Tunisie: Le mariage est consommé...

16 Janvier 2019

Dans ce registre, la CPG est déjà pointée du doigt surtout en l'absence d'efforts et des intentions -- aussi minimes soient-ils -- pour soigner ses procédés d'extraction et de transport. Avec des sites d'extraction à ciel ouvert dont la plupart jouxtent les zones communales, ce grand trust commence à déranger...

Perturbation répétée de la distribution d'eau en été

En effet, c'est au niveau de ressources hydriques que le bât blesse avec ce tarissement qui a porté un mauvais coup à une renaissance agricole qui aurait pu changer le cadre de vie dans ces contrées. 76% de ressources hydriques sont exploitées dans le secteur industriel avec la part du lion pour la compagnie minière qui s'en sert quotidiennement pour son activité à Redeyef et Moularès. Tabedit, une zone du côté de Redeyef, destinée à devenir l'eldorado avec son mégaprojet agricole, s'est trouvée contrainte de laisser tomber ce rêve pieu à cause de cette exploitation irrationnelle de l'eau.

Il y a aussi la région d'El Berka du côté de Moularès qui a perdu sa spécificité agricole alors qu'elle compte six puits entièrement exploités par la CPG et ses laveries. On ne peut passer sous silence le calvaire subi par les habitants du gouvernorat de Gafsa en pleine canicule avec ces interruptions répétées de l'eau potable. Il y a lieu de rappeler l'apparition « intrigante » du lac de Moularès dont l'écho a retenti même en dehors de nos frontières et face à laquelle les responsables de la CPG ont fait la fine bouche rejetant toute responsabilité alors que sans aucune présomption, le lac refait surface à chaque interruption de l'activité des laveries.

Les plantations polluées par les eaux usées

Il y a aussi le déversement des eaux usées dans la nature, ce qui a eu une incidence destructive sur l'équilibre écologique des surfaces à plantations qui ont observé un rétrécissement de 1/3 selon le rapport de l'association du bassin minier pour le développement et l'investissement et dans lequel on relève que la production de 8 millions de tonnes de phosphates est responsable du déversement de 11 millions de m3 d'eaux usées dans la nature. Dans ce contexte, l'on ne peut omettre de signaler la dégradation du site touristique des gorges de Shelja qui s'est noirci à cause du ruissellement des eaux polluées.

Le mariage entre la CPG et son environnement semble consommé. Aujourd'hui, le transport du phosphate par les semi-remorques qui sillonnent les artères d'une ville asphyxiée par un trafic routier étouffant à cause d'une urbanisation anarchique vers les usines du GCT à Mdhilla, Gabès et Sfax est qualifié d'imminent danger qui trouble le quotidien des citadins largués par les élus de leur ville et les activistes de la société civile taxés de mutisme. Nous y reviendrons...

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