11 Janvier 2019

Ile Maurice: Coupures d'eau - Les habitants prévoient une manifestation

Des villageois n'ont accès à l'eau qu'une fois la semaine dans certains chemins. Ils invitent les autorités à tenir compte de leurs doléances, sinon ils vont descendre dans la rue.

Une dizaine de familles dans la rue à Michael Lane, à Bel-Ombre/ St Martin. sont très en colère. Elles attendent l'arrivée d'un camion-citerne. «Depuis ce matin nous avons téléphoné pour qu'un camion vienne nous livrer de l'eau, mais il n'est pas encore arrivé. Hier, un autre est venu et le chauffeur s'est arrêté chez une famille seulement avant de repartir», fulmine un Raju Potayah, très remonté.

Depuis le 18 décembre, plusieurs familles ont beau- coup de difficultés à cause des coupures dans la fourniture d'eau. Particulièrement celles qui habitent dans les morcellements, aux impasses Bouba et Hibiscus, à Bel-Ombre, St Martin, Baie-du-Cap et Choisy.

«Nou pa gagn konpran kouma ena semin gagn delo 24 lor 24 ek nou, nou pa gagn ditou. Lorla kan kamion vini, li kit delo zis kot fami kin telefonn CWA ek li ale», déplore Robin Coormiah. Depuis le 1er janvier, ajoute-t-il, de nombreuses familles ont eu l'eau seulement pendant une heure par semaine.

«J'habite là depuis 25 ans. Il y avait des coupures auparavant mais pas comme actuellement. Nous sommes en train de souffrir ainsi que notre famille.» Selon ses dires, la fourniture d'eau s'est beaucoup détériorée depuis la construction des villas et les nouveaux hôtels.

«Ces villas et hôtels sont alimentés 24 sur 24 mais nous, nous sommes pénalisés. Il y a deux mois, Mah- mad Bundhoo de la CWA était venu avec des experts pour trouver une solution. Mais depuis leur départ, rien n'a été fait et on ne répond plus à nos appels», déplore Robin Coormiah.

Les membres des familles Parboteea, Severy, Pazor étaient également sur la rue. Une des femmes explique qu'elle est obligée tous les jours de faire le va-et-vient chez d'autres voisins qui habitent plus loin pour aller chercher de l'eau. «Depuis plusieurs jours, je suis en train d'aller à la corvée de l'eau chez des voisins. Jusqu'à quand cela va-t-il durer?», se demande-t-elle.

Ces mères de famille expliquent qu'elles sont obligées d'acheter de l'eau embouteillée pour préparer leurs repas et même pour donner un bain à leurs enfants. «Enn gran zour lané nou pa ti ena delo. Mé selman nou pe pey bill Rs 300, Rs 400 parey», lance une autre femme.

Julien Bergicourt, un travailleur social de la région, explique que non loin de Michael Lane il y a un réservoir complètement laissé à l'abandon. Des cadres de la CWA sont au courant de la situation mais ils restent les bras croisés, estime-t-il.

Situation identique à Moustache Lane, Baiedu-Cap, où les habitants sont dans le flou. «Nou pa gagn konpran kouma ena fami gagn delo ek ena pa gagné», lance un des habitants. Marcesse Perle, la présidente du village, se dit découragée.

«J'ai frappé à toutes les portes qu'il fallait. Depuis 2013, les autorités sont en train de chercher une solu- tion à nos problèmes. Et j'aimerais attirer leur attention, qu'en une occasion cette région a vécu des émeutes à cause de pareils problèmes et je souhaite que cela ne se répète pas», dit-elle.

Elle ajoute qu'à plusieurs reprises, des experts sont venus sur les lieux et ont fait comprendre aux habitants qu'une pompe serait opérationnelle à Radier, ce qui soulagerait les habitants - mais que cette démarche tarde trop.

Nous avons essayé d'entrer en contact avec l'ingénieur Mahmad Bandhoo de la CWA pour des éclaircissements, mais nos appels n'ont pas abouti.

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