18 Janvier 2019

Burkina Faso: Pas de Yennenga cette année au pays

Au mois de décembre dernier, lors du vote du budget de son département, le ministre de la Culture, Abdou Latif Coulibaly, expliquait, à l'Assemblée nationale, que le FOPICA avait tout simplement été «ponctionné de 750 millions» de francs CFA, reversés à la RTS pour les besoins de la retransmission de la Coupe du Monde en Russie. Le secrétaire permanent du FOPICA, Abdou Aziz Cissé, explique d'ailleurs que «Sur 2018, le FOPICA a reçu moins de 1% des 2 milliards prévus.»

Pas de Yennenga pour le Sénégal cette année... La 26ème édition du FESPACO, le très attendu cinquantenaire, commence dans un peu plus d'un mois, du 23 février au 2 mars pour être précis, mais disons que le suspense est mort : pas de long métrage fiction... pas de compétition officielle.

Entre les reproches faits aux réalisateurs, dont les films ne sont pas «prêts», et les coups que reçoit le FOPICA, dont on lorgne les deux milliards de francs CFA... Allez donc comprendre !

Petit rappel tout de même... Décembre dernier, l'Assemblée nationale vote le budget du ministre de la Culture. Tout va bien...

Mais quand le ministre lui-même, Abdou Latif Coulibaly, explique que l'on a tout simplement pris des sous, et pas qu'un peu (750 millions de francs CFA) au FOPICA, pour les reverser à la RTS, ça va tout de suite moins bien... Motif invoqué : il fallait payer les droits de retransmission de la Coupe du monde en Russie.

D'après ce qu'en dit le secrétaire permanent du FOPICA, Abdoul Aziz Cissé, qui vient de s'en ouvrir à nos confrères de l'Agence de presse sénégalaise (APS), c'est assez fréquent : «Il y a constamment des ponctions du fonds de la part du ministère des Finances». «Sur 2018, à titre d'exemple, le FOPICA a reçu moins de 1% des 2 milliards prévus.

C'est un élément sur lequel nous sommes en train de travailler avec le ministère des Finances pour les sensibiliser afin qu'ils comprennent que le FOPICA est un fonds assez stratégique par rapport à l'Etat du Sénégal et par rapport à ses politiques. »

S'il faut expliquer tout cela au ministère des Finances, c'est que nous ne sommes pas encore sortis de l'auberge...

Sans oublier que, côté réalisateurs, on se plaint... Forcément... Au téléphone il y a deux jours, Fatou Touré (La Promesse) expliquait : «J'ai déposé un projet de court métrage depuis 2017 je pense, je ne veux pas me tromper sur les dates, mais je pense bien que c'est entre 2017 et 2018.

Donc normalement, les résultats du FOPICA devaient être publiés depuis longtemps, mais voilà, rien n'est fait.

Après, ça bloque tout le monde, parce que moi j'ai fait l'expérience de tourner avec mes moyens propres, mais je veux accéder à une meilleure qualité. Je veux une vraie production, et c'est pour ça que j'avais déposé mon projet au FOPICA, pour voir si ça passe ou pas.»

Idem pour Mansour Sora Wade qui exprimait, mais dans les colonnes du journal Le Quotidien, la même incompréhension, sinon l'impossible attente.

Explications du secrétaire permanent du FOPICA, Abdoul Aziz Cissé : «Le dernier appel à candidatures n'a pas été dépouillé parce qu'il faut de l'argent pour pouvoir sortir les résultats. »

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