14 Janvier 2019

Tunisie: Le temps des mercenaires sera-t-il révolu ?

Bien que le plus souvent abordé en tant qu'exemple d'une mondialisation réussie, sous l'angle de l'étude des flux de joueurs, le football se présente plutôt comme un cas permettant d'illustrer les différentes évolutions en direction de l'effacement géographique et sociologique des frontières.

Aujourd'hui, différents processus à la fois politiques, économiques et socioculturels défient l'approche classique de la frontière.

La Fédération tunisienne de football est passée à l'acte. Aussitôt la proposition des membres de l'Unaf faite, en marge de l'assemblée générale extraordinaire de la CAF à Sharm El-Cheikh, que les membres du bureau fédéral de la FTF l'entérinent. Résultat : à l'occasion du mercato hivernal, les footballeurs de la zone Unaf (Union nord-africaine de football), composée de l'Algérie, du Maroc, de la Libye, de l'Egypte, sont désormais en mesure d'obtenir des licences ordinaires à l'exemple des footballeurs tunisiens. L'initiative revient au président de la FTF, Wadi Jari, qui n'a pas attendu la prochaine réunion du bureau exécutif de l'Unaf, pour donner le coup d'envoi au libre marché des joueurs maghrébins.

En clair, rien n'empêcherait, dans ce cas de figure, de voir évoluer à l'avenir des clubs tunisiens sans aucun joueur... tunisien sur la pelouse! Si l'on se place du côté du dirigeant de certains clubs, bonjour la déflation! Il leur sera possible de bâtir avec des joueurs de pays à monnaie faible une bonne équipe de football à moindres coûts. Mais si l'on se place du côté des défenseurs des joueurs tunisiens, c'est une perspective dramatique.

Le cas des footballeurs professionnels, une population le plus souvent considérée comme faisant partie d'une élite migratoire bien intégrée dans un marché du travail mondial et pour laquelle les frontières n'ont plus d'importance, a souvent fait débat.

Si les réseaux de transfert de joueurs tendent de plus en plus à se «transnationaliser», ils continuent à être redevables de proximités géo-culturelles que l'intégration économique ou l'unification des communautés maghrébines n'ont pas encore réussi à redessiner.

La Fédération algérienne a opposé son refus à l'ouverture des frontières et à la liberté de circulation des joueurs maghrébins dans son championnat. A la différence, d'autres pays, dont les joueurs s'exportent peu, peuvent tirer profit de la plus grande liberté de circulation accordée aux footballeurs dans l'histoire du football maghrébin.

Le champ d'application du droit de l'Union du Maghreb ne peut pas s'arrêter aux normes étatiques, mais il doit toucher également les réglementations sportives dans la circulation des joueurs. Il peut ainsi avoir des impacts sur l'économie du football. Encore, faudrait-il assurer aux clubs leur identité, au moins nationale.

Tunisie

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