Burkina Faso: Drame de Yirgou - « La barbarie a atteint son paroxysme », selon l'Upr

18 Janvier 2019
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Dans la déclaration ci-dessous, l'Union pour la République (UPR) condamne ce qui est arrivé à Yirgou. Pour le parti, « la barbarie a atteint son paroxysme » et il faut que les uns et les autres se comportent en patriotes. Lisez !

Sommes-nous devenus fatalistes ? Nous osons espérer que non, car, depuis un certain temps l'heure est grave au Burkina Faso, pays qui nous appartient tous quel que soit notre bord politique, région, ethnie ou religion.

Si nous nous sommes abstenus jusqu'à présent d'émettre une opinion singulière, il n'en demeure pas moins que notre préoccupation, voire notre inquiétude est à l'instar de tout Burkinabè conscient et réaliste.

La barbarie "exportée" sur notre territoire qui endeuille régulièrement nos familles par des morts tant dans les rangs des FDS que des civils, commande que nous ajoutons notre message à ceux qui nous ont précédé. La barbarie a atteint son paroxysme à Yirgou.

Après les attaques des « individus armés non identifiés » terme consacré aux terroristes dans notre pays, ce sont des Burkinabè qui ont massacré d'autres Burkinabè. Cette fois les acteurs sont bien identifiés. Nous disons bien acteurs et non auteurs parce qu'il s'agit d'un groupe qui a massacré un autre après une attaque terroriste.

N'étant pas adeptes du "tout va bien" ou "tout va mal" il est impératif de faire un constat et de proposer ce que nous pensons être l'attitude commune à observer chacun à son niveau si nous voulons vaincre ces barbares qui, non seulement, ciblent nos FDS et les populations civiles, mais à présent ont réussi à faire éclater au grand jour la suspicion sournoise qui gagne progressivement notre société.

Ainsi, après la suspicion entre politiques, celle-ci s'étend à d'autres entités dont les populations qui vivaient jadis paisiblement ensemble.

Un adage dit que « si l'on parle de maux d'yeux c'est parce qu'il y a une tête » ; nous vous épargnons la fin mais chacun peut comprendre dans quel cas on ne parlerait plus de maux d'yeux. Ceci pour dire que jusqu'à présent nous étions attaqués sur la terre de nos ancêtres pour laquelle des FDS et des civils ont perdu la vie.

Que défendons-nous en massacrant d'autres Burkinabè ?

Au lieu de défendre ce que nous avons en commun, notre pays, nous sommes tombés dans le piège qui est tendu depuis le début de cette barbarie, à savoir nous monter les uns contre les autres en généralisant la suspicion puis nous conduire à l'irréparable avec son corollaire de réfugiés dans notre propre pays.

C'est le socle même de notre existence qui est ainsi touché dont l'adage ci-dessus. Faut-il être résignés et attendre que l'on nous impose le mode de fonctionnement de notre société ?

Bien sûr que non. Certes, nos FDS font leur part de ce refus ferme de céder à "l'envahisseur", payent un lourd tribut, pour ce faire, mais nous se saurions être que des chantres de leur bravoure.

L'heure est venue de revoir notre participation à la « libération totale » du Burkina Faso de ses personnes sans foi ni loi.A notre avis, l'union sacrée autour du chef de l'Etat et des institutions de la République, nous permettrons de vaincre le terrorisme.

Pour ce faire, le chef de l'Etat en tant que garant de l'unité nationale devrait prendre des mesures très fortes. Au-delà de celles déjà prises il devrait intégrer le fait « qu'à situation exceptionnelle, mesures exceptionnelles »

L'unité nationale, pour être effective et efficace, doit partir du sommet vers la base, l'inverse étant utopique.

Le chef de l'Etat démocratiquement élu par les Burkinabè peut décider de s'entourer de toutes les compétences de bonne foi afin d'impliquer ouvertement les composantes de notre pays à l'ouvrage pour franchir cette étape cruciale pour la cohésion nationale.Il ne devrait plus y avoir un camp chargé de mener la lutte contre le péril et un autre chargé de juger l'action du premier.

Tous ainsi réunis le pays serait plus fort car, les tensions et divergences s'amenuiseraient le temps de cette lutte commune pour que le moment venu, chacun regagne son entité d'origine dans un pays uni et apaisé.

Pour nous, 2020 c'est maintenant!Si nous aspirons à des campagnes électorales dans la sérénité en 2020, il faut dès à présent circonscrire le mal, l'éradiquer ensuite, pour être sûr qu'en 2020 l'ensemble du territoire sera accessible sans risques majeurs.

Tous les acteurs politiques et sociaux ont intérêt à ce qu'il en soit ainsi et ont obligation de sincérité et de loyauté envers la Nation si cette union sacrée venait à voir le jour.Pour nous, il n'y a que 1/3 de la solution qui est militaire, les 2/3 restant sont politique et sociale.

Un sage d'Afrique ne disait-il pas que « la paix ce n'est pas un mot, c'est un comportement » ? Nous devons tous nous comporter en patriotes sincères pour aspirer à une paix durable dans notre pays.

Vive la République!

Liberté - Solidarité - Justice

Pour le BEN, le président

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