Burkina Faso: Violences communautaires à Barsalogho - Roch sur les lieux du drame

Photo: fasozine
Le message du président du Faso, Roch Marc Christian Kaboré, après la tragédie de Yirgou.

Présenter les condoléances de la nation aux familles éplorées ; apaiser les cœurs des communautés en conflit et constater de visu l'ampleur des dégâts humains et matériels qui ont été commis à Yirgou, village de la commune de Barsalogho (Ndlr : situé à 120 kilomètres au nord de Kaya, chef-lieu de la région du Centre-Nord) dans la province du Sanmatenga, et dans ses alentours suite à l'attaque terroriste meurtrière perpétrée le 1er janvier et des représailles contre la communauté peuhle qui s'en sont suivis :

Ce sont, entre autres, les objectifs de la visite surprise qu'a effectuée le président du Faso, Roch Marc Christian Kaboré, dans la matinée du samedi 5 janvier 2019 à Yirgou.

La veille, une délégation des autorités administratives, sécuritaires et politiques conduite par le gouverneur, Nandy Somé, avait, à l'occasion d'une rencontre tenue à Barsalogho, adressé un message de promotion de la paix et de la tolérance aux différentes populations.

48 morts, de nombreux blessés, des déplacés et des sans-abris constitués majoritairement d'enfants et de femmes, d'importants dégâts matériels : c'est le triste bilan, encore provisoire, des événements tragiques survenus dans des villages des communes de Barsalogho et de Dablo, les 1er, 2 et 3 janvier 2019 : tout serait parti de la mort de Kouka Zabré (Ndlr : contrairement à Kouka Sawadogo, comme annoncé dans le précédent article paru le vendredi), chef de Yirgou, par ailleurs doyen des conseillers municipaux de Barsalogho, et de 5 autres personnes, suite à une attaque meurtrière perpétrée dans la matinée du 1er janvier par de présumés terroristes armés non encore identifiés à Yirgou.

Soupçonnée d'être de connivence avec les assaillants, la communauté peuhle de plusieurs villages et hameaux de culture a fait l'objet de représailles de la part des habitants de Yirgou soutenus dans leurs actions de vengeance par des membres des groupes d'auto-défense appelés couramment « koglweogo ».

L'intervention des forces de défense et de sécurité a permis de calmer la tension et de ramener le calme dans les zones affectées par le conflit intercommunautaire.

Face à ce triste événement, qui a éprouvé toute la nation burkinabè, connue pour son hospitalité légendaire et son vivre-ensemble pacifique, le président du Faso,Roch Marc Christian Kaboré, s'est rendu à Yirgou.

Le chef de l'Etat est arrivé sur les lieux, hautement sécurisés, à bord d'un hélicoptère de l'armée de l'air en compagnie des ministres de l'Administration territoriale et de la Solidarité nationale, respectivement Siméon Sawadogo et Laurence Ilboudo/Marchall.

Outre les populations de Yirgou et des localités environnantes, sorties nombreuses, il y avait à l'accueil les autorités administratives, politiques, militaires, paramilitaires, coutumières et religieuses régionales avec à leur tête le gouverneur du Centre-Nord, Nandy Somé/Diallo, et le ministre de l'Energie, Bachir Ismaël Ouédraogo (Ndlr : natif de la province).

Avant de s'adresser à la population, Roch Marc Christian Kaboré a fait observer une minute de silence en la mémoire de toutes les victimes de ce dramatique évènement.

Aux familles éplorées le chef de l'Etat a présenté les condoléances et témoigné la compassion et la solidarité de la nation. Il a rappelé à son auditoire que l'ensemble des Burkinabè ont pour ennemis communs : les terroristes.

Et de prévenir que si les populations du pays, qui ont toujours vécu en parfaite harmonie, ne se solidarisent pas pour combattre les ennemis de la République, ils ne pourront pas conjurer ce genre de conflits intercommunautaires.

Qualifiant les violences meurtrières de Yirgou et de ses environs de « drame national », le président du Faso a indiqué que la paix est le prix à payer par tous les fils et les filles du Burkina pour développer leur pays.

Au regard de la tension, qui reste perceptible dans cette partie nord de la province (Ndlr : Selon des sources concordantes, la communauté peuhle a refusé de prendre part à la rencontre d'échanges avec le chef de l'Etat à Yirgou pour des raisons d'insécurité), Roch Marc Christian Kaboré a, en sa qualité de porte-parole de toute la nation, invité l'ensemble des populations à privilégier la sagesse de manière à faire en sorte que l'ensemble des fils des deux communes se retrouvent, se reparlent et vivent ensemble en parfaite harmonie.

La visite du président du Faso a pris fin à Yirgou par une rencontre d'échanges directs avec les sages des localités affectées par ce drame et une visite de quelques habitations peuhles saccagées en représailles.

La veille, un message de compassion et d'apaisement des autorités régionales avait également été adressé aux forces vives des communes touchées lors d'une rencontre au chef-lieu de Barsalogho.

Le gouverneur du Centre-Nord avait annoncé à cette occasion la mise en place de mesures d'urgence sociales pour soulager la souffrance des familles et des déplacés victimes de ces évènements dramatiques.

Un appel à la solidarité à l'endroit des populations en situation de détresse, constituées en majorité de femmes et d'enfants, a aussi été lancé.

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