19 Janvier 2019

Ile Maurice: Affaire MedPoint - Et si le MSM choisissait un nouveau... Premier ministre?

Nando Bodha multiplie ses sorties publiques depuis peu et il devrait avoir de nouvelles responsabilités au sein du gouvernement. Hasard ou gestes calculés ?

Le sujet semble être tabou au sein du Mouvement socialiste militant (MSM). Personne n'ose parler ouvertement d'un éventuel retrait de Pravind Jugnauth comme Premier ministre (PM) ou de son remplaçant si l'avis des Law Lords dans l'affaire MedPoint lui est défavorable. Mais d'ores et déjà, il fait l'objet de conversations privées entre membres du parti soleil.

Un membre du MSM affirme que la question a été évoquée une première fois, peu avant que Pravind Jugnauth ne remplace son père à la tête du gouvernement. Cependant, comme le parti n'a pas de leader adjoint, le nom de Nando Bodha, ministre des Infrastructures publiques et secrétaire général du MSM, avait été cité. Il avait aussi été question d'accorder cette responsabilité à Leela Devi Dookun-Luchoomun, mais ses chances sont minimes, avance notre interlocuteur.

D'ajouter que sir Anerood Jugnauth a confiance en Nando Bodha car ce dernier est à ses côtés depuis les années 80. D'ailleurs, quand le MSM avait décidé de ne plus soutenir Paul Bérenger en 2006 comme leader de l'opposition, rappelle-t-il, le bureau politique du parti soleil avait choisi Nando Bodha au détriment d'Ashock Jugnauth, le frère de sir Anerood Jugnauth, pour occuper le poste vacant.

C'est probablement l'une des raisons qui poussent le ministre des Infrastructures publiques à multiplier ses sorties publiques depuis quelque temps, souligne-t-on. Au sein du bureau politique du MSM, l'on affirme que Nando Bodha aura de nouvelles responsabilités aux côtés de sir Anerood Jugnauth si jamais Pravind Jugnauth se retirait.

Cependant, un des membres indique qu'il y a deux factions au sein même du parti soleil. «Il y a la jeune garde qui risque de ne pas le soutenir. Si jamais cela arrive, il y aura des frictions entre anciens et nouveaux.»

Par ailleurs, il est aussi probable que Pravind Jugnauth ne cède pas son poste de PM s'il a à effectuer des travaux communautaires.

Que sont devenus les magistrats Neerooa et Ramsoondar?

Ils avaient tous deux jugé le procès intenté à Pravind Jugnauth, dans l'affaire MedPoint en cour intermédiaire. Niroshni Ramsoondar agissait comme Acting Vice-President de ce tribunal (côté criminel) et Azam Neerooa était magistrat. Que sont-ils devenus ?

Niroshni Ramsoondar a été promue présidente de la cour intermédiaire en 2017. Elle est connue pour sa ponctualité et son fair-play dans les procès. «C'est une magistrate qui inspire beaucoup de respect aux membres du barreau. Elle est très appréciée», affirme un avocat, qui compte plusieurs années au barreau. Il ajoute : «She is among the top range of magistrates.»

Elle est connue pour ses principes. «Contrairement à certains magistrats, elle respecte l'heure à laquelle elle a fixé un procès. L'avocat de la défense ou de la poursuite n'a jamais eu à attendre sa présence en cour. Elle est très bien organisée et ses jugements sont objectivement motivés», dit-on au sein du judiciaire.

Elle compte plus de 15 ans d'expérience au sein de la magistrature. Niroshni Ramsoondar a prononcé plusieurs jugements, dont dans un cas de viol sur une Réunionnaise, où elle avait infligé une peine maximale de 15 ans au violeur. Elle préside également le procès intenté aux cinq policiers accusés d'avoir torturé Iqbal Toofany ou celui de Michel de Ravel de l'Argentière, entre autres.

Quant à l'ancien magistrat Mohammad Isme Azam Neerooa, il a été nommé Acting Assistant Director of Public Prosecutions (DPP) quelque temps après l'affaire MedPoint. Il est perçu comme un membre du barreau de haut calibre pour son travail approfondi et sa préparation méticuleuse lorsqu'il doit venir en cour. Même en tant qu'ancien magistrat, ce n'est qu'après une analyse approfondie qu'il délivrait les verdicts. «Il s'est toujours montré compréhensif en cour. Maintenant, en tant qu'avocat au sein du bureau du DPP, il fait de son mieux, pour faire un travail remarquable.»

Azam Neerooa avait été nommé Chairman du Valuation Tribunal par l'ancienne présidente de la République, Ameenah Gurib-Fakim, le 26 août 2016. Cela, après consultation avec la Judicial and Legal Service Commission, se basant sur l'article 109 de la Local Government Act 2011.

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