11 Janvier 2019

Tunisie: Le mobilier urbain a besoin d'un sérieux coup de neuf !

Les municipalités, avec le poids de plus en plus pesant et le rôle du tourisme, se devaient de mettre en place des initiatives à même d'organiser et d'enjoliver les entrées des villes C'est ainsi que l'on a commencé par mettre de l'ordre sur les axes principaux qui donnent accès aux villes. L'éclairage, le traçage d'une double voie, la plantation de ficus ou d'arbres ainsi que d'autres améliorations ont donné un coup de neuf aux principales villes touristiques d'abord, aux autres bourgades ensuite.

Mais, étant donné que les espaces urbains constituent la vitrine de la ville, il y eut des actions entreprises beaucoup plus engagées. C'est ainsi que les ronds-points sont beaucoup plus soignés avec des sens giratoires et un traçage qui fluidifie la circulation. Les feux sont posés pour discipliner les conducteurs, les arbres sont plantés sur des surfaces linéaires plus importantes, l'éclairage est mieux réparti, les abribus sont beaucoup plus accueillants, des fleurs et... du gazon apparaissent ici ou là, les trottoirs sont carrelés ou bitumés, etc.

Au service du citoyen

Le mobilier urbain est donc, selon une expression contemporaine, une notion englobant tous les objets que l'on utilise ou qu'on pose pour ce genre d'opération. Ces actions de pose ou de créations nouvelles reflètent le dynamisme des décideurs qui gèrent la ville. Elles sont en principe des réponses à des doléances des citoyens de telle ou telle ville.

Les citoyens ont des demandes qui ne sont pas toujours compatibles avec les vues des décideurs, mais la priorité est toujours (théoriquement) accordée à ceux qui ont émis le vœu de voir leur ville bénéficier de telle ou telle commodité.

Bien entendu, tout ce «mobilier urbain» se doit d'être de qualité pour durer d'abord pour répondre aux aspirations des citoyens. Il exige de l'entretien et une attention permanente.

Est-ce le cas ? Ce n'est pas toujours vrai.

Si nous prenons en considération les destructions de ce mobilier par mains d'hommes, nous comprenons que dans bien des cas, faute d'éducation et de poigne pour faire respecter la loi, tout se dégrade.

Cela se dégrade également, faute d'entretien. Le manque de moyens est le plus souvent cité comme excuse.

Il y a aussi les priorités et l'absence totale de rationalité dans les actions entreprises pour réparer ou pour poser de nouveaux mobiliers.

C'est ainsi qu'une équipe, qui vient réparer un trou, le fait mais néglige de colmater un autre qui est à quelques mètres. Cela suppose quoi ? Tout simplement des ordres de mission qui ont été délivrés sans qu'on ait vu de visu ce qu'il y avait à faire. Il suffit qu'un responsable soit passé dans les parages et que ses amortisseurs aient subi un sale coup, pour qu'il intervienne pour faire procéder à la réparation. Ce qui est aux alentours peut attendre des années sans que rien ne soit fait.

Fonctionnalité et convivialité

Les aménagements sont en principe le fruit d'une collaboration entre les concepteurs et les gestionnaires des lieux. Ce qui est en fin de compte décidé devrait répondre à des exigences de rationalité et de convivialité. Ce n'est pas toujours le cas. Lorsque nous voyons des pots fleuris posés puis abandonnés et que la soif a eu raison de ces pauvres fleurs, faute d'arrosage, on se demande pourquoi avoir agréé une initiative pareille, si l'on n'est pas sûr de pouvoir tenir le rythme qu'impose un arrosage régulier. Se posent également les styles à choisir. Dans chaque ville tunisienne il y a un style à respecter, une couleur, des traditions.

Cela n'est pas toujours respecté, mais il y a des municipalités, gérées par des administrateurs originaires des lieux qui tiennent à ces principes en dépit du relâchement constaté depuis la révolution et les problèmes qu'a connus la gestion des municipalités.

Espérons que l'on se remettra au travail pour reprendre la situation en main et que l'on corrigera tout ce qui s'est détérioré ou qui s'est tout simplement effrité faute de rigueur dans l'application de lois en vigueur.

Beaucoup reste à faire

Il ne s'agit pas de dénoncer. Cela ne servirait à rien, mais nous espérons qu'avec la volonté de relancer sérieusement le tourisme (sans oublier la quiétude et le droit à la propreté et aux commodités de tout citoyen), il faudrait effectuer une véritable mise à niveau.

En ayant le bon discours, les citoyens pourraient participer et ils seront sans doute les premiers à protéger ces acquis.

Lorsqu'on constate ces pylônes éventrés avec des fils électriques qui pendent, ces plaques de rues mal traduites(une honte !), ces trous qui jalonnent des routes et rues principales, ces trottoirs défoncés, ces arbres qui étouffent dans des corsets qui auraient dû être enlevés depuis des années, ce «gazon» qui n'a plus que le nom, cette publicité sauvage qui perdure, ces vestiges d'intervenants qui n'ont pas pris la peine de remettre en ordre ce qu'ils ont détruit après leurs interventions, ces arbres ou palmiers non élagués, ces abribus transformés en échoppes, ces bancs ou chaises tordus et bien des choses encore, cela donne froid dans le dos.

Et... malheureusement, à l'occasion de toutes ces marches sensées être pacifiques et ces agissement inconsidérés contre le mobilier urbain des villes et villages, il devient difficile de faire la part des choses.

Il faut bouger messieurs. Vous avez été élus pour faire œuvre utile, en dépit des difficultés !

Tunisie

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