10 Janvier 2019

Sénégal: Gouvernance - Des acteurs du hip hop pas si contents de Macky Sall

Dans le cadre de la célébration des 30 ans du mouvement hip hop Galsen, les acteurs de ce mouvement ont échangé hier, mercredi 9 janvier, sur les relations entre le hip hop et la politique.

Des acteurs comme Fou Malade ou Daddy Bibson, qui n'avaient pas hésité à soutenir Macky Sall en 2012, décrivent un Sénégal qui est loin d'être sur la bonne marche. Sur ce, disent-ils, il devra encore se développer un rap plus engagé.

Le respect de la Constitution, un mandat de 5 ans, une rationalisation du nombre de ministres, pas de transhumance, une justice indépendante, du travail pour les jeunes.

Autant d'engagements pris par le candidat Macky Sall alors qu'il briguait le suffrage universel en 2012. Ce qui avait d'ailleurs motivé des membres du mouvement hip hop à le soutenir pour donner un nouveau souffle au pays. 6 ans après, que nenni disent ces acteurs !

Aucun des engagements, ou presque, n'a été respecté, excepté, précisent-ils, le secteur de l'électricité.

A l'occasion d'un débat « Jotaayu hip hop » hier, mercredi 9 janvier au Goethe Institut, dans le cadre de la célébration des 30 ans du mouvement hip hop Galsen, les acteurs ont peint un tableau sombre du gouvernement de Macky Sall.

« On revient aux mêmes pratiques et au même système », a soutenu Fou Malade. Allant plus loin, le membre du mouvement Y en a marre estime que « si Macky Sall était en classe d'examen et qu'on devait l'évaluer à partir des engagements qu'il avait pris, il n'allait pas passer ».

Dans ce débat très « intéressant » d'ailleurs, les attaques ne manquent pas à l'endroit du président de la République. Prenant la parole, le rappeur Daddy Bibson n'y est pas allé par quatre chemins pour dire ses vérités.

« Le candidat Macky Sall n'a pas le droit de se présenter à la prochaine élection présidentielle du 24 février. Il a fait deux mandats dont celui de 5ans et un autre de 2 ans après le référendum » a dit l'artiste pro-Idrissa Seck.

Originaire de Thiès, Daddy Bibson trouve que dans ce pays, les priorités se confondent. « Rien qu'avec la moitié du Ter, on pouvait régulariser ces milliers de personnes qui vivaient du train », ajoute le rappeur résident aux Etats-Unis.

Face à des politiciens qui « ne respectent pas trop souvent leur parole », se posait la question de la prise de position du rappeur. Doit-il s'afficher ou pas ? Les réponses variaient de l'un à l'autre.

Mais le moins que l'on puisse dire, c'est que le hip hop devra arriver à « changer les mentalités », disent-ils. A côté d'un style festif devra donc se développer un genre plus engagé qui dénonce de « façon poétique ou virulente les inégalités sociales ».

Pour l'ex candidat aux élections, Badou Kane, « le hip hop est une révolution ». Un point de vue que ne partage pas Fou Malade. « Le divertissement est un aspect fondamental du rap. Le hip hop, c'est un tout. Il y a de la drogue, de la prostitution etc. car c'est le reflet de la rue », soutient Fou Malade.

Quant à Baidy du groupe Bideew Bou Bess, qui a d'ailleurs fait une chanson pour Macky Sall, une façon de « lui rendre hommage à travers ses réalisations », un artiste doit s'intéresser à la politique même si la façon de le faire reste à voir selon lui. Même si pour Baidy, il est loin d'être « politicien » ou de « soutenir » Macky avec cette chanson.

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