Congo-Kinshasa: "Moi, diplomate de la RDC" - Clémentine Shakembo - Une histoire fabuleuse, un parcours élogieux...

A travers son ouvrage intitulé « Moi, diplomate de la RDC », Clémentine Shakembo, ambassadeur extraordinaire et plénipotentiaire de la RDC en Allemagne, partage son expérience en tant que déléguée et relate les faits marquants de sa carrière de diplomate, tant au niveau de l'administration centrale, précisément au Ministère des Affaires Etrangères à Kinshasa, que dans ses différents postes d'affectations à travers le monde. Ce livre constitue donc une œuvre autobiographique.

Né en janvier 1950 à Lusambo et deuxième d'une grande fratrie, Clémentine Shakembo est mariée à Fréderic Kamanga et avec qui ils ont donné naissance à six enfants. Elle a connu une enfance plutôt heureuse, véritablement à l'abri du besoin. A cinq ans, elle sera inscrite à l'école Sainte-Marie Javoué, une école française accessible aux gosses d'indigences. Pendant quatre ans, soit de 1956 à 1960, elle y est internée.

A la proclamation de l'indépendance en 1960, les écoles sont désormais ouvertes à tous les gosses, ceux des colons comme ceux des plus pauvres. Par conséquent, elle quitte son internat et est inscrite au Lycée Sacré-Cœur à Kimwenza, à Léopoldville où elle passe huit années. C'est ce retour à Léopoldville qui lui donne l'opportunité de rencontrer Patrice Emery Lumumba.

Déclic

Au lendemain de l'indépendance, son père sera recruté au Ministère des Affaires Etrangères et affecté quelque temps après à l'étranger où il connu trois affectations : Abidjan, en Côte d'Ivoire, Rabat au Maroc et a New-Delhi en Inde.

« Dans toutes ces affectations, il nous emmenait tous, nous ses enfants. On peut ainsi dire qu'il m'a fait découvrir avant que je ne le fasse toute seule, la vie dans les chancelleries. Il m'a fait découvrir la vie a l'étranger dans le corps diplomatique », confie-t-elle.

Apres avoir passé son bac, elle sera inscrite à l'université à Abidjan, de 1968 à 1969, en sciences humaines, précisément en Psychologie. A l'époque, la Côte d'Ivoire accueillait de très nombreux africains en difficultés avec les gouvernements de leurs pays respectifs, en plus des étudiants de toute l'Afrique de l'Ouest pratiquement.

En 1971, elle quitte finalement l'université d'Abidjan pour l'Université de Dakar au Sénégal. Elle y a passé deux années marquées malheureusement par la célèbre grève. Elle retrouve la même situation qu'en Cote d'Ivoire. Avec la grève qui sévit, elle sera contrainte de s'inscrire ailleurs et opte pour la France en conséquence. « A la rentrée université 1973-1974, j'obtiens une inscription à l'université de Paris VIII, plus connue sous le nom de Paris-Vincennes. J'y passe ma maitrise de Psychologie en 1975. », Affirme Clémentine Shakembo.

N'ayant donc plus de raison de séjourner en France, elle décide de retourner en RDC. C'est ainsi qu'elle quitta Paris pour Kinshasa, riche de ses années passées a l'étranger quant a la formation intellectuelle.

Le difficile qu'est la vie...

Son père l'a, d'une manière ou d'une autre, influencé quant à sa carrière professionnel. De retour dans la capitale congolaise, Clémentine Shakembo se lance directement dans la recherche de l'emploi. Son désir est de faire carrière au sein de l'université nationale du Zaïre entant qu'enseignante de psychologie. Elle dépose pour cela un dossier au rectorat. Malheureusement pour elle, de tout les trois campus, c'est Kisangani qui est désigné pour accueillir la Psychologie, son domaine de prédilection. Par conséquent, elle doit y vivre. L'idée ne l'enchante guère et elle renonce d'y aller car, selon elle, la ville est trop éloignée de Kinshasa et elle y sera encore plus dépaysée.

En 1976, un concours pour le recrutement des diplômés de l'enseignement supérieur au Ministère des Affaires Etrangères est lancé et encouragé par son père. Clémentine Shakembo s'y lance.

Au moment des résultats, son nom figure parmi les cents premiers candidats et donc, elle est retenue. Pour commencer, elle sera affectée à la division des Relations Multilatérales comme chef de division. Elle est chargée de la gestion de l'UNESCO, de l'UNITAR, du PNUD et du PNUE.

Son travail lui procure une entière satisfaction étant donné que ces organisations couvrent la planète entière et cela lui donne une vision globale du monde.

Quelques mois plus tard, en 1978, elle bénéficie de son tout premier stage en relations internationales en Union Soviétique, à la fin duquel elle est face à un dilemme. Soit de demeurer en Union soviétique afin de passer le doctorat et des bourses d'études leur ont été offert. Ce qui constitue pour elle une trahison à sa patrie qui avait pris soin de l'envoyer en stage afin de revenir la servir. Soit de rentrer en RDC où elle occupait déjà des fonctions intéressantes dans l'administration. Face à cela, elle choisit de retourner à Kinshasa car l'idée de repartir sur les bancs d'une faculté ne l'enchanta guère.

Bon gré, mal gré

En 1980, de retour à Kinshasa, alors qu'elle ne s'y attendait pas, elle est affectée à Washington.une nouvelle qui la réjouit encore plus. Et c'est au mois de Mai 1980 qu'elle regagne son poste d'affectation en Amérique, dans sa qualité de premier secrétaire d'Ambassade. Elle découvre à Washington une autre manière de faire la diplomatie.

Quatre ans après, au mois de décembre 1984, elle est rappelée par son Ministère à Kinshasa. « Pour ma part, je suis ravie de retrouver Kinshasa et le ministère, à la différence de nombre de mes collègues qui considèrent habituellement le rappel au pays comme sanction », affirme telle.

Son parcours glorieux est marqué par différents postes diplomatiques à l'étranger où elle a eu à servir également.

En 1988, elle est affectée à Lisbonne comme conseiller à l'ambassade. Cette période a coïncidé avec de profonds changements politiques à Kinshasa et elle s'est retrouvée chef de mission ad-intérim. Bien qu'un statut frustrant, Clémentine Shakembo crois dans son fort intérieur n'avoir pas failli a sa mission, celle de servir son pays.

Au mois de décembre 2000, elle est de nouveau de retour à Kinshasa, pile au moment de l'assassinat du président de la RDC, Mzee Laurent-désiré Kabila. Après un entretien avec le Secrétaire général du Ministère des Affaires Etrangères de l'époque, Me Mukeya, elle est affectée comme chef de division. Mais cela ne lui plait pas car les conditions de travail trouvées sur place ont considérablement dégradées depuis son dernier séjour au lieu. Elle y reste, tout de même, en attendant mieux.

Au mois de juin 2001, le Ministre She Okitundu forme son cabinet et elle y intègre. Elle devient tout d'abord chargée de mission, puis directeur chef de service du département Americain, Asie et Océanie. Au mois de mars 2003, elle est promue au titre d'ambassadeur de la RDC ;

A l'issue des élections présidentielles et législatives de 2006, un nouveau gouvernement est formé et Clémentine Shakembo, après avoir introduit une demande au Ministre, est désignée comme conseiller diplomatique du Ministère des Affaires Etrangères.

En 2009, elle est nommée ambassadeur en Allemagne et est donc appelé a présenté des lettres de créances et à signer le livre d'or.une première étape importante franchie. C'est ainsi que commence une bataille pour une chancellerie digne de ce nom a Berlin. Il faut doter la mission diplomatique d'une chancellerie à la dimension du grand pays qu'est la RDC. Malheureusement, les démarchés prennent du temps. Finalement, après plusieurs difficultés, le 10 avril 2010, Clémentine Shakembo signe une promesse de paiement des 20.000 euros à la date convenue et les clés lui ont été remises. Alexis Ntambwe Mwamba vint inaugurer en grande pompe la nouvelle chancellerie en juin de cette même année.

Actions menées

Clémentine Shakembo a initié et organisé au niveau de Berlin la visite de plusieurs ministres allemands en RDC. Elle s'est donnée pour mission de faire connaitre en Allemagne la culture de la RDC. Ainsi, en partenariat avec le Goethe institut, elle a fait venir en Allemagne des artistes congolais, à la faveur d'un programme baptisé « Kinshasa connexion ». Elle a également obtenu la projection des films-documentaires congolais à la Berlinale en 2010, sans oublier un défilé de mode avec des stylistes congolais et allemands à la Haus der Kulturen der Welt.

« Le rôle d'un ambassadeur est de promouvoir son pays dans tous les sens et sur tous les plans. Il n'est pas la uniquement pour promouvoir les relations politiques et les échanges commerciaux, mais aussi les échanges culturels. J'ai encore en projet, d'autres manifestations culturelles en Allemagne pour contribuer a mieux faire connaitre la culture de la RDC dans ce pays où je la représente», conclut-elle.

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