11 Janvier 2019

Sénégal: Abdou Aziz Kébé - «L'effort fiscal n'est pas reparti de façon equitable»

Le Sénégal doit revoir ses systèmes fiscaux pour recouvrer le maximum de recettes et également avoir une bonne maîtrise de la dépense publique pour faire face à ses obligations. C'est l'avis du professeur Abdou Aziz Kébé de l'Ucad.

L'enseignant chercheur à l'Université Cheikh Anta Diop (Ucad) de Dakar, Abdou Aziz Kébé, porte étendard d'une étude du baromètre sur la fiscalité équitable au Sénégal, commanditée par le Forum civil et Oxfam Sénégal, révèle, entre autres insuffisances des systèmes fiscaux, l'injustice fiscale et l'absence de transparence dans l'exécution des dépenses publiques.

Il s'est ainsi exprimé hier, jeudi à Dakar, lors d'un atelier de restitution des résultats du baromètre sur la fiscalité équitable au Sénégal.

Selon ce spécialiste de droit fiscal, «la pression fiscale est forte sur les ménages, comparée aux entreprises. Celles-ci supportent la charge de façon différenciée... »

Poursuivant son propos, il dit ceci: «sur 10.094 entreprises en 2013, le sous-secteur notamment Poste et Télécommunications qui ne compte que 101 entreprises, a payé 52 des 125 milliards FCFA des recettes de l'impôt sur les sociétés collectés», se désole-t-il.

S'agissant de la politique fiscale en matière d'impôts sur le revenu des personnes physiques (Irpp), le professeur Kébé estime qu'elle prélève moins aux pauvres et plus aux riches.

Et, à ce sujet, il précise: «les taux sont variables en fonction de la nature des revenus, de la situation de la famille et de l'ampleur des revenus». Il ajoute que «l'impôt sur le revenu des personnes physiques occupe 17% des recettes fiscales en 2013, contre 14% en 2005».

LA TVA REPRESENTE 45% DES RECETTES BUDGETAIRES

Au chapitre des impôts indirects, M. Kébé laisse entendre que «la TVA (Taxe sur la valeur ajoutée, ndlr) constitue l'élément pivot des recettes budgétaires, représentant 44 à 45% des recettes fiscales».

Toutefois, comparativement à d'autres pays en développement plus dynamiques d'Afrique ou ailleurs qui affichent entre 20 et 26%, les efforts doivent être renforcés dans la recherche de la matière imposable.

Ce qui lui fera relever que «le Sénégal a le meilleur taux de prélèvement fiscal sur le Produit intérieur brut (PIB) dans la région Union économique monétaire ouest africaine (UEMOA), avec 19,5%».

L'INFORMEL FAIT PERDRE ENORMEMENT A L'ETAT

Apparemment très dynamique, avec plus de 54% de part de l'économie nationale, le secteur informel entraine d'importantes pertes de recettes, fait remarquer l'étude. Et ce, en dépit des efforts du législateur...

Même constat pour ce qui est des exonérations fiscales. Les statistiques indiquent ainsi des manques-à-gagner considérables de 3 à 4% du PIB, soit plus du quart des recettes effectivement collectées au Sénégal.

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