Cameroun: Janvier - Le mois de tous les calculs

Après les fêtes de fin d'année, les populations ont du mal à joindre les deux bouts. Entre cigales et fourmis, les choix de chacun déterminent la suite du mois.

Après les fêtes de Noël 2018 et de Nouvel an 2019, voici venu le mois de janvier, généralement réputé être « le plus long » de l'année. Et pour cause, comme une gueule de bois au lendemain d'une soirée bien arrosée, le mois de janvier avec ses exigences et ses réalités, se rappelle au bon souvenir de celles et ceux qui ont dépensé sans compter. Entre dépenses incompressibles (scolarité, transport,assurance véhicule, maladies, ration... ), difficile de faire face.

Georges Eloundou est un parent prévoyant, mais le mois de janvier reste pour lui un mois difficile.« J'ai assuré l'essentiel pendant les fêtes de fin d'année pour ma famille, mais en ce mois de janvier, il y a la deuxième tranche de scolarité des enfants à payer, sans oublier leur transport. J'ai versé une partie des frais de scolarité et demandé un moratoire pour le reste. Quant à leur transport, le chauffeur me fait heureusement confiance compte tenu du vécu que nous avons ensemble, mais il faut le reconnaître, le mois de janvier est tendu côté financier».Ebodé Vincent lui a garé son véhicule, faute d'assurance. « Mon véhicule est sur cale depuis le début de l'année, parce que je ne peux pas m'acquitter des frais d'assurance, faute d'argent. Avant on négociait avec l'assureur, mais depuis qu'il faut payer et l'assurance et la vignette, c'est plus compliqué. J'espère d'ici la fin du mois être en règle. ». « Les enfants n'ont pas repris les classes parce que les frais de scolarité n'ont pas été payés, je vis très mal cette situation d'autant que mon épouse me met la pression parce que j'ai dépensé un maximum pendant les fêtes de fin d'année», reconnaît Enonguéné Henri.

Il avait déjà vécu le même « calvaire» l'an dernier, mais visiblement, comme beaucoup d'autres, il est retombé dans les mêmes travers. « Pendant les fêtes de fin d'année, je dépense généralement sans compter. Cette année encore, je commence ce mois de janvier avec d'énormes difficultés. J'ai de la peine à subvenir aux besoins de ma famille au quotidien. Pour m'en sortir, je fais recours aux usuriers et j'ai aussi le petit boutiquier du coin », déclare pince sans rire Mogo Arthur, habitant du quartier Carrière. Madame Onana elle, a de la peine à remplir son sac de marché. « Je trime pour faire manger les enfants. Heureusement que j'ai des « asso» qui m'aident à tenir en attendant des jours meilleurs ». Des exemples comme ceux-là, on en compte à la pelle. C'est dire s'il y aura toujours plus de cigales que de fourmis. Dommage que la leçon des secondes, qui pensent toujours à demain, ne serve pas aux premières, adeptes ferventes de l'instant présent. Au grand dam des résolutions pourtant prises chaque fin d'année. Dur dur donc pour le plus grand nombre, de voir le mois de janvier prendre fin.

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