14 Janvier 2019

Tunisie: Lutte contre les rejets qui polluent le lac

Le lac de Bizerte est une lagune côtière qui communique avec la mer Méditerranée par le goulet de Bizerte et avec le lac Ichkeul par l'oued Tinja. S'il n'est actuellement sujet à aucun classement national ou international, il constitue cependant avec le lac Ichkeul un système hydrique unique par l'échange direct de flux hydriques et biologiques à travers un canal naturel qu'est l'oued Tinja.

Par ailleurs, le bassin versant du lac de Bizerte constitue un pôle de développement socioéconomique très important caractérisé par des activités industrielles, agricoles, portuaires et commerciales très variées et très dynamiques qui font peser des pressions importantes sur le lac de Bizerte. Conséquence : la dépression du lac de Bizerte est sous l'influence de plusieurs rejets : des rejets hydriques provenant des zones urbaines ainsi que des rejets industriels divers provenant des zones industrielles dans la zone.

Altération des écosystèmes

Ces différents rejets affectent la qualité physico-chimique et biologique des eaux du lac et entraînent l'altération des écosystèmes et la perturbation des activités de pêche et conchylicoles dans le lac.

Les volumes rejetés dans le lac sont estimés par l'étude de 2011 à 1,6 million de m3 par jour dont 116 mille m3 proviennent des rejets industriels, domestiques et de lixiviats. Les apports les plus importants en termes de débits proviennent naturellement des eaux de ruissellement qui représentent 88% des volumes reçus par le lac et apportent par conséquent les charges polluantes les plus importantes.

En matière de pollution anthropique, les rejets domestiques sont les plus importants en termes de débit (49% des rejets hors eau pluviale) et en termes de pollution organique (plus de 60% des apports de DBO5 et de DCO, hors eau pluviale).

Les rejets industriels apportent quant à eux les charges les plus importantes en métaux lourds, en ne considérant que les rejets totalement anthropiques.

C'est dans ce contexte que le gouvernement tunisien, à travers son ministère chargé de l'Environnement, a lancé, en 2004, une étude sur la dépollution du lac de Bizerte, qui s'inscrit dans le cadre d'un programme intégré pour la dépollution de la région du lac de Bizerte. Ce programme est cofinancé par la Banque européenne d'investissement (BEI) et la Banque européenne pour la Reconstruction et le développement (Berd). Ce programme, piloté par le ministère chargé de l'Environnement, dispose d'un budget de plus de 90 millions d'euros sur une période de 6 ans et s'articule autour des travaux d'assainissement, de dépollution, d'aménagement des berges et de gestion des déchets solides.

Les missions de l'Anpe

Une attention particulière a été accordée à l'importance de pérenniser les interventions et les actions de dépollution qui seront entreprises dans le lac et d'évaluer régulièrement leur efficacité et leurs effets sur le maintien des mécanismes de fonctionnement naturels de l'écosystème.

Un plan de suivi environnemental a été suggéré dans ce sens et l'Anpe a été identifié dès le départ comme partenaire national principal dans la concrétisation des actions de ce programme.

L'Anpe compte en effet parmi ses missions fondamentales la lutte contre toutes formes de pollution et assure d'ores et déjà la réalisation de plusieurs actions de suivi et contrôle environnementaux à l'échelle nationale et qui couvrent quasiment toutes les ressources naturelles, avec des degrés de développement différents.

En effet, l'Anpe assure entre autres une mission de suivi de la qualité des eaux, eaux de surface et eaux souterraines. L'agence gère également la surveillance de la qualité de l'air ambiant à travers le Réseau national de surveillance de la qualité de l'air (Rnsqa).

Egalement l'Anpe assure une mission de suivi des écosystèmes naturels, particulièrement le parc national de l'Ichkeul et une mission de contrôle de la qualité des rejets dans le milieu récepteur.

L'Anpe est donc chargée d'assurer la durabilité des actions de dépollution du lac de Bizerte à travers le suivi et le contrôle environnemental du lac de Bizerte et son bassin versant.

L'Anpe assurera, en effet, le suivi et le contrôle des points de rejet : ce suivi concerne le contrôle des rejets hydriques et atmosphériques industriels à la source, le suivi environnemental de l'écosystème du lac de Bizerte. Le système d'alerte relatif à la qualité des milieux dans et autour du lac de Bizerte a été au centre de cette rencontre car si le suivi environnemental est très important, certains phénomènes nécessitent une compréhension plus complète et plus approfondie pour agir plus efficacement sur les impacts écologiques et socioéconomiques.

Il y a lieu de signaler que l'Anpe aura à sa disposition un Fonds pour la recherche scientifique (300.000€) pour lancer des appels à propositions pour des activités de recherche sur le lac de Bizerte. Un comité scientifique sera créé par l'Agence pour évaluer les projets de recherche reçus. Les organismes scientifiques ou universitaires qui feront partie du Comité scientifique seront exclus de toute participation aux appels à proposition.

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