Sénégal: Un air d'afrobeat dans l'air - Quand les artistes explorent un autre monde musical

Actuellement, les chanteurs sénégalais adoptent un nouveau style musical voire un mélange de mbalax et de musique urbaine. Si certains font de l'afrobeat, d'autres se limitent à une fusion de rythmes.

Le beat maker du nom d'Akatché, qui a d'ailleurs travaillé avec l'artiste Viviane Chidid, explique le phénomène par le fait que nos artistes cherchent à commercialiser leur musique. Sans oublier selon lui que les Sénégalais apprécient bien ce mélange des genres.

Ils ne sont pas, ou ne sont plus, dans cette musique au rythme du «tama», du «sabar» et de bien d'autres instruments. Pas à fond en tout cas, et pas tous non plus. Actuellement, certains de nos artistes sénégalais ont une préférence pour les musiques un peu plus douces, soft, à l'oreille.

Et les récentes productions mises sur le marché en disent long à cet effet. Si certains chanteurs sont déjà dans ce qu'on peut appeler de l'afrobeat, d'autres explorent ainsi d'autres types de musique, folklorique ou beaucoup plus traditionnelle comme le nouvel album de Coumba Gawlo Seck intitulé « Terrou War».

On peut citer Viviane Chidid, Wally Seck, Adiouza, Queen Biz, ou encore Souadou Diaw, qui ont déjà ravi le public avec de nouveaux styles musicaux. Qu'est ce qui explique ce phénomène qui n'a pas fini de prendre de l'ampleur au Sénégal ?

Est-ce que les Sénégalais accueillent bien ce nouveau style ? Ces questions méritent d'être posées. Quoi qu'il en soit, l'afrobeat a fini de montrer sa puissance dans le monde entier.

Né il y a une quarantaine d'années, ce genre musical, qui est un «mélange de jazz, de highlife, de funk et de chant», porte l'empreinte d'un Fela Kuti, et aujourd'hui, les jeunes artistes nigérians lui ont donné un second souffle.

L'afrobeat, c'est aussi une fusion de «rythmes yoruba, de funk, de jazz» et d'autres éléments spécifiques.

De l'avis du beat maker Koffi Benette Séraphin alias Akatché, les artistes sénégalais veulent se faire découvrir au niveau international quand on sait que le mbalax peinait jusque-là à «sortir de nos frontières».

«Les artistes veulent davantage commercialiser leur musique. Ils veulent être découverts à l'international, c'est pourquoi ils choisissent de faire un mélange de genres musicaux», explique-t-il.

Car, pour Akatché, le «mbalax se consomme plus ici, au Sénégal. Ailleurs les gens ne savent pas ce que ça veut dire», et la barrière de la langue n'arrange pas tout.

Toutefois, a tenu à préciser le beat maker, que nous avons eu au téléphone hier, lundi 7 janvier, ce ne sont pas tous les artistes qui font de l'afrobeat. « Ils font un mélange de mbalax et de musique urbaine comme ce que font Adiouza, Viviane Chidid, Wally Seck ».

Si Akatché estime que c'est pour mieux se faire entendre hors de nos frontières, il reste formel : « Rien ne peut détruire le mbalax au Sénégal », dit-il. Pour autant, le nouveau style musical reste très apprécié par le public sénégalais, à l'en croire.

«Quand on a fait les morceaux Wouyouma et No Stress avec Viviane Chidid, on a vu comment est-ce que les gens ont réagi. On a vu que les gens ont énormément apprécié.

Il y a des gens qui ne connaissaient pas Viviane mais avec No Stress et Wouyouma, elle a encore gagné en popularité. Les gens apprécient les mélanges », soutient Akatché.

Une manière peut-être, pour nos artistes, de se mettre à niveau, de suivre la tendance ou d'innover. Ce qui pourrait expliquer le fait que les artistes sénégalais passent aujourd'hui de plus en plus sur les chaines de télévision internationales.

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