11 Janvier 2019

Tunisie: Un ministère de l'endettement - 40 milliards de dinars en 4 ans !

Salem Labiadh s'est ainsi adressé en des termes agressifs à Zied Ladhari, le ministre nahdhaoui du Développement, de l'Investissement et de la Coopération internationale, qui était présent dans l'enceinte de l'Assemblée, l'accusant d'avoir fait de son département un ministère de l'endettement.

Et Labiadh de lui demander des comptes quant à l'usage qui a été fait de tous ces fonds. Alors que, dira-t-il, les déficits commerciaux s'exacerbent, que l'endettement devient écrasant, que le chômage persiste, que l'investissement peine à redémarrer et que le dinar ne cesse de s'écrouler...

Vous commercialisez des illusions

Et de s'écrier : «Vous commercialisez des illusions à l'adresse des Tunisiens et je vous demande de répondre, de donner des chiffres, de leur expliquer où va cet argent, quels sont les projets, où sont les réalisations ?».

Le ministre Ladhari, pris au dépourvu, n'a pu que grommeler quelques sentiers battus à propos des difficultés de la finance publique et de la crise de la production industrielle non manufacturière, comme le phosphate ou le pétrole. Car le chiffre avancé par Labiadh est important, se trouvant être très proche de l'ensemble du budget de l'Etat pour l'exercice 2019.

Zied Ladhari a tout de même expliqué qu'il revient au cadre unifié mis en place par le gouvernement de procéder à l'évaluation des projets de l'Etat et d'activer leur réalisation.

L'apport du développement inclusif

A propos du Programme de développement inclusif raillé par les députés de l'opposition, Ladhari a indiqué qu'il était procédé à une sélection des délégations appelées à bénéficier de ce programme national, sur la base des indicateurs de croissance.

Mais il est bien vrai que d'importants projets des zones frontalières tardent trop à voir le jour alors que les fonds leur revenant sont disponibles. Un net dépassement des délais raisonnables souhaités par le gouvernement. Et cela du fait de litiges fonciers, de procédures bureaucratiques complexes ou de situations juridiques contraignantes. Sachant, comme l'a précisé le ministre, que la sélection des délégations bénéficiaires du programme de développement inclusif a été opérée en se référant aux indicateurs de croissance.

Le revêtement des pistes rurales

Ladhari a tenu à passer en revue les avancées des interventions du Programme de développement inclusif dans les gouvernorats de Sidi Bouzid, de Gafsa et de Béja... pour donner la mesure de son intérêt pour ces régions. Indiquant en conclusion que son ministère va procéder, au cours de la 3e phase de ce programme, au revêtement de 85 km de pistes rurales dans le gouvernorat de Sidi Bouzid. Cette ville qui a vu démarrer l'insurrection populaire et qui en est devenue le symbole et l'unité de mesure de l'œuvre de changement, que tout le monde s'accorde à trouver par trop lent. Une lenteur qui handicape l'action de l'équipe gouvernementale mais dont la responsabilité incombe aux députés, et notamment aux groupes parlementaires contrôlant la majorité. Puisque ce sont eux qui répugnent à accorder les coudées franches au chef du gouvernement. Son projet de loi sur les urgences économiques sommeille dans les tiroirs de l'Assemblée.

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