays de former tous ces acteurs de théâtre, de conte, de danse, d'humour et qui positionnent le pays d'Alassane Ouattara aujourd'hui dans le peloton de tête des Etats à forte croissance avec la culture comme l'un des éléments essentiels. Et tous ces artistes sont désormais au sommet de leur art.

C'est le cas de Michel Gohou (humoriste); Fargass Assandé, Kébé Mamadou, Ebohi Nestor dit Akowé (Théâtre et Humour), pour ne citer qu'eux. Outre la question des infrastructures, l'autre attente a trait à l'économie culturelle.

Tout le monde le sait, la vision du président de la République est pertinemment traduite dans la politique culturelle du ministère dirigé par l'écrivain Maurice Kouakou Bandaman.

A la réalité, son équipe a réussi, depuis 2011, année de sa nomination à la tête de ce département, à faire admettre que la culture est au début et à la fin de toute chose.

De ce fait, la Côte d'Ivoire, riche de ses atouts naturels, de son brassage ethnique et de sa culture qui reste une source intarissable de richesses, doit s'appuyer sur tout cela pour parvenir à l'émergence.

D'où l'adoption de la loi 2014-425 du 14 juillet 2014 assortie d'une loi d'orientation et même d'un atelier portant organisation des spectacles en Côte d'Ivoire. A la réalité, le pays s'est doté d'un arsenal juridique pour une politique culturelle à même de permettre à tout acteur de ce secteur de vivre de son art. Reste à traduire tout cela sur le terrain.

C'est-à-dire dresser, par exemple, un agenda culturel formel. Ce qui éviterait le monstrueux chevauchement des spectacles comme ce fut le cas en fin d'année.

En effet, le 21 décembre dernier, alors que Koffi Olomidé, l'une des grosses pointures de la musique africaine, donnait le premier concert de son « mea culpa » au palais de la culture à la salle Anoumabo ; le même jour, l'une des icônes de la musique ivoirienne, le Rossignol Bailly Spinto était en spectacle à la salle « Lougah François » du même palais.

Le lendemain, au moment où Koffi Olomidé était à la salle des fêtes de Sofitel Abidjan Hôtel Ivoire, Yabongo Lova, l'une des valeurs sûres du Zouglou, prestait au palais de la Culture. Et Dieu seul sait combien de spectacles il y avait dans les autres salles du palais de la Culture !

A part le concert de Koffi Olomidé à l'Ivoire, c'est un public moyen qui a pris part aux autres événements. Alors que si chaque événement avait été bien programmé, via un calendrier savamment achalandé, les spectacles auraient fait le plein et chaque partie à l'organisation aurait fait une bonne recette.

Outre le binôme café-cacao, l'art et la culture : les maillons essentiels pour le développement économique Il en de même pour la kyrielle de festivals régionaux qui se créent, depuis un moment, à la pelle.

Il urge de les adosser à une programmation claire, de sorte que, même à l'international, le touriste qui souhaite prendre part au festival « Avondjahi » de Duékoué, dans la région du Guémon (ouest de la Côte d'Ivoire) sache que cet événement se tient à date et qu'il peut venir y participer.

L'autre souhait des acteurs culturels, c'est celui de voir l'épineux problème du piratage jugulé ou atténué. Car, c'est révoltant de voir, à tous les grands carrefours d'Abidjan et des villes de l'intérieur du pays, les œuvres des artistes copiées et bradées à vil prix par des badauds sans être inquiétés. A cette question est liée celle de "la rémunération pour copie privée".

La copie privé, pour information, est une redevance prélevée sur les supports d'enregistrement tels que les disques durs, les clés Usb, les cartes mémoires, les Cd ou les Dvd. Elle est destinée à compenser les ayants droit pour l'exception de copie privée de leurs œuvres, principalement la musique et les films.

Pour les acteurs du secteur des arts et de la culture, qui utilisent tous ces instruments, vivement que la copie privée soit une réalité pour le bonheur des créateurs. Surtout qu'une étude de la Cisac (Confédération internationale des sociétés d'auteurs et compositeurs), qui fédère les sociétés de droits d'auteurs dans 120 pays, et l'Unesco affirment que les secteurs culturels et créatifs sont un moteur essentiel d'une économie émergente et font partie des milieux qui connaissent la croissance la plus rapide à condition que les créateurs soient « équitablement rémunérés ».

Comme le disait une icône des arts visuels basée à Grand-Bassam que nous avons interrogée, « Si la Côte d'Ivoire avait eu des présidents, après Houphouët-Boigny, qui avaient la vision d'Alassane Ouattara, les artistes ivoiriens seraient au diapason de leurs homologues du Maroc, d'Afrique du Sud, etc. C'est-à-dire des personnes qui vivent décemment de leur art ». Il en veut pour preuve la rente viagère de 300 000 FCFA désormais versée mensuellement aux « anciennes gloires » des arts et la culture.

Pour l'an 2019, le monde artistique souhaite que cette largesse du chef de l'Etat s'étende à plusieurs autres créateurs afin que ces derniers sortent de la précarité dans laquelle « le manque de vision et de soutien de l'Etat avant Ouattara » a plongé ces femmes et hommes qui ont procuré de la joie et du bonheur aux Ivoiriens.

En tout cas, de la nouvelle année, le monde culturel attend beaucoup. Consciente de la valeur ajoutée que représente le domaine du spectacle vivant, des arts de la scène, des arts visuels, etc. dans le développement socio-économique d'un Etat, la Côte d'Ivoire se doit de maintenir le cap ou de faire davantage pour que l'art et la culture restent des maillons essentiels dans l'émergence à l'horizon 2020 que les autorités appellent de tous leurs vœux.

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