10 Janvier 2019

Madagascar: Campagne électorale - Le rapport de la commission de contrôle de financement attendu de pied ferme !

La messe est dite ! Madagascar a un nouveau président de la République. Il s'agit de l'ex-candidat n°13, Andry Nirina Rajoelina qui attendra son investiture pour prendre officiellement ses fonctions. Justement, avant d'être à la tête du pays, il était candidat, tout comme son principal rival, l'ex-candidat n°25, Marc Ravalomanana, ainsi que les 34 autres candidats qui ont concouru avec eux, lors du premier tour.

Après la proclamation des résultats officiels mardi dernier par la Haute Cour Constitutionnelle (Hcc), les yeux sont maintenant rivés sur la commission de contrôle de financement de la vie politique laquelle, selon les dispositions de l'article 87 de la loi n°2018-008 relative au régime général des élections et des référendums, va, d'une part, « s'assurer de l'accomplissement par le trésorier de compte de campagne de sa mission, du respect de la condition du compte unique » et « contrôler la légalité des recettes perçues, et du caractère électoral des dépenses effectuées », d'autre part. En effet, à partir de la proclamation officielle des résultats par la Hcc, le 8 janvier dernier, et pendant trois mois, cette commission recevra des candidats la déclaration des recettes perçues et des dépenses engagées, constituant, ainsi, leur compte de campagne. (Article 83 de la même loi).

Plafonnement des fonds. Nous ne sommes pas sans savoir que le plafonnement des fonds de campagne qui a toujours été revendiqué par les organisations de la société civile et les observateurs nationaux reste un leurre et à défaut, a occasionné une énorme inégalité entre les candidats : les uns ont pu se payer des hélicoptères pour se déplacer d'un district à un autre, contracter avec des artistes pour animer les meetings, fabriquer des t-shirts et divers goodies à leurs effigies, monopoliser la visibilité dans les médias, (la liste est loin d'être exhaustive) ; d'autres ont pu marquer leur existence à travers les flyers publicitaires et des caravanes mais très rarement, et certains des « petits candidats » n'ont tenu aucun meeting, n'ont conjugué aucun effort mais ont attendu les débats télévisés organisés par la Ceni (Commission Electorale Nationale Indépendante) sur les médias publics pour s'exprimer.

Blanchiment de capitaux. Rappelons que peu de temps avant le début de la campagne électorale du premier tour, Transparency International Initiative Madagascar a établi une fiche qui relate les fonds utilisés par les candidats qu'ils devaient remplir, mais l'initiative a été boudée par la plupart. Les organisations de la société civile ont, notamment, affiché leur crainte par rapport aux contreparties de ces financements (opaques) et les conséquences susceptibles d'altérer la souveraineté nationale. Bref, nous attendons de pied ferme le rapport de cette commission de contrôle de financement de la vie politique qui, dans l'exercice de ses missions, saisit les juridictions compétentes conformément à la législation à cet effet, si elle constate des éléments constitutifs de blanchiment de capitaux ou de toute autre infraction à caractère financier commis aux fins de financement d'une campagne électorale. (Article 88). A suivre.

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