7 Janvier 2019

Burkina Faso: Le conseil d'administration du FMI achève les consultations de 2018 au titre de l'article IV avec le Burkina Faso

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Le 21 décembre 2018, le conseil d'administration du Fonds monétaire international (FMI) a achevé les consultations au titre de l'article IV [1] avec le Burkina Faso. Le conseil a achevé aussi la première revue des résultats économiques obtenus par le Burkina Faso dans le cadre d'un programme triennal appuyé par un accord avec le FMI au titre de la facilité élargie de crédit (FEC) ; un communiqué de presse a été publié séparément à ce sujet.

L'économie du Burkina Faso s'est montrée très résiliente face à des problèmes de sécurité considérables au cours des deux dernières années. Le PIB a progressé de 6,3 % en 2017, après une hausse de 5,9 % en 2016, et sa croissance devrait se stabiliser à 6 % en 2018. L'activité est portée par une politique budgétaire expansionniste, notamment une augmentation des dépenses d'équipement en 2017. L'inflation s'est établie à 2,1 % sur un an fin décembre 2017 et est restée à ce niveau en 2018. La dette publique est tombée à 38,4 % du PIB en 2017 : l'impact des nouveaux emprunts a été compensé par l'appréciation de l'euro vis-à-vis du dollar et par une croissance vigoureuse du PIB. Les perspectives risquent d'être révisées à la baisse, principalement en raison de la menace de nouvelles attaques terroristes, qui pourraient peser sur l'activité minière et le tourisme, ainsi que des tensions et des troubles sociaux, qui pourraient compromettre la perception des recettes et accentuer la pression sur les dépenses courantes.

Évaluation par le conseil d'administration [2]

Les administrateurs souscrivent à l'orientation générale de l'évaluation effectuée par les services du FMI. Ils saluent les résultats globalement satisfaisants qui ont été obtenus dans le cadre du programme appuyé par la FEC. Les administrateurs notent que le Burkina Faso est confronté à des problèmes de développement considérables, qui se sont intensifiés récemment en raison de la situation sécuritaire et des troubles sociaux. En dépit des progrès enregistrés au cours des dernières années, les indicateurs de développement humain du Burkina Faso restent parmi les plus bas du monde et la pauvreté demeure élevée. Étant donné les risques de révision à la baisse des perspectives, les administrateurs soulignent qu'il importe pour les autorités de mettre en œuvre fermement leur politique macroéconomique et leurs réformes structurelles pour préserver la stabilité macroéconomique, favoriser une croissance inclusive et améliorer les conditions de vie.

Les administrateurs soulignent qu'il importe de renforcer la discipline et la transparence sur le plan budgétaire. Ils notent avec satisfaction que les autorités sont déterminées à maintenir le déficit budgétaire en-deçà de 3 % du PIB d'ici 2019, et qu'elles ont décidé de fonder leurs budgets sur des projections de recettes réalistes. Étant donné l'augmentation des besoins de dépenses de sécurité, conjuguée au vaste programme social et de développement, les administrateurs engagent les autorités à redoubler d'efforts pour mobiliser des recettes intérieures supplémentaires en opérant des réformes dans les administrations de l'impôt et des douanes ainsi qu'en agissant sur la politique fiscale. Ils saluent l'ajustement récent des prix des carburants à la pompe face à l'augmentation des prix internationaux des carburants, ainsi que l'adoption d'un mécanisme d'ajustement automatique des prix des carburants qui devrait protéger le budget contre des besoins de subventions imprévus, tout en encourageant les autorités à prendre des mesures pour protéger les groupes les plus vulnérables. Les administrateurs notent avec satisfaction aussi que les autorités sont déterminées à budgétiser ex ante tout besoin de subventions aux carburants qui subsiste.

Les administrateurs engagent les autorités à accélérer les réformes de la rémunération dans le secteur public afin d'inverser la hausse rapide de la masse salariale de ce secteur et à concrétiser les recommandations de la conférence qui a réuni les différentes parties prenantes en juin 2018. Ils soulignent que, pour contenir la masse salariale à court terme, il convient de réduire les embauches dans les secteurs non prioritaires et d'examiner les possibilités de rationalisation des prestations et des primes. À terme, l'engagement pris par les autorités de maîtriser la masse salariale et d'en assurer la viabilité devrait être formalisé dans le budget pluriannuel 2020-2022 et le document de programmation économique.

Les administrateurs encouragent les autorités à continuer d'améliorer la qualité et l'efficience de l'investissement public grâce à une priorisation et à une analyse coûts-avantages des projets, y compris des partenariats publics-privés. Les administrateurs recommandent aussi de renforcer la gestion de la dette, notamment en établissant une stratégie robuste et prudente à moyen terme. Les autres financements extérieurs doivent rester concessionnels et être envisagés avec prudence.

Les administrateurs encouragent à opérer des réformes structurelles supplémentaires pour éliminer les obstacles qui limitent la compétitivité de l'économie. Il s'agit en priorité de réduire les goulets d'étranglement dans les infrastructures, notamment dans les secteurs de l'énergie et du transport, d'accroître la productivité et la valeur ajoutée dans le secteur agricole, de diversifier l'économie et de permettre au secteur financier de mieux favoriser une croissance inclusive. Les administrateurs soulignent qu'il est essentiel d'améliorer l'accès aux services financiers pour faciliter la diversification de l'économie et la transformation structurelle. Ils encouragent les autorités à continuer de renforcer le dispositif de lutte contre la corruption.

Il est prévu que la prochaine consultation avec le Burkina Faso titre de l'article IV se déroulera conformément à la décision du conseil d'administration relative au cycle de consultation pour les pays membres ayant un accord avec le FMI.

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