12 Janvier 2019

Congo-Kinshasa: Les premiers mots du Président élu !

Prenons une minute de silence en vue d'avoir une pensée pour ceux qui nous ont quittés. Quand ce combat a commencé, certains ici n'étaient pas encore nés. Aujourd'hui, ils sont à l'âge adulte et ont épousé cette lutte. A l'heure qu'il est, le combat vient de prendre fin. Raison pour laquelle nous devons avoir une pensée pour ceux qui nous ont déjà quittés.

Je voudrais commencer mon message en français pour les journalistes étrangers qui sont avec nous.

Mes dames et messieurs de la presse, aujourd'hui est un grand jour, un jour historique pour la République Démocratique du Congo. Mais également un jour historique pour l'opposition traditionnelle dans ce pays qui est la République Démocratique du Congo.

Bien entendu, ces résultats sont encore provisoires et restent à confirmer par la Cour Constitutionnelle. Avant tout, je voudrais rendre grâce à Dieu, le maître des temps et des circonstances qui a permis un tel événement qui était encore il y a quelques semaines inimaginable. Voilà pourquoi j'enchaine directement et je sais que pour beaucoup d'entre nous, c'est difficile à accepter, mais je le dis avec sincérité : je rends hommage au Président Joseph Kabila, Président de la République (acclamations du public).

Je vois que vous avez eu la même réflexion que moi. Aujourd'hui nous ne devons pas le considérer comme adversaire, mais plutôt comme un partenaire de l'alternance démocratique dans ce pays. Mes pensées vont également aux pères fondateurs de ce combat. Les Fondateurs de l'UDPS qui avaient commencé dans le parlement avec notre défunt président Etienne Tshisekedi, le défunt président Ngalula Panda Njila Joseph, le défunt président Makanda Mpinga Anaclet, le défunt président Isidore Kalala Tshongo Wa Minanga et j'en passe et pas des moindres. Il y en a même qui parmi eux sont encore vivant. Je pense au Fondateur Paul Kapita et au patriarche Gabriel Kyungu Wa Ku Mwanza.

De leur lettre ouverte de 1990, ils ont par la suite été rejoints par d'autres de leurs camarades qui, courageusement ont quitté le Comité central du MPR de l'époque pour se lancer aussi dans ce combat. Je voudrais rendre hommage aussi au président Frederick Kibasa Maliba et au président Vincent Mbuakiem Nyaoliem. Il y a eu aussi d'éminentes personnalités venues de la société civile. Je pense ici au professeur Lihau Ebua Marcel et le professeur Dikonda Wa Lumanisha. La plupart des noms que je viens de citer, si pas tous, ne sont plus de ce monde. Tout cela parce qu'ils ont livré ce combat héroïque, en se jetant corps et âme dans la bataille et y laissant pour la plupart d'entre eux leur sang et leurs vies, car ils pouvaient encore, n'eût été ce combat, être encore parmi nous.

Ils nous ont laissé ce combat et je me souviens encore de cette discussion que j'ai eue pour la première fois avec le président défunt Etienne Tshisekedi qui, après leur première arrestation le 31 décembre 1980, ont été libérés au mois de mars 1981, il m'a appelé parce qu'en ce moment-là, j'étais le plus âgé de ses enfants ici au Congo, mes deux ainés étant partis aux études en Europe, il m'a appelé et m'a dit, ce combat que nous avons commencé, nous ne serons peut-être pas là lorsqu'il aboutira. Mais nous sommes sûrs d'une chose : c'est que nous venons d commencer une chose qui s'arrêtera par la victoire de ce peuple. Croyez-moi, je ne pensais pas que ce jour-là allait être un certain 10 janvier 2019 et encore moins, je ne pensais pas que j'allais être le symbole justement de l'aboutissement de ce combat. Aujourd'hui je suis heureux. Heureux d'abord pour vous base. Et à travers vous, je suis heureux pour le peuple congolais.

Parce que ce processus électoral, il n'y avait personne qui pouvait penser qu'il allait se dérouler dans le calme, dans la paix. Tout le monde pensait qu'on allait arriver à l'affrontement, aux violences, à l'effusion de sang. Personne ne pouvait imaginer en tel scénario et surtout un scénario au cours duquel, un candidat de l'opposition allait sortir victorieux. Voilà pourquoi j'en profite aussi pour rendre hommage à la CENI et à son président Corneille Nangaa qui, malgré les critiques, malgré les menaces, est resté imperturbable et est allé jusqu'au bout de sa logique et aujourd'hui nous pouvons dire que la vérité des urnes a triomphé.

Je voudrais remercier aussi les candidats qui ont compéti avec moi. Tous sans exception, mais principalement, les deux autres grands candidats. Je pense ici à Martin Fayulu et Emmanuel Shadary. Je sais qu'en ce moment, que soit eux ou leurs partisans, ils sont traversés par la déception et l'amertume. Mais, je voudrais les assurer pour leur dire que cette victoire est aussi la leur. Parce que je tiens à préciser que je serai le président de tous les congolais. Je serai le président de tous les congolais. Je serai le président des congolais qui m'ont élu, et de ceux qui ne m'ont pas élu. Je ne serai pas le président d'une organisation politique qui est le « Cash ». Je ne serai pas le président d'un parti politique, l'UDPS. Je ne serai pas le président d'une tribu, la tribu des lubas. Je serai le président des congolaises et congolais. Et donc, je voudrais rendre hommage à un compagnon de lutte qui lui aussi a été énormément critiqué, injurié, trainé dans la boue. Sans ménagement, que ce soit lui ou sa famille, exactement comme moi. Qui est sorti d'une grosse déception à Genève et qui s'est relevé et a dit, « Félix, Mon Frère, allons de l'avant ». Nous nous sommes donné la main, aujourd'hui la victoire est là. Je voudrais saluer Vital Kamerhe.

Maintenant, je veux vous remercier tous et à travers vous, remercier principalement nos cadres. Et dans nos cadres il y a nos secrétaires généraux qui sont les vrais artisans de la gestion quotidienne de nos partis politiques respectifs. Ces hommes ont été extraordinaires. Ils ont tenu nos partis et aujourd'hui, ils nous ont amené à la victoire. Jean Marc Kabund et Baudouin Mayo, je voudrais vous saluer au nom de nos bases respectives et vous dire merci beaucoup, merci.

Je n'aurais pas terminé si je ne remerciais pas ma chère et tendre épouse, ma moitié, la mère de mes enfants, mon amour, mon grand amour, Denise akeru. Lèves-toi et viens aussi preendre les hommages de la base. Je voudrais rendre encore hommage à une dame qui est absente ici. Mais qui a été de tous les combats. Même le combat après le décès de son illustre mari. Je pense à maman Marthe Kasalu qui n'est pas là, mais qui doit être très heureuse en ce moment parce que, maintenant je peux vous l'annoncer, le retour au pays de notre leader est pour dans quelques jours. Alors je ne peux pas terminer sans rendre hommage à une autre dame qui, elle, est ici. Vous avez entendu ce que le secrétaire général adjoint vous a dit à propos de vital Kemerhe. Il faut l'honorer parce qu'il se retirer à ma faveur. Mais derrière cette décision, il y a quelqu'un, une dame, une grande dame, une femme sage qui a soufflé cette bonne idée à Vital Kamerhe, comme une reine, Maman Amida Mwakasa. Acclamez-la svp.

Voilà, je ne pourrais pas répéter en lingala ce que j'ai dit en français. J'ai été un peu injuste en vous parlant en lingala. Je suis maintenant président de la République, je me dois d'apprendre et perfectionner le kikongo et le swahili pour totaliser toutes les quatre langues nationales comme mon frère Kamerhe.

Je vous remercie, loin de nous la distraction. Le travail commence maintenant. C'est le temps du travail et de l'amour du Congo et du Congolais.

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