Cote d'Ivoire: Commune du Plateau sous tutelle, toujours la polémique

Vue du Plateau, le quartier d'affaires d'Abidjan, dans la baie de Cocody.

A Abidjan la polémique autour de la mise sous tutelle de la commune du Plateau se poursuit. Avec quatre autres municipalités, le Plateau a été placé la semaine dernière sous délégation spéciale parce que le conseil municipal n'a pu y être installé dans les temps, c'est-à-dire avant le 31 décembre.

Les quatre premières communes sont des municipalités où l'élection a été rejouée mi décembre et dont on attend toujours la validation des résultats. Mais ce n'est pas le cas du Plateau, dont le maire élu est dans le collimateur du procureur.

Ce mercredi, des policiers se sont rendus au domicile de Jacques Ehouo, le vainqueur PDCI des municipales au Plateau afin de lui remettre une nouvelle convocation. Mais ils ne l'y ont pas trouvé.

Depuis le début du mois, la police cherche à entendre le député PDCI, accusé d'avoir participé à des détournements de fonds quand il était dans l'équipe de l'ancien maire, Noël Akossi Bendjo, révoqué il y a cinq mois.

Immunité parlementaire

Mais le député Ehouo refuse de se rendre à cette convocation invoquant son immunité parlementaire. Immunité qui le protège d'une arrestation mais pas d'éventuelles poursuites. Ses avocats, eux, dénoncent des manœuvres politiques visant à empêcher Jacques Ehouo de devenir maire.

A la dernière minute, le 13 décembre dernier, le préfet a fait annuler l'installation du conseil municipal au Plateau. Installation qui n'a ensuite pas été reprogrammée avant la date butoir du 31 décembre.

« Le procureur a été saisi deux fois. La première fois avant les municipales, une deuxième fois après, au sujet de soupçons de mauvaise gestion de la mairie du Plateau », argue le porte-parole du gouvernement qui qualifie cette mise sous tutelle de « mesure conservatoire, le temps que la justice fasse ses preuves ». « Installer un conseil municipal dans un tel contexte pourrait freiner l'exécution de la décision judiciaire », ajoute encore Sidi Touré.

Quel fondement légal ?

« C'est quoi le fondement légal de tout ça ? » s'indigne l'un des avocat de Jacques Ehouo, Me Claver N'dry qui s'étonne de n'avoir toujours pas vu l'arrêté ministériel qui ordonne et justifie la mise sous délégation spéciale du Plateau.

Ne ratez pas ce que tout le monde regarde

Plus de: RFI

à lire

AllAfrica publie environ 600 articles par jour provenant de plus de 150 organes de presse et plus de 500 autres institutions et particuliers, représentant une diversité de positions sur tous les sujets. Nous publions aussi bien les informations et opinions de l'opposition que celles du gouvernement et leurs porte-paroles. Les pourvoyeurs d'informations, identifiés sur chaque article, gardent l'entière responsabilité éditoriale de leur production. En effet AllAfrica n'a pas le droit de modifier ou de corriger leurs contenus.

Les articles et documents identifiant AllAfrica comme source sont produits ou commandés par AllAfrica. Pour tous vos commentaires ou questions, contactez-nous ici.