10 Janvier 2019

Sénégal: Idée de boycott de la présidentielle par l'opposition - Possible champ libre pour Macky, comme en 2007

L'idée d'un boycott de la présidentielle du 24 février 2019 germerait-elle dans une partie de l'opposition, plus précisément chez certains membres du Collectif des 25 candidats, dénommé C25.

Les mêmes causes semblent vouloir engendrer les mêmes effets, si l'on sait que le boycott des législatives de 2007 par l'opposition dite «significative» d'alors était en partie dû à la rupture du dialogue entre les acteurs.

Comme en 2007, un boulevard pourrait se profiler à l'horizon par le candidat de Bennoo Bokk Yaakaar, Macky Sall, déjà à la tête de la liste de "Sopi 2007".

L'information d'une possible concertation de l'opposition sur le boycott ou pas de l'élection présidentielle du 24 février prochain, suscite une certaine attention. Selon un quotidien qui a cité Oumar Sarr, Secrétaire national adjoint du Pds, le candidat de "Sonko président" aurait préconisé des concertions de l'opposition sur la question, afin de prendre une position commune.

Ladite idée de boycott aurait été émise lors d'une rencontre du Collectif des 25 candidats (C25). Est-ce qu'une telle idée peut bien prospérer, au moment où certains candidats à la candidature, qui ont passé le filtre du parrainage, déroulent des stratégies pour se faire une place au soleil ?

Le moins que l'on puisse dire, la rupture du dialogue entre les acteurs politiques semble être à l'origine de cette idée.

En fait, la majeure partie des recalés par le Conseil constitutionnel via le parrainage, dénonce une utilisation d'un «mauvais fichier» par les «7 Sages» et réclame entre autre l'élimination du parrainage pour rétablir les candidatures invalidées, ou encore la nomination d'une personnalité neutre à la tête de l'organisation des élections. Ce qui ne semble pas être pour demain.

Ainsi donc, les mêmes causes du boycott de l'élection législative de 2007, par l'opposition dite «significative» d'alors, ressurgissent pour la présidentielle prochaine.

En effet, à l'image de l'actuelle opposition, les adversaires politiques du régime d'alors avaient accusé Me Abdoulaye Wade d'avoir triché pour se faire réélire au premier tour, le 25 février, avec près de 56% des suffrages, mais, surtout, d'avoir rompu le dialogue avec ses adversaires sitôt après le scrutin.

Mieux, Moustapha Niasse, Ousmane Tanor Dieng, Idrissa Seck, Amath Dansokho, Abdoulaye Bathily, Ali Haïdar et les autres regroupés autour du Front Siggil Senegaal, réclamaient un audit du fichier, la démission du ministre de l'intérieur Ousmane Ngom et la mise en place d'une structure indépendante chargée d'organiser les élections.

Par conséquent, le 2 avril 2007, douze dirigeants de partis politiques, regroupés au sein du Groupe des 12 (G12), déclaraient qu'ils allaient boycotter les élections législatives, prévues le 3 juin, après deux reports successifs.

Les conséquences de ce boycott sont connues de tous. La coalition "Sopi 2007", avec comme tête de liste Macky Sall, alors Premier ministre d'Abdoulaye Wade, obtient 131 sièges sur 150, même si le taux de participation oscillait entre 30 et 35%.

Ce qui avait été considéré par les analystes politiques, à l'époque, comme une «faute politique» de l'opposition qui aurait laissé le «champ libre» à Wade pour faire passer des lois, même les plus scélérates.

D'ailleurs, le président de l'Assemblée nationale d'alors, Macky Sall, semble avoir fait les frais de cette majorité mécanique pour avoir été défénestré du perchoir par la «loi Sada Ndiaye» qui avait ramené le mandat du président de l'Assemblée de 5 à 1 an.

A ne pas oublier l'exclusion manu militari des députés Moustapha Cissé Lô et Mbaye Ndiaye, soutiens de Macky Sall. C'est aussi cela qui avait failli faire passer le poste de vice-président via le ticket Président-vice président, tué dans l'œuf par le soulèvement populaire du 23 juin 2011.

Une révolte qui a aussi précipité la chute de Wade le 25 février 2012. Même si l'élection législative de 2007 n'est pas comparable à la présidentielle de février prochain, il n'en demeure pas moins que ce sont les mêmes réclamations formulées à l'époque par l'opposition. Ce qui avait ouvert un «boulevard» à Macky Sall, tête de liste de la coalition "Sopi 2007".

Sénégal

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