Afrique Centrale: Quelle mission pour la délégation de l'UA attendue lundi en RDC?

La République démocratique du Congo attend toujours l'arrêt de la Cour constitutionnelle sur les différents recours relatifs à la présidentielle contestée. Jeudi, l'Union africaine avait appelé à la suspension de la proclamation des résultats définitifs. Une délégation de chefs d'Etat doit venir lundi pour trouver une solution pacifique.

D'abord, il y a la composition de la délégation de l'Union africaine. Le président Paul Kagame, président en exercice de l'organisation, devrait en faire partie, même si l'annonce de sa visite fait grincer des dents à Kinshasa, vu le rôle joué par le Rwanda dans les deux guerres du Congo.

Pas de confirmation de la présence du Sud-Africain Cyril Ramaphosa. Lui qui s'était montré hostile à toute intervention avant la proclamation des résultats définitifs doit être à Davos mardi. « Il y a toujours des tensions entre le Rwanda et l'Afrique du Sud, notamment sur la manière dont Paul Kagame gère l'Union africaine », confie une source diplomatique africaine.

► Les dessous du communiqué sans précédent de l'Union africaine

En revanche, on évoque les noms du Congolais Denis Sassou-Nguesso, du Namibien Hage Geingob et du Zambien Edgar Lungu. « Les Congolais ont déjà rejeté l'idée d'une facilitation », déplore-t-on dans l'entourage d'un des chefs d'Etat présents à Addis-Abeba. « Pourtant, ajoute cette source, il y a pour tous les pays voisins un impératif sécuritaire, c'est ce qui a convaincu les autres chefs d'Etat, Joseph Kabila joue un jeu dangereux ».

Kinshasa scandalisé

Du côté de Kinshasa, on met en cause la légalité de la déclaration de l'UA et même du sommet dont elle découle. On fait le compte des années passées au pouvoir par les différents chefs d'Etat qui « osent faire la leçon à Joseph Kabila qui lui accepte la victoire d'un opposant ».

Mais vendredi aucun officiel congolais ne semblait en mesure de dire si la Cour constitutionnelle allait statuer avant ou après l'arrivée de la délégation de chefs d'Etat. La justice est indépendante, rappelait le porte-parole du gouvernement. Les juges de la Cour constitutionnelle ont jusqu'à lundi minuit pour rendre leur arrêt.

Se disant très « heureux » de la déclaration de l'UA qui montre selon lui qu'elle « a pris la mesure du sérieux de la situation », monseigneur Fridolin Ambongo, l'archevêque de Kinshasa, indique que la Cenco est « disposée à accueillir la délégation de chefs de l'Etat » pour leur expliquer la méthode utilisée pour l'observation qui remet en cause les résultats provisoires de la Céni concernant l'élection présidentielle. « C'est avec beaucoup de sérénité, ajoute-t-il, que nous les attendons et aussi avec espérance pour notre peuple. »

En attendant l'arrivée de la délégation de l'UA, Martin Fayulu, le candidat à la présidentielle qui revendique la victoire a appelant vendredi ses partisans au calme et à ne pas céder à la provocation.

Lamuka et moi-même nous vous assurons que nous sommes très ouverts et disposé à contribuer activement à la recherche dans la vérité des solutions à cette crise inutile. C'est pourquoi je vous demande de ne pas céder à la provocation, d'éviter tout ce qui peut nous diviser ou briser la cohésion nationale...

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