16 Janvier 2019

Burkina Faso: Procés du putsch manqué - Quand les avocats du Général quittent la salle d'audience

Photo: L'Observateur Paalga
général de brigade, Djibrill Bassolet

L'audience du 15 janvier 2019 au Tribunal militaire, a commencé par la suite de l'audition du général Djibrill Bassolé dans la matinée. Après plusieurs suspensions, la défense du général quitte la salle, obligeant le président du tribunal à suspendre l'audition du général. L'après-midi à l'audience, des demandes de mise en liberté provisoire de certains accusés ont été examinées.

L'on croyait venu le dernier tour de parole pour les conseils de l'accusé Djibrill Bassolé, lorsque l'avocat sénégalais Me Yéri Thiam, un des conseils du général Bassolé, prend la parole en cette matinée du 15 janvier devant le tribunal.

Pendant longtemps, l'avocat, comme s'il se résumait, revient sur les éléments d'accusations du général, les aspects jugés irréguliers dans la procédure, les faits jugés juridiquement infondés dans le dossier du Général, selon lui, le tout en vue de démonter ce que le parquet et les avocats de la partie civile ont soutenu comme charges contre son client.

Pendant près d'une heure, l'avocat conserve la parole et s'exprime avant de passer la parole à celui qui assure la police des débats au tribunal, le président en l'occurrence.

Lorsque celui-ci donne la parole au parquet pour ses réactions à l'intervention de Me Yéri Thiam, Me Antoinette Ouédraogo, un des conseils du général, demande la parole et exprime sa désapprobation du fait qu'un autre tour de parole soit donné à la partie poursuivante, le parquet en fait. Pour elle, la défense de l'accusé a la parole pour le dernier tour et elle ne comprend pas pourquoi encore ouvrir un autre tour de parole au profit du parquet.

Elle n'entend pas les choses ainsi et finit par se retirer de la salle d'audience. Me Mireille Barry, autre conseil du général, vient à son secours et fait observer au tribunal que les avocats de la défense du général ont fait l'effort d'être là pour le dernier tour de parole, quoi que certains aient des soucis de santé. Elle aussi désapprouve le choix du tribunal de donner encore la parole au parquet.

Le général demande une suspension pour s'entretenir avec ses conseils, ce que le président lui accorde. Pendant la suspension, les conseils de l'accusé claquent la porte de la salle d'audience. A la reprise, le président constate l'absence des avocats du général Bassolé et suspend son audition peu avant midi. Il suspend du même coup l'audience qui reprend dans l'après-midi à 14h.

A la reprise, c'est une série de demandes de mise en liberté provisoire que le tribunal examine. Minata Guelwaré, le soldat Hamadou Ly et Yacouba Kinda sont les accusés dont les avocats expliquent tour à tour le bien-fondé de la mise en liberté, dans la forme et le fond. Mais, chaque fois, le parquet formule des réquisitions récusant aux prévenus la mise en liberté provisoire, du fait que la procédure dans le procès est avancée.

L'avocat de Hamadou Ly, Me Idrissa Badini, estime que le parquet, en requérant le rejet des demandes de mise en liberté des accusés, démontre que « le principe, c'est la détention et la liberté l'exception ».

L'accusé Yacouba Kinda passe pour la première fois devant le tribunal, depuis novembre 2018 qu'il est renvoyé devant la juridiction de jugement. Son dossier pourrait faire l'objet d'une ordonnance de disjonction de procédures par le juge.

Ce que son conseil, Me Olivier Somé, trouve inopportun et attentatoire au droit de l'accusé à la défense. Le sergent Lamoussa Badoum, appelé à la barre, se voit notifier le déport de son conseil, Me Stéphane Ouédraogo.

Il se dit inquiet et demande au juge qu'un avocat soit commis d'office à sa défense. Son dossier pourrait aussi faire l'objet d'une ordonnance de disjonction de procédures, pour une bonne administration de la justice. A propos de la disjonction de procédures, le tribunal a requis les avis des avocats partie au procès, en plus des réquisitions du parquet. On sera situé au cours des audiences à suivre.

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