14 Janvier 2019

Afrique: Des perspectives économiques assombries en 2019

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Le redressement de l'économie subsaharienne se poursuit, bien qu'à un rythme plus faible.

La croissance en Afrique subsaharienne a progressé, passant de 2,6 % en 2017 à 2,7 % en 2018. Une progression inférieure aux prévisions, en raison en partie des faiblesses observées au Nigeria, en Afrique du Sud et en Angola. La région a été confrontée à un environnement extérieur plus difficile en 2018, caractérisée par le ralentissement du commerce mondial, le resserrement des conditions de financement et le raffermissement du dollar américain. La croissance au Nigeria a connu une augmentation de 1,9 %, tandis que la production pétrolière chutait et l'activité non pétrolière plombée par l'atonie de la demande de biens de consommation et les différends qui ont perturbé la campagne agricole.

En Angola, deuxième plus gros exportateur de pétrole de la région, l'économie s'est contractée de 1,8 %, du fait de la diminution de la production pétrolière. Sortie d'une récession technique au second semestre 2018, l'économie sud-africaine a progressé de 0,9 %, grâce en partie à l'amélioration de la situation dans le secteur agricole et dans l'industrie manufacturière. Cependant, elle continue d'afficher une croissance tenue, les difficultés de l'industrie extractive et l'atonie du secteur de la construction ayant été accentuées par l'incertitude des politiques et le manque de confiance des entreprises.

Les économies de la Communauté économique et monétaire de l'Afrique centrale (Cémac) ont tiré profit de l'augmentation de la production pétrolière et de la bonne tenue des prix du pétrole durant la majorité de l'année 2018. Soutenue par la production agricole, les services, la consommation des ménages et l'investissement public, l'activité économique dans les pays pauvres en ressources naturelles a été robuste.

Plusieurs pays de l'Union économique et monétaire ouest-africaine, notamment le Bénin, le Burkina Faso, la Côte d'Ivoire et le Sénégal, ont enregistré un taux de croissance de 6 % ou plus. Partout dans la région, il est devenu plus difficile de financer la balance des paiements dans un contexte marqué par le renchérissement des coûts des emprunts extérieurs et l'affaiblissement des flux de capitaux. Les monnaies de la région ont perdu de la valeur alors que le dollar américain s'appréciait et l'attrait des investisseurs pour les marchés émergents diminuait.

En ce qui concerne les perspectives, la croissance dans la région devrait se renforcer à 3,4 % en 2019, à la faveur de la diminution des incertitudes autour des politiques publiques et de l'accroissement des investissements dans les grandes économies, ainsi que de la poursuite d'une croissance robuste dans les pays pauvres en ressources naturelles. La croissance par habitant devrait rester largement inférieure à la moyenne à long terme dans de nombreux pays et contribuer dans une faible mesure à la réduction de la pauvreté.

La croissance au Nigeria devrait atteindre 2,2 % en 2019, dans l'hypothèse que la production pétrolière redémarre et qu'une lente amélioration de la demande privée freine le développement des industries non pétrolières. Tablant sur l'entrée en production de nouveaux champs pétrolifères qui devraient favoriser la reprise dans le secteur pétrolier, et sur la poursuite des réformes qui stimulent la conjoncture économique, les prévisions pour l'Angola font état d'un taux de croissance de 2,9 % en 2019.

L'Afrique du Sud devrait voir sa croissance bondir légèrement à 1,3 %, dans un contexte marqué par les contraintes qui pèsent sur la demande intérieure et par la réduction des dépenses publiques. Poussée par l'augmentation de la production pétrolière et une hausse de la demande intérieure consécutive à l'assouplissement des mesures d'austérité budgétaire, l'activité économique devrait s'accélérer pour atteindre un taux de 3 % dans les pays de la Cémac. On devrait observer un léger rebond de la croissance chez les exportateurs de métaux, soutenu en partie par une plus forte activité minière.

Dans les pays pauvres en ressources naturelles, l'investissement public et une production agricole abondante devraient favoriser le maintien d'une activité robuste. La croissance devrait ralentir en Côte d'Ivoire, à 7,3 %, rebondir au Kenya à 5,8 % et s'envoler en Tanzanie à 6,8 %. Pour les risques, la balance des risques penche négativement sur les perspectives régionales.

Une croissance plus lente que prévue dans la zone euro et en Chine devrait avoir des répercussions négatives sur la région, qui se manifesteraient par une baisse de la demande d'exportations et une diminution des investissements. Les producteurs de métaux de la région seraient probablement durement touchés par l'escalade des tensions commerciales entre les États-Unis et la Chine. Une normalisation plus rapide que prévue de la politique monétaire des pays avancés pourrait se traduire par de fortes réductions des apports de capitaux, le renchérissement des coûts de financement et de brusques dépréciations des taux de change. La dépendance accrue à l'égard des emprunts en devises a augmenté les risques de refinancement et la vulnérabilité aux fluctuations des taux de change dans les pays débiteurs. Les risques intérieurs, en particulier, restent élevés.

L'incertitude politique et l'affaiblissement concomitant des réformes économiques pourraient continuer à peser sur les perspectives de nombreux pays. Là où se dérouleront des élections en 2019 (par exemple Malawi, Mozambique, Nigeria, Afrique du Sud), des considérations de politique intérieure pourraient remettre en cause les engagements nécessaires pour s'attaquer aux déficits budgétaires ou mettre en œuvre les réformes structurelles, particulièrement si le niveau de la dette publique est élevé et augmente.

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