17 Janvier 2019

Afrique Australe: La SADC et les 3 voleurs de suffrages

Photo: Radio Okapi/Ph. John Bompengo
Félix Tshisekedi au siège de son parti UDPS

Plus d'une semaine après la proclamation des résultats de l'élection présidentielle en RDC, alors que le verdict de la Cour constitutionnelle se fait toujours attendre sur les multiples recours dont elle est saisie, la Communauté économique de l'Afrique australe (SADC) et les pays de la région des Grands Lacs s'investissent afin d'éviter que la crise postélectorale dégénère en déflagration générale.

De fait, il y a des raisons de s'inquiéter que, si la Cour constitutionnelle venait à confirmer la victoire de Félix Tshisekedi, la contestation des partisans de Martin Fayulu ne dérive en graves violences dans plusieurs villes et régions du pays

. Ainsi, l'on note déjà ici et là des menaces de mort proférées contre les partisans de Félix Tshisekedi. Les appels au calme de la communauté internationale et la répression des forces de l'ordre risquent d'être insuffisants pour contenir la colère et la frustration des partisans de la coalition Lamuka, dont tout tend à dire qu'elle est la véritable gagnante du triple scrutin du 30 décembre.

En effet, si l'on fait foi aux résultats collectés par les observateurs de la Conférence épiscopale nationale du Congo (CENCO) et aux données des documents qui ont fuité de la Commission électorale nationale indépendante (CENI), il n'y a plus de doute qu'une vaste escroquerie électorale a été orchestrée sur le dos des Congolais avec les résultats proclamés par la CENI. Le système Kabila, en intelligence avec la galaxie Tshisekedi, a cornaqué Corneille Nangaa, le président de la CENI, dans un gangstérisme électoral dont seules les républiques bananières ont le secret.

Dans un hold-up savamment planifié, ces disciples de Machiavel ont fait mentir les urnes et mis la SADC et les pays des Grands Lacs dans une situation diplomatiquement embarrassante : faut-il avaliser les résultats de cette présidentielle ou, au contraire, en recompter les suffrages exprimés comme le demande avec véhémence le candidat Fayulu ?

Faut-il annuler tous les scrutins au vu des graves irrégularités qui les ont affectés et organiser un partage du pouvoir entre les trois plus grandes coalitions de partis en RDC ? Ce sont autant de questions qui agitent le landerneau diplomatique de la SADC et des pays des Grands Lacs, sous l'arbitrage du président de l'Union africaine, le Rwandais Paul Kagame.

La montagne de cette rencontre d'Addis Abbeba pourrait accoucher d'une souris : celle des mésententes entre ces chefs d'Etat de la région à propos de la situation politique en RDC. C'est connu, l'Afrique du Sud montre une bienveillance qui frise le soutien aux autorités de Kinshasa et aux résultats de l'élection présidentielle proclamés par la CENI.

Et Pretoria pousse la SADC à aller dans son sens sous le prétexte de respecter la souveraineté de la RDC. Au contraire, les pays des Grands Lacs ont épousé la position de Martin Fayulu et exigent le recomptage des voix. Mais comment faire rendre gorge aux voleurs de suffrages qui ont dépouillé Martin Fayulu de sa victoire ?

Toute la question est là. Et si le système Kabila, la clique à Corneille Nangaa et leur épouvantail d'allié, Félix Tshisekedi, se sont montrés ingénieux dans la triche électorale, il faudrait une dextérité d'orfèvre à la diplomatie de l'Union africaine pour parvenir à un consensus des chefs d'Etat de la SADC et des pays des Grands Lacs sur ce casse-tête congolais.

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