7 Janvier 2019

Congo-Kinshasa: Tensions post-scrutin en RDC - En route vers l'apocalypse

analyse

Tout le monde, en RDC, attend les résultats des élections du 30 décembre. Et le moins que l'on puisse dire, c'est que cette attente se fait dans la peur et l'angoisse et la probabilité est forte que les Congolaises et les Congolais mettent du temps encore avant de connaître l'heureux élu. Car, personne ne croit plus aux engagements de Corneille Nangaa, tant il est passé maître dans l'art des rendez-vous manqués.

L'on peut même croire que ce monsieur trouve du plaisir à faire languir le peuple congolais. La grande question dès lors que l'on peut se poser est de savoir ce que cache cette lenteur de pachyderme, qui caractérise la publication des résultats provisoires. Annoncés, en effet, pour le 6 janvier, c'est finalement, à en croire le patron de la CENI, la semaine prochaine que les résultats seront dévoilés. Et Dieu seul sait si ce délai sera tenu.

Le pouvoir n'hésitera pas à manipuler les résultats de sorte à favoriser Emmanuel Ramazani Shadary

Au-delà de ce délai, les Congolais attendent de voir si les résultats qui seront annoncés reflèteront la vérité des urnes. Et cette exigence n'est pas seulement celle du peuple congolais. Elle a été aussi formulée de manière explicite par l'UE (Union européenne), l'UA (Union africaine), les Etats-Unis et le Canada.

Le monde entier pratiquement y attache du prix. Mais la structure qui a le plus mis un point d'honneur à ce qu'il en soit ainsi, est incontestablement la Conférence épiscopale nationale du Congo (CENCO). Elle a même osé marcher, peut-on dire, sur les bijoux de Corneille Nangaa en dressant le portrait-robot du candidat censé avoir remporté la victoire. Cela lui a valu une volée de bois vert de la part de la CENI et du camp Kabila.

Et l'on peut aisément imaginer la raison pour laquelle l'initiative du clergé les dérange tant. L'Eglise est en train de déjouer le plan du braquage électoral du pouvoir. De ce point de vue, nul ne doit jeter la pierre à la CENCO de jouer en anticipant le rôle de vigie de la démocratie. Car, l'Eglise connaît les pratiques du camp Kabila.

Elle sait notamment que le pouvoir n'hésitera pas un seul instant à manipuler les résultats de sorte à favoriser Emmanuel Ramazani Shadary. Et ce d'autant plus que, sous nos tropiques, tous les moyens sont bons pour confisquer le pouvoir. Et les structures d'organisation des élections sont conçues dans bien des pays africains, dans cette logique. La structure d'organisation des élections au Gabon en est un exemple. Et tout porte à croire que la CENI congolaise en est un autre.

Dans ces conditions, seules des initiatives citoyennes comme celle que vient de prendre la CENCO, peuvent aider à contrarier les dictateurs dans leur volonté d'organiser des simulacres d'élections pour s'accrocher au pouvoir. Et dans le cas du Congo, bien des gens perdent de vue le fait que Kabila ne s'est pas retiré du pouvoir de gaîté de coeur.

C'est donc dans de mauvaises dispositions d'esprit qu'il a organisé les élections. La seule parade qui lui reste pour demeurer politiquement en vie et protéger, de ce fait, ses arrières, est de tout faire pour que son dauphin lui succède. C'est ce à quoi s'attèle aujourd'hui Kabila avec la complicité de Corneille Nangaa.

Et personne ne doit douter de la détermination du clan Kabila à aller jusqu'au bout de sa logique.

Kabila et son clan ne perdent rien pour attendre

Toutes les tergiversations de la CENI s'inscrivent dans cette logique. Et la méthode du pouvoir est claire : créer d'abord à tout bout de champ des obstacles fictifs sur le chemin de l'alternance qui est en train de se profiler à l'horizon, de manière à exaspérer le peuple congolais. Les compilations à huis clos et autres déconnection de la RDC du monde via le black out numérique, ont été opérées à cet effet.

Le deuxième volet de sa méthode est d'opérer un passage en force en faisant proclamer son candidat vainqueur. Le troisième et dernier acte est de gérer par tous les moyens l'inévitable crise post-électorale en perspective. En somme, la RDC, à cause de Kabila, est en route pour l'apocalypse. C'est pourquoi les Américains ont déjà pris des dispositions pour soustraire leurs ressortissants de la grande géhenne que Kabila est en train de préparer pour le peuple congolais. La conscience universelle doit l'en empêcher.

Cela dit, Kabila et son clan ne perdent rien pour attendre. Car le ciel pourrait bientôt leur tomber sur la tête. Et la probabilité est grande que Kabila finisse ses jours dans la cellule de la CPI que vient de quitter son adversaire Jean-Pierre Bemba. Et le peuple congolais pourrait être ravi qu'il ait comme voisin de cellule, un certain Corneille Nangaa. Car, celui-ci aura, tout au long du processus électoral marathon, aidé le dictateur à tordre le cou à la démocratie.

Et tous les deux font face à leur destin et à l'Histoire. Il leur revient de prendre toute la mesure de la gravité de la situation et d'agir dans la crainte du Ciel. Car ils peuvent encore trouver leur chemin de Damas. Mais cela passe d'abord par le respect de la vérité des urnes comme le recommandent les Hommes de Dieu.

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