11 Janvier 2019

Burkina Faso: Le syndicat des travailleurs dénonce des exactions et frustrations

Les conditions du personnel du ministère de l'Environnement, de l'économie verte et des changements climatiques et la situation sécuritaire, étaient au menu d'une conférence de presse tenue le jeudi 10 janvier 2019.

Celle-ci a été animée par le Syndicat national des travailleurs de l'environnement, du tourisme et de l'hôtellerie et s'est tenue à la Bourse du travail de Ouagadougou.

« Voici plusieurs années que les agents du ministère de l'Environnement, de l'économie verte et des changements climatiques tentent de contenir leur colère face aux exactions, frustrations et à la mal gouvernance du département », a déclaré Youssiffo Ouédraogo, secrétaire général du Syndicat national des travailleurs de l'environnement, du tourisme et de l'hôtellerie (SYNTETH).

C'était le 11 janvier dernier lors d'une conférence de presse qui a eu lieu à Ouagadougou, pour évoquer les conditions des agents dudit ministère et la situation sécuritaire.

Les militants du syndicat ont tenu à relever dans un premier temps que leur département de tutelle est attribué aux partis politiques satellites du parti au pouvoir depuis le régime de Blaise Compaoré à l'actuel régime, en guise de récompense.

Et Youssiffo Ouédraogo de relever que la lutte contre les feux de brousse, la surveillance des forêts et de l'exploitation forestière sont devenues exceptionnelles.

Tout simplement parce que sur le terrain, les agents, avoue-t-il, sont confrontés au manque d'infrastructures, d'équipements et de matériel de travail. Résumant que « les services forestiers manquent de tout pour mener à bien leur mission ».

Une situation, selon le SYNTETH, exacerbée par la recrudescence des attaques terroristes, et à ce sujet, confie le secrétaire général, le personnel des Eaux et forêts a toujours dénoncé l'occupation anarchique des forêts classées sans une réaction des autorités.

Ce qui fait que ces forêts sont devenues le nid des bandits et des terroristes. Le syndicat ne manque pas de relever que pour l'année 2018, 12 attaques ont été enregistrées contre des services forestiers qui ont fait trois morts dans leurs rangs et d'importants dégâts matériels.

Le SYNTETH souligne que les agents forestiers sont très peu et mal équipés pour faire face aux dangers naturels tels que les animaux et les braconniers encore moins à l'ennemi terroriste.

C'est dans ce sens qu'il interpelle le ministère de tutelle face à l'insuffisance d'armes, l'absence de dotation en tenues, le manque de moyens logistiques et le renforcement des capacités, pour faire face à la situation.

Et le secrétaire général de revenir sur le décret portant adoption du plan d'action pour la mise en œuvre des mesures urgentes dans le secteur de l'environnement et du développement durable dont la mise en œuvre devrait permettre d'améliorer sensiblement la contribution du ministère à la lutte contre l'insécurité et qui, finalement, a été reléguée au second plan.

Tout en confirmant cela à travers le budget, prévu pour la mise en œuvre de ce décret, qui était de 3 milliards de F CFA puis de 4 milliards de F CFA, au départ, est passé à 2,8 milliards de F CFA comme leur a fait savoir leur ministre de tutelle lors d'une rencontre qui a eu lieu le 8 janvier dernier.

Abordant la question de la carrière, le syndicat fait savoir que le ministère a mis plus de deux années pour formuler une dizaine de textes d'application en vue de rendre opérationnelle la loi portant statut du cadre paramilitaire des Eaux et forêts.

Pendant ce temps, déclarent les syndicalistes, les ordres de mission particulièrement de leur ministre à l'extérieur du pays, sont signés à la volée.

Ils dénoncent cette mal gouvernance et invitent à la valorisation des agents recrutés pour son compte sans exclure le recours à des compétences externes.

Sur ce point, le SYNTETH dit avoir interpellé le ministre sur la question de l'afflux important du personnel extérieur. Il ne manque pas d'évoquer les affectations discriminatoires ou en violation du principe du respect de la hiérarchie, ajoutant que les Eaux et forêts sont le seul corps paramilitaire qui n'existe que de nom.

Face à ce climat social, le SYNTETH interpelle les premiers responsables du ministère à traiter dans les brefs délais ses préoccupations. Dans le cas contraire, ils seront responsables de la dégradation du climat social qui adviendrait.

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