7 Janvier 2019

Burkina Faso: Réconciliation nationale/Nana Thibault - «Le pays ira mal tant que Roch et Blaise ne vont pas se pardonner »

Rares sont les usagers du Boulevard de l'Insurrection populaire des 30 et 31 octobre 2014 qui n'ont pas remarqué la «grande mobilisation » voulue par Nana Thibault, dans l'après-midi du 6 janvier 2019. A une centaine de mètres du rond-point de la Patte-d'oie, en allant vers Ouaga 2000, il y a installé bâche, chaises, podium, et une sono distillait de la musique appelant au pardon et à la cohésion entre les filles et fils du Burkina Faso.

Dans le lot de posters, on pouvait apercevoir sur l'un d'eux une poignée de main entre l'ancien président Blaise Compaoré et Roch Marc Christian Kaboré, tout sourire, du temps où les deux étaient dans le même navire, le CDP.

Face à la tourmente que connaît le pays, Nana Thibault est convaincu que tant que les deux hommes ne vont pas se pardonner, la patrie des hommes intègres ira toujours mal.

Alors que la sono distille des chansons d'Alif Naaba et de Kisto Koinbré appelant au «sougouri»1, des koglwéogo affluent à moto : tenues kaki, matraques, gourdins, cordelettes et lunettes noires bien en vue.

Rassurez-vous, les «justiciers de la brousse» n'étaient pas en ces lieux pour alpaguer une personne qui aurait enfreint la loi, mais nul doute qu'ils l'auraient fait si la situation l'avait exigé. Ils se font des garde-à-vous à la manière des policiers et des militaires avant d'être déployés par leur chef pour quadriller et encercler l'aire de la manif.

Quelques instants plus tard, l'initiateur du rassemblement vespéral serre la main à quelques chefs traditionnels assis au premier rang avant de monter sur le podium. «J'ai initié cette activité pour prôner le pardon, la réconciliation nationale, la paix sociale, la cohésion entre les filles et les fils du Burkina.

De nos jours, quand on regarde ce qui se passe et ce qui se dessine à l'horizon, nul ne peut nier que notre pays traverse une grave crise. Les terroristes s'en sont mêlés, tout simplement parce que nous ne sommes pas unis.

Depuis l'insurrection populaire où on a dénombré des morts, le feuilleton macabre s'est poursuivi avec le coup d'Etat manqué, les attaques terroristes... Combien de personnes ont quitté ce monde du fait de ces événements ? Tout cela est dû au fait qu'il n'y a pas d'entente entre nous», a argumenté l'orateur.

Selon ses propos, la quête de la réconciliation nationale qu'il a entamée remonte à 2017, avec sa tournée chez des autorités coutumières : le Moogho Naaba Baongho, les chefs de Tenkodogo, de Boussouma, de Fada et de Ouahigouya. Sa démarche aurait été saluée par ces différentes notabilités, qui n'auraient d'ailleurs pas manqué de lui faire des bénédictions et de l'encourager à poursuivre dans ce sens.

«Le réconciliateur national», comme l'a surnommé son MC, a ensuite fait un flash-back sur son déplacement en Côte d'Ivoire où il a rencontré l'ex-président, Blaise Compaoré. La main sur le cœur, il dit ne s'être pas rendu sur les bords de la Lagune Ebrié pour «demander de l'argent, même si les gens disent que j'ai faim».

Il aurait été uniquement mû par son combat, celui de plaider auprès des autorités le retour des exilés afin que tous les Burkinabè «se parlent et se pardonnent».

A l'écouter, une démarche avait été entreprise en vue de rencontrer Roch Marc Christian Kaboré, mais elle est restée infructueuse jusqu'à ce jour. Et Nana Thibault de vaticiner : «Tant que ces deux personnalités ne vont pas se pardonner, le pays ira mal».

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