Sénégal: Octroi de terres au groupe Decameron à Guereo - Les populations et des propriétaires de terrains crient à une spoliation

17 Janvier 2019

Les populations de Guéréo, un village (sur la Petite-Côte) situé dans la commune Diass, ainsi que des propriétaires de terrains sont dans tous leurs états. Pour cause, le président de la République, Macky Sall et le Premier ministre, Mahammed Boun Abdallah Dionne ont signé un décret les expropriant de 52 hectares de leurs terres, au profit du Groupe Decameron (propriétaire de l'hôtel Baobab).

Face à la presse hier, mercredi 16 janvier, le collectif qui les réunit a fortement dénoncé cette spoliation foncière. «Nous avons tous obtenu ces terrains avec des papiers, puisque nous avons enregistré les terrains au niveau des Impôts et Domaines et au niveau du Cadastre.

Pour les paysans, ce sont des terres qui appartiennent à leurs ancêtres et qu'ils sont en train de cultiver depuis des années», a fait savoir leur porte-parole, Rama Guèye.

Pis, ajoute-t-elle, l'Etat du Sénégal invoque «une utilité publique», alors que le Groupe Decameron est une entreprise privée.

«L'Etat du Sénégal ne peut pas nous exproprier de nos terres en invoquant l'utilité publique parce qu'il n'est pas en train de construire des équipements pour un Train expression régional, encore moins pour un port.

Il va juste donner les terres à l'hôtel de Decameron. Donc, nous refusons cette expropriation», martèle Rama Guèye.

Et de poursuivre: «nous sommes aussi en train de nous poser des questions à savoir quelle est la contrepartie ? Qu'estce que l'Etat du Sénégal gagne ? Qu'est ce que l'hôtel leur a donné en contrepartie pour nous exproprier ? Et donc, nous ne nous laisserons pas faire».

A en croire les impactés, l'Etat du Sénégal a pris la décision sans pour autant informer les populations et les propriétaires des terrains. Toutefois, ils interpellent le président de la République.

«Nous doutons que Macky Sall puisse être complice de cette forfaiture parce que, récemment, il a dit de ne plus toucher aux champs et aux terrains des paysans.

Nous soupçonnons fortement certains agents de l'Etat qui utilisent les différents outils de l'Etat pour un enrichissement personnel», déplorent-ils.

Et, pour se faire restituer leurs terres, les impactés ont décidé de commettre un pool d'avocats et d'attaquer le décret au niveau des tribunaux.

En attendant, le Collectif qui regroupe une cinquantaine de membres va organiser une manifestation, dimanche prochain à Guéréo, pour encore élever la voix.

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Plus de: Sud Quotidien

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