19 Janvier 2019

Zimbabwe: Répression dans le pays - Les réseaux sociaux toujours coupés

Photo: Privilege Musvanhiri/Deutsche Welle
La police a été déployée à Harare après que les manifestants aient bloqué un certain nombre de routes (photo d'archives).

Depuis vendredi, l'accès aux plateformes comme Facebook, WhatsApp ou Twitter est impossible. Le gouvernement zimbabwéen avait déjà coupé toute connexion à Internet, mardi, suite aux manifestations contre la vie chère. Depuis lors, l'accès a donc été rétabli partiellement.

« Nous avons reçu l'instruction ministérielle d'ouvrir l'accès à Internet, à l'exception de réseaux sociaux spécifiques », a communiqué vendredi Econet, principal opérateur téléphonique du Zimbabwe.

Cette disposition est rendue possible par le chapitre 11:20 de la loi sur l'interception des communications. Adopté en 2007, ce texte autorise l'Etat à saisir des conversations téléphoniques et des emails, dans le but de garantir la sécurité nationale. Votée à la veille des élections générales de 2008, cette loi avait alors suscité l'inquiétude des ONG et organisations de défense des droits de l'homme.

Le pasteur Mawarire maintenu en détention

« La suspension d'Internet et de l'accès aux réseaux sociaux est une violation de la Constitution qui garantit la liberté d'expression et d'accès à l'information », explique MISA, l'Institut des médias d'Afrique australe au Zimbabwe. Aux côtés de l'ONG Avocats pour les droits de l'homme, cette organisation a déposé une plainte à la Haute Cour du Zimbabwe. Une première audience se tiendra lundi après-midi.

En attendant, la justice reste ferme et a annoncé vendredi le maintien en détention du pasteur Evan Mawarire, accusé d'incitation à la violence via les réseaux sociaux. Quant au gouvernement, il planche actuellement sur une nouvelle loi sur la cybersécurité.

La diaspora en Afrique du Sud dénonce la posture de Cyril Ramaphosa

Devant le siège de l'ANC (Congrès national africain, le parti au pouvoir), le révérend Moyo et des dizaines de Zimbabwéens appellent le parti et d'autres acteurs à suivre la position de l'Union européenne et des Etats-Unis en condamnant les violences. « Nous demandons à la SADC et l'Union Africaine de venir, d'agir et de sauver le Zimbabwe. Sauver les gens qui se font tuer. Aujourd'hui on doit tous fuir dans les pays voisins pour échapper au régime », rappelle-t-il.

Pour Emmanuel Banda, l'ANC sud-africaine et la Zanu-PF, le parti au pouvoir au Zimbabwe, se sont souvent soutenues car sont deux alliés historiques de la période de libération. « Ramaphosa a la même attitude que les présidents précédents, Mbeki et Mothlante. Le seul qui nous a aidé c'est Jacob Zuma. Il n'a jamais officiellement supporté les actes criminels de Robert Mugabe », soutient-il.

Certains appellent à une intervention armée sud-africaine. Peu probable pour Hamu Patina. « Ce n'est pas possible pour les soldats sud-africains d'intervenir. Mais je crois en la puissance du dialogue. L'Afrique du Sud doit s'indigner pour que le régime zimbabwéen ait honte de ses actes », affirme-t-il.

La diaspora zimbabwéenne sera présente tout le week-end à Pretoria devant le palais présidentiel et l'ambassade de leur pays.

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