Congo-Kinshasa: Le FCC et la Céni haussent le ton vis-à-vis de la Cenco

En RDC, le Front commun pour le Congo (FCC), la coalition qui soutient la majorité au pouvoir, dénonce l'attitude partisane de l'Eglise catholique qui affirmait jeudi connaître le nom du vainqueur de la présidentielle, alors que la publication des résultats officiels est prévue dimanche prochain. De son côté, la Céni a également réagi en adressant une lettre à la Cenco.

La plateforme qui soutient le candidat Emmanuel Ramazani Shadary accuse l'abbé Donatien Nshole, secrétaire général de la Cenco, de violer le code de bonne conduite pour avoir évoqué des tendances de la présidentielle favorables à un candidat.

Le Front commun pour le Congo déplore, dénonce et condamne fermement l'attitude partisane, irresponsable et anarchique de la Cenco, en particulier de monsieur l'abbé Nshole Donatien (...) Cela alors que la Céni n'a traité que 20% des votes (...) Ceci viole gravement autant la Constitution, la loi électorale que la charte de bonne conduite

Barnabé Kikaya a aussi laissé entendre que la Céni a elle aussi réagi dans un courrier contre ce comportement de la Cenco, susceptible à ses yeux de soulever la population. Jeudi, la conférence épiscopale du Congo avait mis en demeure la Céni de publier des résultats conformes à la réalité des urnes. La Cenco, qui a 40 000 observateurs sur le terrain, disait même connaître le nom du vainqueur de la présidentielle. La commission électorale lui a répondu par un courrier adressé à Monseigneur Utembi, président de la Cenco, en copie à toutes les institutions du pays et notamment le procureur général de la République.

C'est Corneille Nangaa, le président de la Céni, qui signe cette lettre. Il s'en prend nominativement à l'abbé Nshole, le secrétaire général de la Cenco, qu'il accuse de « violer systématiquement les dispositions légales relatives à l'organisation des élections ».

Le patron de la commission électorale cite toute une série de textes et d'articles, la Constitution, la loi électorale, la charte de bonne conduite des observateurs électoraux et même le code de bonne conduite des partis politiques. Tous ces textes et ces articles rappellent que la Céni est la seule habilitée à proclamer les résultats provisoires et que les partis devraient s'abstenir de donner des tendances.

Et ce, même si l'abbé Nshole s'est bien gardé d'annoncer le nom du vainqueur de la présidentielle, ni même de dire si c'était un candidat de l'opposition ou de la coalition au pouvoir. Mais pour la Céni, il s'agit bien d'une annonce de « tendances » qui est « de nature à intoxiquer la population en préparant un soulèvement dont la Cenco sera seule responsable ».

Corneille Nangaa demande à ce que la conférence épiscopale fasse un démenti formel qui permettrait, dit encore le patron de la Céni, de garantir la continuité des relations entre la commission électorale et la Cenco.

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