Cote d'Ivoire: L'ambiance À Abobo Après L'acquittement De Gbagbo Et Blé Goudé

16 Janvier 2019

À l'annonce de l'acquittement de Laurent Gbagbo et Charles Blé Goudé, la fièvre est montée d'un cran dans certains quartiers d'Abidjan. Mais la commune d'Abobo, sévèrement touchée lors des violences, est restée calme.

Ce soir du mardi 15 janvier, chacun vaque à ses occupations dans la commune d'Abobo qui a connu des atrocités pendant la crise postélectorale de 2010-2011. Abobo rime avec le commando invisible, le bombardement du grand marché et le viol de plusieurs femmes.

Pour Ibrahim Cissé, un ex-combattant aujourd'hui converti à la mécanique, il faut tourner la page.

"Ça me va droit au cœur. Parce que dans toutes choses, lorsqu'il y a des différends, on peut avoir la réconciliation. On souhaite que le pays aille de l'avant. On ne peut pas souhaiter que quelqu'un reste en prison éternellement. Oublions ce qui s'est passé. On ne peut pas rester sur ça seulement", nous dit le mécanicien.

Le pardon dans tous les cœurs

Un peu plus loin, Nestor Kablan est posté à l'entrée d'une cours commune. Il a vu ses deux enfants mourir sous ses yeux, égorgés. Huit ans après son deuil, il conçoit difficilement que seul un camp ait été poursuivi par la justice.

"Ils ont fait la guerre ensemble mais ils ont jugé une seule personne, un seul camp. Donc si on l'a libéré, c'est un Ivoirien il peut venir chez lui. Pas de problème. Moi, j'ai pardonné."

À quelques dizaines de mètres du grand rond-point d'Abobo, dans un maquis à ciel ouvert, quelques travailleurs prennent du bon temps. Mais ici, personne ne parle de politique. Car tous se souviennent encore de la triste histoire de la Côte d'Ivoire.

"La Côte d'Ivoire a besoin de toutes ses filles et fils pour se construire. Il est même malsain de voir certains de ses fils en dehors du pays."

"Je ne souhaite pas que certains voient cela comme une victoire sur un camp, mais que tous les Ivoiriens se disent qu'on a trop souffert. Il faut y mettre fin."

"Vraiment, nous les Abobolais, tout ce qu'on peut dire c'est que tout ce que Dieu fait est bon."

Annonce au JT de 20h

Sur la chaîne nationale, aucune déclaration officielle. Juste un reportage à Yopougon, fief de Laurent Gbagbo, et à Gagnoa, son village natal.

"Allons-y maintenant à Gagnoa et dans la commune de Yopougon, où c'est la liesse populaire suite à l'ordre de mise en liberté de Laurent Gbagbo et de Charles Blé Goudé. Partisans et sympathisants ont envahi les rues tout en espérant que la libération de l'ex-président aura un impact positif et donnera un grand coup d'accélérateur au processus de réconciliation nationale", a annoncé la présentatrice du journal télévisé.

À yopougon comme à Abobo ou ailleurs, les populations sont unanimes : "avec la libération de Laurent Gbagbo et de Charles Blé Goudé, c'est un grand coup d'accélérateur qui sera donné au processus de réconciliation en panne depuis le début".

Pour l'heure, il est quasiment difficile de donner la date du retour en Côte d'Ivoire des deux ex-détenus.

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