11 Janvier 2019

Burkina Faso: Réhabilitation de la Grande Mosquée de Banfora - Tensions autour du démarrage des travaux

La communauté musulmane de Banfora a une fois de plus fait parler d'elle le 9 janvier 2018, à travers une tension qui a failli dégénérer en pugilat si les éléments de la Police nationale n'étaient pas intervenus.

On croyait que la crise au sein de la communauté musulmane de Banfora était finie depuis 2018 avec la nomination d'un président des imams de la Comoé et d'un imam de la mosquée du secteur 2 (la grande mosquée de Banfora).

Cependant, les événements vécus ce 9 janvier 2019 dans la Cité du paysan noir, montrent une fois de plus que cette maison de Dieu continue de faire l'objet de conflit entre les deux groupes qui tentent chacun d'en avoir le contrôle.

En effet, la Police nationale a investi les lieux très tôt le matin, le 9 janvier dernier, pour éviter un éventuel affrontement entre les deux groupes. Pendant ce temps, de son côté, le gouverneur a convoqué un conclave avec les leaders des deux camps.

Cette rencontre a commencé vers 10h et il a fallu attendre 17h pour voir « la fumée blanche » sortir du bureau du gouverneur.

A 13h, l'heure de la prière, le gouverneur a dû suspendre la rencontre pour demander aux leaders qui se trouvaient dans son bureau de se rendre à la mosquée pour inviter les fidèles des deux camps qui s'y étaient rassemblés, au calme et mieux, à regagner chacun sa base.

Au sortir de la rencontre, c'est le président du Conseil régional des Cascades, N'Gollo Drissa Ouattara, qui a accepté de répondre à nos questions. Il s'y trouvait en même temps que le PCR, adjoint au maire ainsi que les autorités militaires et paramilitaires.

A l'entendre, plusieurs activités étaient programmées autour du lancement des travaux de réhabilitation de la grande mosquée, prévu le 11 janvier 2019. Selon le président Ouattara, en prélude à ladite cérémonie, le camp des autochtones a souhaité tenir une séance de prêche le 9 janvier 2019.

Et l'actuelle structure dirigeante de la grande mosquée, qui, de l'avis des adeptes du premier groupe, est à dominante halogène, n'a pas donné son aval pour ce prêche parce qu'elle n'a pas été concertée au départ. Pour le PCR, il s'agit simplement d'une incompréhension entre les deux parties.

C'est pourquoi il salue l'initiative du gouverneur qui les a rencontrées. Cette rencontre, poursuit-il, a produit de bons résultats car, elle a permis de prendre des résolutions qui vont juguler définitivement la crise.

En ce sens, explique-t-il, la rencontre a décidé de reprendre la mise en place des différents bureaux, d'annuler les deux séances de prêche mais de maintenir le lancement des travaux de réhabilitation de la grande mosquée au 11 janvier 2019.

Cette reconstruction vise, selon le PCR, à doter la ville de Banfora d'une mosquée à la dimension de la commémoration du 11 décembre 2020 que la région des Cascades abritera.

Ousmane Traoré, premier vice-président de la communauté musulmane du nouveau bureau, donc opposé à l'actuelle structure dirigeante de la grande mosquée, explique que c'est dans le souci de manifester leur soutien aux FDS qui luttent actuellement contre le terrorisme que le nouveau bureau de la communauté musulmane a souhaité une séance de prière et le prêche en lieu et place d'une marche qui avait été proposée. « Cette séance était prévue pour le 9 janvier 2019.

Nous avons adressé une correspondance dans ce sens aux autorités qui avaient donné leur accord avec bien sûr des règles à observer. Malheureusement, il y a eu des commérages pour décourager certains fidèles et les empêcher de venir à cette prière.

Pire, à notre arrivée, nous avons constaté avec un grand étonnement que les portes de la mosquée étaient hermétiquement fermées.

Comment peut-on empêcher des fidèles d'avoir accès à la maison de Dieu ? », s'est indigné Ousmane Traoré qui ajoute que « depuis le 15 août 2018, nous avons un nouveau bureau de la communauté, reconnu par les autorités.

Ce renouvellement devait intervenir du vivant de l'imam Bah Ouattara ayant présidé le bureau pendant 27 ans.

Mais comme entre temps, celui-ci était malade, nous avons laissé tomber. Après son décès, nous voyons que c'est le vice-président qui, au lieu de renouveler le bureau, est en train de poursuivre un mandat qui est fini de longue date.

C'est la raison pour laquelle nous avons renouvelé le bureau le 15 août 2018, après avoir diffusé un communiqué qui invitait tout le monde à participer à la rencontre tenue à cet effet.

L'ensemble des 9 communes de la province étaient représentées à cette AG et nous détenons un récépissé de reconnaissance du nouveau bureau.

Pourquoi il s'en trouve des gens qui veulent remettre cela en cause ? », s'interroge alors Ousmane Traoré qui, plus loin, dit qu'il n'est pas d'accord avec la proposition du gouverneur de reprendre la mise en place du bureau de la communauté musulmane.

« A l'image des changements qui sont intervenus à la mairie de Banfora, et à tous les niveaux de l'administration déconcentrée, c'est un processus qui a été conduit au su et au vu de tout le monde.

C'est une décision qui a été prise et acceptée alors que je n'étais pas encore arrivé dans la salle de rencontre du gouverneur sinon, je m'y serais opposé », s'est-il offusqué.

Au même moment, c'est à la grande mosquée que l'autre camp, à savoir celui qui la dirige actuellement, s'est retrouvé pour le compte rendu de la concertation avec le gouverneur. Aboubacar Sanou qui fait office de vice- président de la communauté musulmane pour ce camp, leur a porté les grandes décisions de la rencontre.

Et même s'ils reconnaissent qu'ils doivent un bilan à la communauté musulmane, ils reconnaissent que ce sont les crises suscitées par l'autre camp qui prolongent indéfiniment le renouvellement de la structure.

C'est, a-t-il indiqué, une activité que nous avions programmée pour le 11 janvier 2019 juste après le lancement des travaux de réhabilitation de la grande mosquée mais, comme vous le savez et à cause des remous de ce matin, madame le gouverneur a demandé de surseoir à cela en attendant.

Elle a également demandé que le bureau qui avait été formé par l'autre camp, cesse d'exister pour que plus tard, nous puissions ensemble mettre en place un bureau consensuel.

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