17 Janvier 2019

Tunisie: Les partisans du moindre effort

Abnégation et don de soi au travail : deux valeurs pratiquement inexistantes dans les entreprises publiques

Le manque de productivité du Tunisien constitue l'une des tares qui rongent le pays et un frein à son développement économique.

Une étude a été publiée dans ce sens, il y a quelques années, par l'Institut national de la statistique pour démontrer le faible et fâcheux rendement du travailleur ou du fonctionnaire tunisien qui ne travaillerait effectivement à plein régime que l'espace de quelques minutes à cause en partie d'effectifs surchargés dans les entreprises.

Les recrutements massifs et sans stratégie sous l'ère de la Troïka sont responsables en grande partie du délitement dans les administrations.

D'après les chiffres, les fonctionnaires ne travailleraient que huit minutes par jour, un fait choquant qui a heurté l'opinion publique car elle masque de nombreux errements dans le paysage professionnel tunisien.

Il y a des soupçons autour des milliers d'emplois fictifs qui ont été révélés ces derniers mois avec des postes fantômes et payés pour un travail non accompli.

Il y a les grèves à répétition qui enrayent la machine économique et grippent la croissance économique. L'enlisement de certaines administrations tunisiennes s'est aggravé de façon concomitante avec la corruption.

Améliorer la productivité et le rendement au travail dans les administrations et les entreprises publiques figure parmi les priorités du gouvernement, à l'heure des restructurations administratives et de compression du personnel dans certains établissements.

La culture du don de soi au travail doit, désormais, devenir la règle. Chacun doit puiser dans ses propres ressources sans exploiter celles d'autrui.

Compter sur soi-même

Une responsable administrative dans un organisme public avait l'habitude de décrier le manque d'investissement et de production au travail de ses subordonnés : «Le salarié tunisien se rend à son travail pour pointer sa journée avant de quitter l'établissement en fin de journée parfois avant l'heure de sortie».

Les pauses-cafés à tour de bras qu'ils prennent de façon délibérée et les interruptions de service pour de nombreuses raisons causent parfois du tort à l'avancement des dossiers et au bouclage du travail dans les délais prévus.

Le système de rémunération classique a montré ses limites puisque le salarié se contente strictement de la journée de huit heures sans faire d'heures supplémentaires. Le rendement à la tâche est bien plus constructif assurément quel que soit le milieu de travail auquel appartient le salarié.

Les employés qui n'assument aucune responsabilité dans leur travail quotidien tirent les marrons du feu. Faut-il revoir le management et la rémunération du travail ?

Dans les couloirs des entreprises privées, une seule règle prime : «Make and take!». C'est-à-dire produis et obtiens en quelque sorte. Une chose qui n'est pas toujours vérifiable.

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