19 Janvier 2019

Congo-Brazzaville: Revendications sociales - Les employés d'Azur Congo réclament le rétablissement de leurs droits

Les employés de la société Equateur Télécom, qui opère au Congo sous la marque Azur Télécom, exigent, dans une déclaration officielle, le paiement de quatorze mois de salaires et voudraient qu'une lumière soit faite sur « la liquidation clandestine » de l'immeuble abritant le siège de la société à Brazzaville.

Ancienne filiale de la Holding Binladen, le groupe Azur Télécom, présent au Gabon, au Congo, en Centrafrique et en France en 2017, rencontre des difficultés financières depuis 2014. La société est dans le rouge comme le témoignent des chiffres de différents régulateurs où elle est implantée et serait en cessation de paiement.

Au Congo, pour tenter de lever le voile sur ce que les employés ont qualifié de « violations graves de droits », un protocole transactionnel employé-employeur, conclu le 7 avril 2018 et approuvé par l'administration du travail, engageait la société, dirigée par Jean Bruno Obambi, à verser deux mois d'arriérés de salaires au 31 mars de la même année et d'apurer sur douze mois à partir d'avril la totalité de la dette.

Rien, à ce jour, n'a été fait, rapporte le collectif des employés qui souligne que l'affaire a été portée devant les tribunaux compétents et le dossier suivrait son cours normal.

Cent cinquante-neuf agents et prestataires de la société attendent, de ce fait, un dénouement juste de l'affaire et dénoncent en même temps « la liquidation clandestine, via une transaction "compensation-achat" avec la CNSS, de l'immeuble abritant le siège de la société à Brazzaville, alors qu'une procédure judiciaire est en cours ».

De nombreuses indiscrétions situent actuellement la société en faillite. Mais, l'opérateur tenterait un plan de redressement d'emblée jugé de « farfelu » par le collectif des employés. Ce collectif appelle, d'ailleurs, l'Agence de régulation des postes et communications électronique (Arpce) à mettre fin à une campagne d'appels illimités gratuits entre les abonnés Azur; une « mascarade », selon lui, qui ferait croire que la société tourne encore.

Plusieurs rapports des régulateurs au Gabon, au Congo ou en Centrafrique informaient, en effet, que la société faisait du sur place. Alors que les parts de marché de ses concurrents évoluent d'année en année, tout comme la technologie mobile proposée, Azur Télécom est restée figée sur la 2G dans la majorité de ses marchés africains.

Sur un marché de plus de 5,05 millions d'abonnés sur les trois réseaux installés au Congo, Azur Télécom s'est contentée, au dernier trimestre de l'année 2017, d'environ cent soixante-trois mille abonnés seulement, selon « l'Observatoire des marchés de la téléphonie mobile » que publie l'Arpce.

Si les concurrents MTN et Airtel ont augmenté respectivement leur nombre d'abonnés de 5,3% et 14,9% entre le 4e trimestre 2016 et celui de 2017, Azur a vu ses clients décampés. Pendant cette période, la société a perdu 50,8% de ses clients, se satisfaisant ainsi d'une part de marché de 3,2% seulement contre 50,1% et 46,7% respectivement pour MTN et Airtel.

Ces contreperformances constatées depuis environ quatre ans ont fait stagner la société qui n'a pu atteindre sa marge de croissance. Les différents dispositifs pour tenter de doper financièrement la société ont quasiment échoué et le collectif des employés d'Azur Télécom justifie cette descente aux enfers par une gestion « scabreuse des finances de la société ».

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